National | Communiqué de presse

Pour un monde sans violence ni guerre : #17avril Journée internationale des luttes paysannes

Le 17 avril, l’Union nationale des fermiers du Canada (UNF) se joint aux appels à l’action lancés par le mouvement mondial La Via Campesina à l’occasion de la Journée internationale des luttes paysannes. Chaque année, à cette date, les petits et moyens agriculteurs, les paysans, les pêcheurs, les travailleurs sans terre et migrants, les peuples autochtones, les femmes, les jeunes et les personnes de toutes les identités de genre du mouvement mondial La Via Campesina rendent hommage à la mémoire des 19 fermiers sans terre assassinés à Eldorado dos Carajás, au Brésil, pour avoir défendu leur droit à la terre. Trente ans plus tard, nous continuons de dénoncer les attaques violentes et de plus en plus fréquentes contre nos communautés, perpétrées par les oligarques du monde entier – ces individus fortunés et leurs entreprises – ainsi que par leurs partisans au sein des gouvernements.

Les oligarques et leurs alliés politiques cherchent à dominer la politique et l’économie mondiales pour assouvir leur cupidité sans limite. Pour ce faire, ils imposent aux petits et moyens femiers des politiques et des technologies qui les chassent de leurs terres, limitent leur accès aux ressources et détruisent leurs moyens de subsistance. Ces entreprises hors-la-loi promeuvent des technologies qui sapent les savoirs et les compétences traditionnels des producteurs alimentaires. Bien que le commerce agricole et alimentaire n’a jamais été « libre », il est de plus en plus évident que les économies alimentaires et les institutions politiques à l’échelle mondiale sont accaparées par les oligarques. Les récentes coupes dans les programmes de recherche agricole financés par des fonds publics au Canada montrent que ces attaques sont systémiques et généralisées, et ne constituent pas des incidents isolés.

Les guerres et la croissance économique fondée sur les énergies fossiles, qui accélèrent l’effondrement climatique, profitent aux oligarques qui tirent profit de la destruction qu’ils provoquent. Le génocide perpétré en Palestine par le gouvernement israélien, soutenu par les États-Unis, illustre la brutalité et l’anarchie du système mondial actuel. À Cuba, après des décennies de résistance à l’agression du gouvernement américain, la population est confrontée à un blocus militaire inhumain qui vise à rétablir le pouvoir d’oligarques avides de terres. Au Venezuela, les pétro-oligarques ont soutenu une incursion militaire et, comme en Iran et au Liban, la vie des civils et leur souveraineté alimentaire sont sacrifiées au profit de stratégies géopolitiques impérialistes.

Au Canada/Île de la Tortue, le colonialisme de peuplement continue de perpétuer l’injustice, car l’agriculture se pratique sur des terres dont les peuples autochtones ont été chassés et où leur souveraineté alimentaire leur a été retirée. Alors que le discours de la réconciliation est fréquemment invoqué, la mise en œuvre de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP) est insuffisante, voire inexistante, en particulier face à des projets d’exploitation des ressources à grande échelle. Au Mexique, en Équateur, au Congo et en Papouasie occidentale, les violations des droits humains commises par des entreprises canadiennes sont également bien documentées.

Alors que le Canada se présente comme un défenseur des droits humains, dans la pratique, notre gouvernement soutient des politiques qui servent les intérêts des grandes entreprises mondiales. Comme nous l’avons souligné, les gouvernements ont la responsabilité, conformément aux dispositions de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans (UNDROP), de veiller à ce que les entités dont ils sont en mesure de contrôler les actions – telles que les entreprises canadiennes – respectent les droits humains et les droits des peuples autochtones.

À l’inverse, partout dans le monde, les populations se mobilisent solidairement et coordonnent leurs actions par-delà les frontières et les mouvements sociaux pour la justice et la paix. Les petits et moyens producteurs alimentaires font partie intégrante de ces luttes. L’agroécologie, fondée sur la souveraineté alimentaire, représente la remise en cause la plus directe des ambitions des oligarques et de leurs gouvernements complices. Alors que 1 % des grands agriculteurs industriels contrôlent 70 % des terres arables mondiales, les petits et moyens agriculteurs et les paysans cultivent 12 % des terres agricoles mondiales tout en produisant    35 % de la nourriture mondiale, et ce, de manière plus humaine, plus résiliente et plus durable.

2026 est l’« Année internationale des agricultrices ». Ces fermières et les travailleuses agricoles sont en première ligne des efforts communautaires visant à défendre des systèmes alimentaires qui protègent la vie. En mettant l’accent sur le bien-être des personnes et de la nature, les campagnes menées par les femmes en faveur de la souveraineté alimentaire réaffirment l’importance de la bienveillance, de l’économie solidaire et des formes de démocratie participative qui nous encouragent à partager le pouvoir plutôt qu’à l’utiliser comme une arme. Ces efforts renforcent la résistance face à l’influence des oligarques.

En reliant les luttes locales et mondiales pour la justice, la paix, la souveraineté alimentaire, le féminisme et la durabilité écologique, le système de pouvoir actuel, qui favorise une minorité, peut être transformé au profit du plus grand nombre. Nous nous unissons pour défendre la souveraineté territoriale des peuples autochtones et placer une véritable réforme agraire au cœur de nos préoccupations. Pour nous, la terre n’est pas une marchandise, c’est une source de vie. Nous nous battons pour préserver les institutions et les réglementations gouvernementales qui protègent le bien-être et la santé des communautés et pour mettre un terme à la cupidité des oligarques.

En cette Journée internationale des luttes paysannes, et à l’occasion de l’Année internationale des agricultrices, l’UNF exprime sa profonde solidarité avec les organisations membres de La Via Campesina afin de faire progresser notre vision commune d’une souveraineté alimentaire, d’une justice foncière et d’un monde exempt de violence et de guerre.

Pour l’autonomie et la dignité de nos peuples : Résistons, cultivons, transformons ! Mondialisons la lutte, mondialisons l’espoir !

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