L’UNF condamne la destruction des installations de recherche en agriculture biologique de l’AAFC
Les 9 et 10 juin 2026, Agriculture et Agroalimentaire Canada, au Centre de recherche et de développement de Swift Current, a procédé à la destruction des parcelles expérimentales du Programme de recherche sur l’agriculture biologique et régénérative en ensemencant le terrain de blé, rendant ainsi impossible la récupération des données nécessaires à la finalisation des études en cours avant l’annonce des coupes budgétaires et des fermetures en janvier 2026.
Les travaux d’ensemencement de cette semaine ont effacé les limites des parcelles en place depuis 19 ans, une structure fondamentale pour la collecte de données à long terme sur les couches de sol gérées selon les principes de l’agriculture biologique dans cette zone de recherche. La direction d’AAC n’a pas cherché à prélever des échantillons de sol scientifiquement valables ni à recueillir d’autres données avant l’ensemencement.
Lors de la séance de questions à la Chambre des communes du 9 juin, le député de Swift Current, Jeremy Patzer, a interrogé le ministre MacDonald au sujet de la destruction de ces ressources de recherche. Dans sa réponse, le ministre a affirmé à tort que ces activités de culture et d’ensemencement constituaient une pratique courante menée chaque année.
En détruisant ces ressources de recherche irremplaçables, AAC a fait fi de l’opposition unanime du secteur agricole à la fermeture des installations de recherche d’AAC et du programme biologique, notamment une lettre datée du 22 mai signée par 26 organisations agricoles, de nombreuses pétitions présentées au Parlement, des centaines de lettres de citoyens inquiets, ainsi que le rapport unanime du Comité de l’agriculture de la Chambre des communes Rapport n° 4 : La science dans l’agriculture canadienne et la fermeture des centres de recherche qui recommande de reconsidérer la décision de mettre fin au programme biologique.
Lors de l’annonce de ces coupes budgétaires, le gouvernement avait déclaré qu’une période de transition de douze mois serait prévue afin de permettre l’achèvement des recherches en cours, le transfert des actifs et la sauvegarde des données. La destruction des terres affectées au projet de recherche en agriculture biologique à Swift Current constitue une trahison de ces assurances et un profond manque de respect envers le Parlement, car elle devance la réponse officielle du gouvernement au rapport de la commission de l’agriculture, qui n’a pas encore été déposé au Parlement.
Le programme de l’agriculture biologique et régénérative de Swift Current a réussi à obtenir des financements externes, en plus de la modeste part allouée sur le budget d’AAC. En conséquence, les mesures prises cette semaine par AAC ont également anéanti de précieux investissements à long terme dans le site et le programme de recherche, réalisés par des fermiers qui versent des cotisations et d’autres bailleurs de fonds qui n’ont pas eu leur mot à dire dans les décisions ayant interrompu les travaux en cours, et ont rendu impossible la poursuite des engagements pris en matière de recherche biologique prévue.
Le programme d’agriculture biologique et régénérative de Swift Current a soutenu des initiatives de sélection végétale alternatives menées par les agriculteurs et s’est attaqué à des problèmes urgents tels que l’adaptation au changement climatique, la production à faibles intrants, les maladies et d’autres défis auxquels sont confrontés tous les agriculteurs, qu’ils soient biologiques ou conventionnels. Le programme a organisé des journées de champ annuelles très fréquentées afin de communiquer ses résultats à la communauté agricole et à d’autres chercheurs. Le programme de recherche en agriculture biologique et régénérative est indispensable pour développer et partager les connaissances essentielles à un secteur agricole solide, à une économie prospère et à la sécurité alimentaire future du Canada.
L’UNF condamne la destruction des installations de recherche en agriculture biologique à Swift Current et demande
- Un audit indépendant immédiat, réalisé par un expert agronomique externe n’appartenant pas à AAC, afin de documenter de manière exhaustive l’étendue des dommages et la perte d’intégrité des données.
- Le respect rigoureux des normes de gestion biologique appropriées sur ces terres à l’avenir – sous la supervision d’un organisme de certification biologique indépendant – afin d’empêcher l’utilisation de matériel contaminé ou de toute autre pratique conventionnelle susceptible de priver le sol de son statut biologique.
- Un engagement formel en faveur d’un processus de remise en état supervisé s’étalant sur plusieurs années, nécessaire pour réhabiliter la structure du sol, remédier à la perturbation de l’intégrité biologique et atténuer les dommages causés par la perte et le mélange d’antécédents distincts en matière de traitement, de culture et de sol, afin que des recherches valides sur l’agriculture biologique puissent reprendre en toute sécurité à l’avenir.
– 30 –
Pour plus d’informations :
Cathy Holtslander, directrice de la recherche et des politiques à l’UNF : Tél. : 306-652-9465 ou par e-mail à l’adresse holtslander@unf.ca
Phil Mount, vice-président chargé des politiques à l’UNF : Tél. : 343-262-5911 ou par e-mail à l’adresse VP-Policy@unf.ca