National | Communiqué de presse

Notes de terrain : Un regard en amont sur la crise de la santé mentale des fermières au Canada

Les fermières canadiennes sont intelligentes ; suffisamment intelligentes pour reconnaître que les entreprises réalisent d’énormes profits sans assumer aucun des risques liés à l’agriculture. Suffisamment intelligente pour reconnaître le déclin des services ruraux. La perte de fermières creuse les communautés rurales, et la volatilité croissante des conditions météorologiques dans un climat qui évolue rapidement fait des ravages dans les plans les mieux préparés des fermières. Les fermières reconnaissent que ces forces extérieures leur apportent du stress.

Dans un rapport publié aujourd’hui, des fermiers et des travailleurs agricoles de tout le Canada identifient les facteurs qui affectent leur santé mentale. Le rapport reconnaît que les efforts récents visant à fournir un soutien en matière de santé mentale sont cruciaux pour la santé et le bien-être des fermiers ; il souligne également que les efforts thérapeutiques restent axés sur le traitement des effets en aval du problème et non sur les causes sous-jacentes (en amont) de la mauvaise santé mentale des fermiers.

Dans ce rapport, intitulé Field Notes : Looking Upstream at the Farmer Mental Health Crisis in Canada, les agriculteurs et les travailleurs agricoles canadiens font part de leur point de vue sur les facteurs qui influent sur leur santé mentale au moyen d’entretiens et d’enquêtes. Ce rapport, rédigé par Zsofia Mendly-Zambo, candidate au doctorat à l’université de York et présidente du groupe de travail sur la santé mentale de la Nationale des Fermiers (UNF), est publié conjointement par l’Union Nationale des Fermiers (UNF) et le Centre canadien de politiques alternatives (CCPA).

Au cœur de la crise de la santé mentale des fermières se trouvent l’incertitude et la précarité économiques omniprésentes, affirment les participants à l’étude :

“Tous les risques liés à la production d’aliments sont mis à la charge des fermières, tandis que toute la protection et tous les profits vont aux grandes entreprises. Certains jours, le dur labeur semble futile…”

“Même le fait d’hériter d’une terre ne garantit pas la viabilité de l’exploitation, car les fermières s’endettent lourdement pour faire face à l’augmentation du coût des intrants et à la nécessité d’étendre leurs activités.

La concentration débridée des entreprises dans le secteur alimentaire, la consolidation et la financiarisation des terres agricoles, le changement climatique et la libéralisation du commerce sont des facteurs clés qui contribuent à la précarité économique des fermières et des travailleurs agricoles.

“Les fermières sont en première ligne du changement climatique et c’est parfois épuisant et traumatisant – dans le contexte de la Colombie-Britannique, nous avons connu plusieurs années de pression intense due aux incendies de forêt, aux dômes de chaleur et aux inondations, autant de facteurs qui ont fait payer un tribut incroyable à nos fermes et à nos agriculteurs.”

D’autres facteurs contribuent à cette situation, notamment les obstacles à l’agriculture liés à l’économie et aux connaissances, l’intensification de la polarisation sociale au sein des communautés rurales, le racisme et la violence à l’égard des femmes. L’épuisement professionnel et le manque de services de santé auxiliaires et de base sont également des facteurs de stress.

Sur la base de ces constatations, le présent rapport formule six recommandations :

  1. Mettre en œuvre des politiques qui renforcent la stabilité économique des fermières et des travailleurs agricoles
  2. Poursuivre et renforcer le soutien aux fermiers qui s’orientent vers des pratiques agricoles durables
  3. Inclure la souveraineté alimentaire dans les objectifs fédéraux en matière d’agriculture
  4. Reconstruire les infrastructures rurales
  5. S’attaquer à la discrimination et à la violence persistantes dans le secteur agricole
  6. Élargir l’accès aux soins de santé mentale pour les fermières et soutenir les organisations agricoles existantes qui apportent leur soutien, défendent leurs intérêts et mènent des recherches.

Au fond, ce rapport affirme qu’une action significative est nécessaire au niveau politique pour améliorer les conditions de vie et de travail des fermières et des fermiers canadiens. Une approche globale qui tient compte des facteurs en amont de la santé mentale des agriculteurs contribuera à favoriser un secteur agricole plus résilient et plus durable tout en améliorant le bien-être des fermières et des fermiers dans l’ensemble du Canada.

Il est prouvé que le fait de travailler avec d’autres pour trouver des solutions aux problèmes est bénéfique pour la santé mentale. Les fermières, les travailleurs agricoles et leurs alliés de l’UNF adoptent cette approche pour plaider en faveur de la reconnaissance des personnes qui exploitent une ferme dans la politique agricole et rurale du Canada.

Lisez le rapport à l’adresse suivante : www.nfu.ca/campaigns/mental-health/.