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L’article des nouvelles de la CBC est une gifle pour les fermiers canadiens qui travaillent dur.

Lors de l’émission d’information de jeudi midi de la chaîne CBC de Vancouver, le journaliste économique a fait l’étrange annonce que les fermières laitières du Canada sont les deuxièmes moins compétitives au monde. Cela s’est produit immédiatement après avoir rapporté qu’un accord sur l’AECG avait été conclu après que la région belge de Wallonie ait résisté à le signer en raison de son opposition aux clauses antidémocratiques de règlement des différends entre investisseurs et États (ISDS) de l’AECG, qui permettent aux entreprises de poursuivre les gouvernements si elles estiment que de nouvelles réglementations empiéteront sur leurs attentes en matière de bénéfices.

L’AECG suscite l’opposition de nombreux producteurs laitiers canadiens, ainsi que d’autres fermiers et consommateurs solidaires. L’accord permettrait l’entrée au Canada de 17 000 tonnes supplémentaires de fromage européen, ce qui priverait 400 exploitations laitières canadiennes de leur marché et de leurs moyens de subsistance.

Il semble que le journaliste économique de CBC (qui est en fait un consultant en relations publiques pour l’industrie financière, et non un journaliste) ait tenté de justifier l’une des parties les plus dommageables de l’AECG en dénigrant les fermières laitières canadiennes avec ce commentaire. Il est évident qu’elle n’a aucune idée de ce que les fermiers laitiers canadiens accomplissent 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et 365 jours par an. Je ne peux pas imaginer une plus grande gifle.

Les fermières ont modernisé leurs exploitations et produisent des volumes massifs de lait par exploitation et par unité de travail. Chaque jour, les fermières canadiennes fournissent la bonne quantité de lait frais aux transformateurs, répondant toujours à leurs besoins tout en évitant la surabondance. Les fermières laitières canadiennes ont dû s’adapter aux conséquences négatives de l’ALENA, des diverses décisions de l’OMC, et maintenant de l’AECG et potentiellement du TPP un peu plus loin. Tous ces accords commerciaux ont entraîné une augmentation des coûts et une perte de parts de marché pour les producteurs canadiens. Pourtant, les autres juridictions qui sont désormais autorisées à importer sur le marché laitier canadien à la suite de ces accords subventionnent largement leur secteur laitier directement à partir des deniers publics. Ici, au Canada, ce n’est pas le cas !

Les groupes de réflexion de droite tels que l’Institut C.D. Howe, l’Institut Fraser, le Conference Board du Canada, ainsi que les spécialistes des relations publiques de Bay Street, ne considèrent la « compétitivité » des produits laitiers que sous l’angle du prix payé par les transformateurs aux fermières pour le lait cru. Les subventions massives reçues par les fermières laitières aux États-Unis, en Europe et ailleurs ne sont pas incluses dans les prix à la production dans ces pays. Leurs prix laitiers « compétitifs » sont en fait une subvention publique aux transformateurs et ne reflètent pas les coûts réels de production.

Les experts de droite ignorent également le coût social associé à la déréglementation de l’industrie laitière dans ces pays exportateurs. À l’heure actuelle, les excédents de production laitière sont massivement surabondants sur le marché mondial, ce qui fait chuter les prix à la production. Même avec leurs subventions publiques, les fermières d’Europe, des États-Unis, d’Australie et de Nouvelle-Zélande sont payées bien en dessous de leur coût de production. Les fermières souffrent, sont ruinées et les cas de suicides se multiplient. Les coûts humains sont énormes, mais la production excédentaire rend le produit bon marché pour les multinationales qui s’approvisionnent en ingrédients laitiers.

Les législateurs américains et européens se grattent la tête en essayant de trouver un moyen de remédier à leurs systèmes défaillants et à leurs problèmes chroniques de surabondance. Dieu merci, la gestion de l’offre existe au Canada ! Sauf qu’à chaque fois que nous parlons d’accords commerciaux, les négociateurs canadiens portent un nouveau coup sévère à la gestion de l’offre. Nous avons tant donné au fil des ans et on nous demande aujourd’hui d’en donner encore plus avec l’AECG.

Gouvernement canadien, ARRÊTEZ de tuer la gestion de l’offre ! Assez !

Jan Slomp
About the author

Jan Slomp

Jan Slomp and his spouse, Marian, have been dairy farmers since 1979, first in their native Netherlands and from April 1989 until 2015, in Alberta. They recently moved to BC and set up a new farm on Vancouver Island.

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