Politiques

Analyse de la privatisation de l'inspection des cultures de plein champ

Le système alimentaire et agricole canadien commence par les semences. Nous nous attendons à ce que des semences de qualité, exemptes de maladies, de graines hors-type et de mauvaises herbes nuisibles, dotées d'une bonne germination et d'un rendement fiable. Le système de semences du Canada a été construit dans l'intérêt public au cours du siècle dernier. Des lois et règlements sur les semences ont été mis en place afin de protéger les agriculteurs des vendeurs de semences sans scrupules et de protéger la qualité et l'abondance des cultures dont les Canadiens dépendent pour leur nourriture quotidienne. En conséquence, les semences du Canada - et les cultures qui en sont issues - ont une excellente réputation internationale.

L'un des éléments clés de l'infrastructure semencière du Canada est l'intégrité du système de semences pédigrées, qui relie les sélectionneurs de semences qui développent de nouvelles variétés aux agriculteurs qui achètent des semences pour faire pousser des cultures. Certains agriculteurs se spécialisent dans la tâche méticuleuse de cultiver des semences certifiées - des semences dont le pedigree remonte à quelques générations jusqu’à l’obtenteur initial et qui doit répondre à des normes rigoureuses en matière de pureté et de germination. Les agriculteurs qui utilisent des semences de ferme ont également recours aux semences certifiées lorsqu'ils choisissent de nouvelles variétés éprouvées ou actualisent leur stock de semences existant de temps à autre. Depuis 1928, le Canada possède un système de semences pédigrées inspecté par le gouvernement canadien, qui vérifie les processus de production et les résultats des producteurs de semences. Cela se terminera bientôt, car 2013 marque la dernière année d'inspection de cultures de semences sur le terrain par l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) pour la plupart des producteurs de semences.

Le budget fédéral 2012 a «réorienté» l’ACIA sur son «mandat fondamental», l’ordonnant de sortir de l’inspection des cultures de semences et de mettre en place une «Prestation de services alternatifs pour l’inspection des cultures de semences». En clair, l’inspection de la culture 2014. Les conséquences de ce changement de politique sur les semences au Canada sont détaillées dans l'analyse suivante. Un système d’inspection des cultures de semences de champ privatisé traduit le conflit fondamental et inhérent entre le commerce à des fins privées et la réglementation visant à protéger le public. Malheureusement, il ne s'agit que d'une pièce du puzzle qui constitue la vision du gouvernement fédéral en matière de privatisation et le transfert prévu du contrôle du système de semences complet du Canada aux sociétés de semences mondiales.

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