National | Des lettres

Lettre de la NFU aux commissaires de la CCG concernant la classe de blé de l'Est

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Patti Miller, Doug Chorney et Lonny McKague, commissaires
Commission des grains du Canada
600-303, rue Main
Winnipeg, Manitoba R3C 3G8

Chers Commissaires,

RE: Modernisation de la classe de blé de l'Est

L'Union Nationale des Fermiers participe au processus de consultation sur la modernisation de la classe de blé de l'Est. Nous avons de sérieuses préoccupations et croyons que son processus et ses résultats à ce jour sont contraires au mandat de la Commission canadienne des grains: établir, dans l’intérêt des producteurs de grains, établir et maintenir des normes de qualité pour le grain canadien et réglementer la manutention du grain au Canada. assurer un produit fiable pour les marchés intérieurs et d'exportation. Nous pensons que nous devons maintenant aborder ces préoccupations avec vous et nous vous prions instamment de prendre des mesures pour éviter de nuire à l'intégrité de notre système de contrôle de la qualité du blé.

Dans 2016, la CCG a proposé une nouvelle classe pour le blé de l’Est canadien qui n’aurait aucun paramètre de qualité, exigerait des données sur les maladies et l’agriculture et inclurait des variétés qui ne correspondent pas aux paramètres de toutes les autres classes de blé de l’Est du Canada. le UNF a soumis un mémoire à la consultation de la CCG sur cette proposition, tenue au printemps de 2017. Nos préoccupations correspondaient à celles de la majorité des intervenants, comme indiqué sur le site Web de la CCG (grainscanada.gc.ca/consultations/2017/stakeholder-en-17.htm):

La majorité des intervenants n'étaient pas en faveur de la création d'une classe de blé à des fins spéciales de l'Est canadien, comme proposé. Certains intervenants craignaient que les variétés approuvées pour la catégorie des denrées alimentaires à vocation spéciale du Canada-Est ne se retrouvent dans des expéditions de blé de mouture ou de fourrage et aient une incidence négative sur la qualité globale du blé et sur la marque Canada.

Certains intervenants ont déclaré que la classe à vocation spéciale Canada-Est pourrait ouvrir la porte à des variétés qui ne répondent pas aux paramètres de qualité des classes existantes 10. Ces parties prenantes ont déclaré que le développement d'une classe de blé sans paramètres de qualité pourrait introduire un potentiel de perte de marché, des réductions de prix et une incidence plus élevée de problèmes de force du gluten.

Les parties prenantes ont déclaré que l'ajout d'une classe de blé sans marché de consommation finale directe identifié n'apporte aucune valeur ajoutée aux producteurs.

À la suite de la consultation 2017, la CCG a décidé de ne pas poursuivre avec la nouvelle classe de blé canadienne de l'Est proposée et a annoncé qu'elle inviterait les parties prenantes à participer à un examen et à une évaluation de la structure de la classe de blé de l'Est existante avant d'apporter des modifications. le UNF participe à ce processus.

Notre première préoccupation est que la majorité des intervenants inclus dans la consultation ne représentent pas les intérêts des producteurs de grains. Parmi les représentants de sociétés, quatre sont des sociétés étrangères et trois des groupes de pression fortement représentés par des sociétés étrangères. Il n'est pas raisonnable de s'attendre à ce que les recommandations de ces personnes servent les intérêts des producteurs de grains. Les discussions et les décisions de la consultation à ce jour reflètent l'influence indue des intérêts acquis à la table, tandis que les préoccupations des agriculteurs ont été écartées ou minimisées.

Les représentants des personnes suivantes ont participé aux réunions des parties prenantes:

  • Gouvernement Producteurs de céréales
  • Canadian Seed Trade Association - groupe de pression pour les entreprises semencières (Cortevia - anciennement Dow et DuPont - et C&M Seeds)
  • Union Nationale des Fermiers
  • Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec
  • Canadian National Millers Association - groupe de pression pour les entreprises de meunerie (Archer Daniels Midland)
  • Producteurs de grains du Québec (affilié UPA)
  • Commission canadienne des grains
  • Céréales Canada - Majorité des producteurs de silos et des producteurs de semences (deux représentants)
  • Producteurs de grains de l'Ontario
  • Conseil des céréales de l'Atlantique (PEI Grain Elevators Corporation)
  • Association canadienne des exportateurs de céréales et de graines oléagineuses (G3 Grain)
  • Ontario Agri Business Association - groupe de pression pour les ascenseurs et les entreprises de production d'intrants (London Agricultural Commodities Inc.)

