Les coupes budgétaires imposées à AAC sont désastreuses pour le Canada, selon l’Union nationale des fermiers
Mardi, dans son discours à Davos, le premier ministre Carney a déclaré : « Un pays qui ne peut pas se nourrir, s’approvisionner en carburant ou se défendre n’a que peu d’options. » Vendredi, Agriculture et Agroalimentaire Canada a annoncé la suppression de 12 % de ses effectifs, soit 665 postes, et la fermeture de sept centres de recherche agricole. Au cours du week-end, nous avons également vu les États-Unis, notre principal partenaire commercial et fournisseur d’une grande partie de nos aliments transformés et frais, sombrer encore davantage dans la violence et les troubles. En fermant les portes des centres de recherche agricole et des fermes expérimentales, et en renvoyant des personnes qui représentent plus de 10 000 années d’expérience dans la fonction publique, le Canada se prive des découvertes, des solutions et des connaissances qui auraient été générées par ces institutions, ce qui nous rend plus vulnérables et nous laisse moins d’options.
« Nous sommes confrontés à de multiples crises qui affectent notre capacité à produire les denrées alimentaires et les produits agricoles dont les Canadiens ont besoin », a déclaré Phil Mount, vice-président chargé des politiques à l’UNF. « Nous avons besoin de plus d’investissements, et non moins, dans nos institutions de recherche publiques et notre personnel. Les coupes prévues réduiraient d’environ 154 millions de dollars le budget annuel d’AAC, mais il s’agit là d’une fausse économie. Réduire notre capacité à faire face aux problèmes agricoles connus et émergents sera beaucoup plus coûteux. Pour ne citer qu’un exemple, l’économiste agricole Richard Gray a démontré que chaque dollar investi dans la sélection végétale publique rapporte 35 dollars aux agriculteurs et au public. »
« Les chercheurs d’AAC qui travaillent dans l’intérêt public peuvent s’attaquer à des questions importantes et difficiles et partager librement leurs conclusions, aidant ainsi les agriculteurs à réussir à long terme. Les fermiers se sont associés à AAC en investissant des dizaines de millions de dollars provenant des prélèvements obligatoires dans ces projets de recherche, tout comme la « Western Grains Research Foundation » (WGRF), qui alloue des fonds indirectement versés par les agriculteurs. La fermeture de ces installations d’AAC rendra beaucoup plus difficile la recherche d’institutions capables d’utiliser ces fonds », a déclaré Terry Boehm, représentant de l’UNF au sein de la WGRF.
« La suppression du programme de recherche sur l’agriculture biologique et régénérative du Centre de recherche de Swift Current, des programmes d’élevage durable de Lacombe et de la ferme de recherche de Nappan, ainsi que de la recherche sur la résilience des agroécosystèmes à Québec, affaiblit la capacité du Canada à faire face aux effets du changement climatique et à la perte de biodiversité », a déclaré Jenn Pfenning, présidente de l’UNF. « Les agriculteurs de toutes les régions du Canada sont touchés. La recherche est nécessaire pour élaborer les meilleures solutions qui seront rentables pour les femiers et nous aideront à renforcer notre souveraineté alimentaire. »
Plusieurs installations de recherche spécialisées soutiennent la sélection végétale publique. Des parcelles expérimentales permettent aux sélectionneurs de comparer et d’évaluer les variétés. « La sélection végétale publique est la pierre angulaire du secteur agricole canadien », a déclaré Jennifer Seward, agricultrice du Manitoba et directrice générale de la « Manitoba Seed Growers Association ». « Nos sélectionneurs publics sont profondément engagés à la qualité et à l’intérêt public. Ces coupes budgétaires compromettent les investissements que les contribuables et les agriculteurs ont consentis pendant des décennies dans la recherche sur les variétés, et l’industrie semencière est avant tout préoccupée par la perte de ces investissements. »
Dave Gehl, ancien directeur de la ferme expérimentale Indian Head, a déclaré : « La perte de financement sous le gouvernement Harper dans le budget 2012 a causé un grand préjudice à AAC. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un revirement, et non d’une intensification de ces mesures d’austérité. Notre ferme de recherche, ainsi que les autres fermes dont la fermeture est prévue, apportent une contribution considérable à l’échelle locale en offrant de bons emplois à des centaines de personnes, à toutes les communautés rurales grâce aux résultats de leurs travaux, et à tous les Canadiens en veillant à ce que notre système agricole reste productif, durable et économiquement viable. »
Les instituts de recherche menacés de fermeture sont des éléments clés de l’infrastructure initiale qui a permis la construction de la nation canadienne. La ferme de recherche Nappan en Nouvelle-Écosse et la ferme de recherche Indian Head en Saskatchewan ont été créées en 1887, tandis que le centre de recherche Lacombe en Alberta remonte à 1907 et la ferme de recherche Scott en Saskatchewan à 1911. La ferme de recherche de Portage la Prairie, au Manitoba, a été créée en 1944, vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, le centre de recherche de Québec a ouvert ses portes en 1967, année du centenaire du Canada, et le centre de recherche et de développement de Guelph, en Ontario, en 1997. En les fermant, nous perdrons également leurs terres (y compris des parcelles dont les données scientifiques remontent à un siècle), leurs bâtiments – des sites historiques aux installations flambant neuves construites à cet effet – et leurs équipements, allant des machines agricoles spécialement adaptées aux instruments de laboratoire sophistiqués.
L’Union nationale des fermiers demande non seulement l’annulation de ces coupes, mais aussi le réinvestissement dans la recherche agricole publique. Dans un monde de plus en plus incertain, le rétablissement de notre capacité de recherche agricole d’intérêt public donnera au Canada l’autonomie stratégique nécessaire pour assurer la sécurité et la confiance à l’avenir.
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Pour plus d’informations :
Phil Mount, Vice-président aux politiques, de l’UNF, Ottawa – 343-262-5911 ou vp-policy@nfu.ca
Dave Gehl, Indian Head, SK – 306-533-1072
Jennifer Seward, Carmen, MB – 204-745-7940 ou Jennifer.seward@seedmanitoba.ca
Terry Boehm, Colonsay, SK – 306-255-7638
Passez à l’action ! Voici ce que vous pouvez faire :
- Envoyez un message au Premier ministre Carney en utilisant ce formulaire https://www.pm.gc.ca/en/connect/contact
- Courriel et/ou téléphone Ministre AAC, Hon. Heath MacDonald, les députés, les leaders du Parti conservateur, du NPD, du Bloc Québécois et du Parti vert.
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