L’Union Nationale des Fermiers recommande de placer la souveraineté alimentaire au cœur du prochain cadre politique
Le NPF doit s’inspirer des principes de résilience, de renouveau et de souveraineté
Les fermiers ont besoin d’une politique de souveraineté alimentaire qui soutienne les nouveaux fermiers, la diversité des produits et des pratiques agricoles, ainsi que des prix équitables pour les denrées alimentaires qu’ils produisent, tant pour le marché intérieur que pour les marchés d’exportation. L’Union Nationale des Fermiers (UNF) est fière de présenter ses observations aux gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux (FPT) afin de faire progresser une politique de souveraineté alimentaire dans le cadre de leurs négociations sur le prochain cadre de politique agricole (NPF).
L’UNF encourage les gouvernements fédéraux, provinciaux et territoriaux à définir la souveraineté alimentaire comme « le droit des peuples à une alimentation saine et adaptée à leur culture, produite selon des méthodes respectueuses de l’environnement et durables, ainsi que leur droit à définir leurs propres systèmes alimentaires et agricoles ».
« Une politique de souveraineté alimentaire efficace devra s’attaquer au pouvoir des grandes entreprises dans le secteur agricole, à la baisse des revenus agricoles, au renouvellement générationnel et à la résilience face au changement climatique », déclare Phil Mount, vice-président chargé des politiques à l’UNF.
« Le NPF trace la voie pour les cinq prochaines années de politique agricole. En cette période de transition, nous défendons l’idée qu’une économie agroalimentaire canadienne forte doit être guidée par les principes de résilience, de renouveau, de souveraineté et de diversité », déclare Jenn Pfenning, présidente de l’UNF.
L’UNF estime que la NPF doit accorder la priorité à cinq axes stratégiques: le renouvellement générationnel ; le développement des marchés locaux et des échanges régionaux ; la sécurité alimentaire par le biais de la souveraineté alimentaire ; la recherche agricole publique à long terme ; et la résilience face au changement climatique.
Voici ce qu’ont déclaré les dirigeants de l’UNF pour soutenir nos recommandations :
Pourquoi un renouveau générationnel ?
« Nous devons élargir notre conception du renouvellement générationnel au-delà des transmissions intrafamiliales afin d’inclure des dispositifs permettant d’attirer dans le secteur agricole de nouvelles personnes issues de familles non agricoles ou de familles de fermiers non canadiens. Pour intégrer de nouveaux agriculteurs, il faut examiner comment l’économie agricole s’est construite et comment certaines inégalités se perpétuent à travers les politiques actuelles. Nous passons à côté d’une formidable opportunité d’attirer davantage de fermiers vers les terres en ignorant les fermiers noirs, les fermiers autochtones, les autres fermiers de couleur et les fermiers nouvellement arrivés qui n’ont pas d’exploitation agricole à hériter. »
Claire Perttula, présidente du groupe PANDC de l’UNF
Pourquoi est-il important de développer les marchés locaux et les échanges régionaux ?
« La NPF devrait investir dans les marchés locaux et les infrastructures au lieu de se concentrer uniquement sur les exportations. Nous avons besoin de mettre en place des mécanismes qui facilitent l’accès des fermières aux marchés locaux et permettent à la population locale de se procurer des produits agricoles canadiens. Les fermières ne devraient pas dépendre exclusivement de la poignée de multinationales qui contrôlent le marché. »
Alexis Légère, président de l’UNF du Nouveau-Brunswick
« En tant que fermier céréalier de la Saskatchewan, je constate qu’il existe un énorme potentiel commercial pour accroître les ventes locales de céréales dans l’Ouest canadien si le marché bénéficiait d’un soutien accru. Il existe clairement une demande de la part des consommateurs canadiens pour davantage d’options alimentaires locales, et des investissements publics dans ce domaine pourraient apporter d’énormes avantages tant aux fermières qu’au grand public. »
Will Robbins, membre du conseil d’administration de l’UNF pour la région 6 (Saskatchewan)
En quoi le fait de mettre l’accent sur la souveraineté alimentaire permettra-t-il d’assurer la sécurité alimentaire ?
« C’est en investissant dans nos systèmes alimentaires régionaux et en les développant que nous pouvons garantir que les gens consomment des produits issus des fermiers de leur bassin d’approvisionnement alimentaire, tout en renforçant la résilience et les capacités de ce même système alimentaire. »
Josh Suppan, président de l’UNF Ontario
Pourquoi investir dans la recherche agricole publique à long terme ?
« La recherche agricole publique, qui met au point des variétés de semences, diffuse les meilleures pratiques et recueille des données essentielles grâce à un réseau solide de stations de recherche réparties dans tout le pays, a toujours donné des résultats positifs pour les fermiers et l’ensemble de l’économie agricole. La NPF doit rétablir le contrat social et économique du gouvernement afin qu’il redevienne le chef de file de la recherche agricole. Tout manquement à cet engagement compromet l’avenir de la sécurité alimentaire. »
Dean Harder, membre du conseil régional de l’UNF pour la région 5 (Manitoba)
Pourquoi mettre en place des mesures de soutien en faveur d’une agriculture résiliente au changement climatique ?
« En tant que fermiers écologiques de Nouvelle-Écosse / Mi’kma’ki, nous avons constaté les effets positifs sur notre exploitation et notre communauté lorsque les pouvoirs publics investissent dans la résilience climatique. Nous avons bénéficié d’un soutien financier pour planter des brise-vent, aménager des zones riveraines et creuser un étang, ce qui nous a sauvé la vie et a permis de sauver notre exploitation pendant les 70 jours de sécheresse de 2025. Les programmes de services écosystémiques financés par des fonds publics peuvent diversifier les paysages et les sources de revenus de l’exploitation, tout en apportant de la joie à la communauté. Pour étendre ces pratiques à d’autres exploitations, nous aurons besoin des conseils d’agronomes indépendants et d’un soutien aux échanges de connaissances entre pairs, au niveau des exploitations, car c’est ainsi que nous apprenons le mieux. »
Paul Wartman, membre du conseil régional de l’UNF pour la région 1, district 3 (Nouvelle-Écosse)
« Le Cadre de politique agricole a le pouvoir de réorienter les milliards de dollars provenant des contribuables qui transitent actuellement par les fermiers vers l’agro-industrie, afin de maintenir un statu quo qui est insoutenable à bien des égards. Au lieu de cela, les gouvernements fédéraux, provinciaux et territoriaux doivent investir dans des systèmes agricoles qui améliorent la qualité des sols, restaurent les bassins versants, nourrissent les populations et permettent à l’argent de circuler au sein de nos communautés. Les décisions que nous prenons aujourd’hui concernant les terres et nos systèmes alimentaires permettront soit d’atténuer les préjudices qui menacent les générations futures et de leur fournir les moyens nécessaires pour surmonter les turbulences, soit de nous exposer à des catastrophes de plus en plus fréquentes. »
Hannah Dwyer, coordinatrice régionale de l’UNF pour la région 8 (Colombie-Britannique)
L’UNF se réjouit à l’idée de collaborer avec les gouvernements fédéraux, provinciaux et territoriaux ainsi qu’avec ses alliés afin d’élaborer une politique de souveraineté alimentaire qui soutienne les agriculteurs et assure l’alimentation des Canadiens.