La proposition qui est actuellement présentée implique:

  • Élimination des classes de blé mineures (CE Red, CEHWW, CESWS, CEHWS)
  • Création d'une nouvelle classe sans exigence de mérite
  • Déplacement des variétés des classes éliminées vers la nouvelle classe
  • La nouvelle classe est destinée à être vendue dans le cadre de contrats à identité préservée (IP). Si l'agriculteur n'a pas de contrat IP (ou vraisemblablement, si les spécifications du contrat ne peuvent pas être respectées), le grain sera vendu comme aliment du bétail.
  • La nouvelle classe aura une seule note - Feed

Notre système de classes de blé est conçu pour servir nos clients en faisant correspondre les utilisations finales aux classes de blé. Il fournit une efficacité aux ascenseurs, car ils peuvent trier le grain en fonction de paramètres de classe connus qui ont de la valeur au lieu de séparer de nombreux bacs en fonction des spécifications. Il offre aux agriculteurs la liberté de cultiver des variétés qui fonctionnent dans leur ferme, sachant qu'ils disposeront d'un marché basé sur la classe de la variété.

La nouvelle catégorie proposée sans mérite n'est pas dans l'intérêt des producteurs pour de nombreuses raisons.

Il est clair que les multinationales des semences souhaitent que la nouvelle catégorie leur permette d’enregistrer des variétés de mouture de qualité inférieure qui seraient par ailleurs rejetées par le Comité de recommandation pour non-respect des critères de mérite. La classe proposée leur permettrait de vendre des variétés déjà développées pour et vendues sur d'autres marchés. Les exemples présentés par le personnel de CGC comme étant «affectés» par les définitions de classe actuelles sont le 25W38 (SWW) de Pioneer, actuellement vendu dans l'Ohio et le Michigan, et le DS572RW (SRW) de Dow, qu'ils souhaitent importer pour remplacer Emmit, qui est dans le domaine public et donc libre de droits. Il est significatif que cela implique que ces variétés sont en quelque sorte victimes de notre système de contrôle de la qualité, sans pour autant être en deçà de nos normes.

Rien n'empêcherait les sociétés céréalières de mélanger les grains de cette nouvelle classe avec du blé de mouture des classes existantes, qu'ils l'achètent dans le cadre de contrats de propriété intellectuelle ou comme fourrage. L'impact sur les agriculteurs serait une baisse des prix en raison de la disponibilité accrue de blé moins cher pour le mélange.

Le mélange de variétés de mouture de qualité inférieure dans d'autres classes réduirait également la qualité globale du blé canadien sur les marchés nationaux et internationaux, ce qui rendrait notre blé moins souhaitable et donc moins cher.

Au cours des discussions sur le calendrier de classement proposé, il est apparu clairement que la CCG s'attend à ce que cette nouvelle classe soit utilisée comme blé de mouture, même lorsqu'elle est achetée comme aliment du bétail. Le personnel de la CCG a suggéré que le paramètre de dommage dû au fusarium (5%) était peut-être trop élevé pour la consommation humaine, même si le DON était faible, et s’est demandé s’il devrait y avoir des grades 1, 2 et 3 de cette nouvelle classe. Cela indique que la CCG envisage non seulement de créer une classe de blés de mouture de qualité inférieure pouvant être mélangés avec d'autres classes, mais cherche en fait à faciliter le mélange en procédant à un tri afin de séparer les charges faiblement endommagées par le fusarium.

Le personnel de la CCÉG a laissé entendre que l'enregistrement des variétés de mouture de qualité inférieure offrirait un choix aux agriculteurs qui souhaitent les cultiver, ce qui est dans l'intérêt des producteurs. Nous ne sommes pas d'accord, car ces variétés auront des répercussions à l'échelle du système, réduisant les prix pour tous les producteurs et nuisant à la réputation de qualité du Canada. Le système de qualité du blé canadien nous donne un avantage concurrentiel sur les marchés mondiaux; diluer la qualité des blés de l'Est en créant une réserve de blés de qualité inférieure pour l'assemblage diminuera voire éliminera cet avantage.

La CCG ne devrait pas compter sur les contrats Identify Preserved (IP) pour éviter tout dommage au système, car il est toujours possible que du grain IP soit livré au silo si les primes disparaissent. Les agriculteurs devront supporter des coûts d'élévation supplémentaires qui résulteraient de la séparation supplémentaire qu'entraîneraient davantage de contrats IP, ainsi que des programmes IP défaillants lorsque les acheteurs disparaissent, lorsque le grain ne répond pas aux spécifications IP ou lorsque le rendement dépasse les volumes souscrits. En outre, la CCG ne devrait pas institutionnaliser les programmes de propriété intellectuelle. Si les agriculteurs sont obligés d'utiliser des contrats de propriété intellectuelle, ils deviennent étroitement liés à des acheteurs spécifiques, ce qui réduit leur autonomie, tandis que les acheteurs augmentent leur pouvoir en obtenant des renseignements qui leur permettent de payer aux agriculteurs le prix le plus bas réalisable sur la base des rendements attendus.

Nous considérons également cette classe de blé de l’Est du Canada sans mérite comme un ballon d'essai pour l'objectif des sociétés multinationales de semences d'éliminer complètement le système de classification du blé du Canada.

