National | Communiqué de presse

Des prix alimentaires équitables ? Equitable pour qui ?

Un nouveau rapport de la Nationale des Fermiers montre le déclin de la part des prix des denrées alimentaires revenant aux fermiers, alors que les oligarques de l’épicerie en profitent.

En 2026, les consommateurs canadiens paient leurs aliments près de 30 % plus cher qu’en 2020, alors que les fermières ont connu une stagnation des prix de leurs produits sur la même période.

Des prix alimentaires équitables ? présente des données sur les prix de 14 produits agricoles et de leurs équivalents au détail pour les vingt à cinquante dernières années. Les prix de détail pour les consommateurs ont augmenté alors que les prix que les fermières ont reçus pour leurs produits n’ont pratiquement pas bougé.

« Ce rapport met en évidence un décalage croissant entre l’augmentation des prix de détail et la stagnation des revenus à la ferme. Pour les fermières de la Colombie-Britannique, ce décalage est critique. Nos coûts continuent d’augmenter, mais pas notre part du prix de vente au détail. Si cette tendance se poursuit, elle menace directement la viabilité des exploitations familiales et la stabilité de l’approvisionnement alimentaire du Canada », déclare Adrian Arts, directeur exécutif de la British Columbia Fruit Growers Association (BCFGA).

Alors que les reportages et les articles d’opinion tentant d’expliquer l’inflation des prix des denrées alimentaires au Canada ont jugé les causes « complexes » et nombreuses, le rapport de la Nationale des Fermiers démontre le contraire. Quatre entreprises contrôlent 80 % des ventes de produits alimentaires au Canada, quatre entreprises représentent 88 % de la capacité de manutention des céréales au Canada et deux entreprises dominent le secteur de la transformation de la viande au Canada.

Les oligarques de l’agroalimentaire canadien – la poignée d’entreprises qui ont le pouvoir de fausser les prix et les marchés – sont la principale raison de l’écart grandissant entre les revenus des fermières et les prix affichés dans les épiceries.

Rien que l’année dernière, les oligarques de l’épicerie ont engrangé plus de 6 milliards de dollars de bénéfices, soit une augmentation stupéfiante de 200 % par rapport à leur bénéfice net moyen de 2 milliards de dollars par an entre 2015 et 2019.

Tout comme ce rapport a révélé que les épiciers de détail ont utilisé la pandémie de COVID-19 pour augmenter leurs profits, le Rapport de l’UNF craint que, à moins que nous n’adoptions des réglementations strictes pour protéger les Canadiens de la cupidité des entreprises, les coûts inflationnistes de la guerre en cours en Iran ne conduisent à de nouveaux profits aux dépens à la fois des fermiers et des consommateurs.

« La Commission royale de 1959 a montré que les grands détaillants en alimentation du Canada avaient déjà suffisamment de pouvoir pour prendre l’argent directement dans les poches des fermiers », a déclaré Phil Mount, vice-président des politiques de l’Union Nationale des Fermiers. « Notre rapport montre que près de 60 ans plus tard, la poignée de géants de l’épicerie qui restent dans ce pays sont si puissants qu’ils peuvent ouvertement profiter d’une pandémie, en prenant de l’argent directement dans les poches des fermiers et des consommateurs, sans aucune conséquence. »

La baisse de la part des fermières dans les prix de détail des produits alimentaires est également liée à la crise des revenus agricoles. La baisse du revenu agricole net réel au cours des vingt dernières années a mis en péril non seulement les entreprises agricoles individuelles, mais aussi les économies rurales et la diversité du système agricole canadien. Nous perdons plus de trois fermes par jour, la consolidation des terres agricoles rend l’accès à la terre intenable pour les nouveaux et les jeunes fermiers, et nous assistons à un déclin des entreprises agricoles mixtes durables et de la biodiversité à la ferme.

« Ce rapport met à nu la réalité vécue par les fermières. Les politiques gouvernementales et les conseillers commerciaux nous disent de développer nos entreprises pour être plus compétitifs, tout en confiant le contrôle des coûts et du marché à des oligopoles profiteurs qui servent les dividendes de leurs actionnaires au lieu d’un système alimentaire fiable et équitable », déclare Jenn Pfenning, présidente de la Nationale des Fermiers.

Dans leur vie quotidienne, les fermiers comme les consommateurs sont confrontés à l’immense pouvoir des oligopoles agroalimentaires. Le pouvoir des entreprises est l’ennemi commun des fermiers et des consommateurs canadiens, et il est temps pour nous tous de nous rassembler pour lutter en faveur de changements politiques significatifs et structurels qui mettront un frein à la cupidité des entreprises.

« Pour résoudre un problème de cette ampleur, nous devons coopérer à une échelle que nous n’avons pas tentée dans l’histoire récente », déclare Katie Sardinha, membre de la BCFGA et de l’UNF. « Nous avons besoin que nos politiciens s’unissent au-delà des lignes de parti et s’engagent à résoudre ce problème au-delà du cycle électoral de quatre ans. Nous avons besoin que les Canadiens comprennent la nature du problème afin qu’ils puissent se mobiliser à nos côtés pour construire un meilleur système alimentaire. »

Les fermières et les consommateurs doivent s’organiser pour obliger le gouvernement fédéral à plafonner les profits des oligarques de l’épicerie et à créer des épiceries publiques en tant que concurrents à but non lucratif. Nous devons également travailler ensemble pour protéger et développer la gestion de l’offre et les institutions de commercialisation collective, car elles contribuent à garantir un revenu équitable aux fermières. Nous devons nous allier aux syndicats du secteur alimentaire pour renforcer le pouvoir des travailleurs. Ce n’est qu’en nous unissant pour faire avancer des objectifs politiques qui placent les producteurs, les personnes et la planète au-dessus des profits que nous parviendrons à un système alimentaire juste et durable au Canada.

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Cliquez ici pour lire le rapport : Des prix alimentaires équitables ? La baisse de la part des fermières et l’inflation des denrées alimentaires.

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Pour plus d’informations, veuillez contacter

James Hannay, analyste politique de l’UNF : hannay@nfu.ca