Le passage à un système où le blé est acheté uniquement sur spécification désavantagera les agriculteurs en éliminant le rôle d'arbitre de la CCG en cas de différend sur les qualités et les poids. En l'absence d'exigences de mérite ou de calendriers de classement, l'acheteur dispose de pratiquement tout le pouvoir nécessaire pour déterminer si un contrat a été respecté, car les spécifications peuvent être très techniques et nécessitent des mesures en laboratoire.

Nous considérons également la nouvelle classe comme un ballon d'essai visant à introduire la déclaration obligatoire des variétés. Il incombera aux agriculteurs de déclarer la variété s'ils livrent des variétés de la nouvelle classe à l'élévateur sous forme de fourrage en l'absence de contrat de propriété intellectuelle. Les ascenseurs peuvent commencer à exiger la déclaration des variétés pour éviter les fraudes si les agriculteurs tentent d’obtenir un meilleur prix en passant à une classe supérieure, car la distinction visuelle des noyaux n’est plus un outil disponible. La déclaration de variété est un casse-tête qui devrait être en place pour la mise en œuvre d'un système de collecte de redevances de point final, car elle indiquerait le statut des droits d'obtenteur de chaque chargement livré. Un système de REP ne sert pas les intérêts des producteurs, car nous avons déjà des taxes effectives qui sont allouées par les conseils élus par les agriculteurs pour financer les objectifs de recherche souhaités.

Après la première réunion de consultation, un représentant de la CSTA a transmis les informations suivantes au groupe, en déclarant: «Ces commentaires reflètent l'opinion de DuPont Pioneer, un développeur de variétés de blé. Bien qu'ils ne reflètent pas la politique officielle de la CSTA, je pense que d'autres développeurs de matériel génétique auraient des points de vue similaires. ”

  1. En général, DuPont Pioneer ne pense pas que l'enregistrement des variétés et les définitions de classe restrictives sont dans le meilleur intérêt de la chaîne de valeur de la production végétale. Une chaîne de valeur agile et progressive n'exige pas non plus. L'industrie du soja de qualité alimentaire est un bon exemple. Un tel système améliore la création de valeur grâce à la fois au gain génétique pour le rendement et à l'agronomie et à la qualité.
  2. Étant donné que nous devons fonctionner dans un système de classes, nous soutenons la création d'une classe à usage spécifique.
  3. Nous estimons qu'une déclaration de variété du producteur au moment de la livraison permettrait au canal des grains de séparer les matériaux dans le système à leur guise.

Nous voyons dans ces commentaires que la nouvelle classe de blé de l'Est canadien sans mérite proposée est alignée sur les désirs des sociétés semencières et n'est pas dans l'intérêt des producteurs ou de la qualité du grain canadien.

Tout au long du processus de consultation, le UNF a soulevé des préoccupations quant aux répercussions de la nouvelle catégorie proposée sur les prix du blé pour les agriculteurs, la qualité du grain du Canada et notre réputation internationale. Nos préoccupations ont été écartées et minimisées par les représentants du personnel de la CCG. Il apparaît de plus en plus que la création de cette nouvelle classe était un objectif prédéterminé, indépendamment des impacts négatifs, et le processus de consultation a été construit pour créer une voie pour atteindre cet objectif.

Comme vous l'avez rappelé aux agriculteurs de l'Ouest dans le communiqué de presse du 25 juillet 2018, les changements relatifs au classement des grains et à la désignation des variétés entrent en vigueur le 1er août, la CCG est chargée d'établir et de maintenir le système de classement des grains du Canada, c'est l'organisme fédéral chargé de garantir le grain. qualité, et son rôle est de veiller à ce que les variétés attribuées aux catégories de blé reflètent les besoins fonctionnels d'utilisation finale des acheteurs de grains canadiens. Le devoir de la CCG est de réglementer l'industrie céréalière afin de protéger les droits des producteurs et d'assurer l'intégrité des transactions céréalières. Nous vous exhortons à assumer ces responsabilités à l'égard du blé de l'Est canadien en mettant fin à la création d'une nouvelle catégorie sans exigences de mérite.

Cordialement,

Sproule de corail,
Président, Union Nationale des Fermiers

CC: L'hon. Lawrence MacAulay, ministre de l'Agriculture
L'hon. Ernie Hardeman, ministre de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales (Ontario)
L'hon. Laurent Lessard, ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (Québec)
L'hon. Robert Henderson, ministre de l'Agriculture et des Pêches (Île-du-Prince-Édouard)
L'hon. Wilfred Roussel, ministre de l'Agriculture, des Mines et des Affaires rurales (Nouveau-Brunswick)
L'hon. Keith Colwell, ministre de l'Agriculture et ministre des Pêches et de l'Aquaculture (Nouvelle-Écosse)

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