Le droit à la réparation : Un élément crucial de l’autonomie des fermiers et de la revitalisation des économies rurales
Si vous réparez vous-même votre machine, votre garantie est annulée. Une jauge fonctionne mal et votre moissonneuse-batteuse s’arrête jusqu’à ce qu’un technicien certifié par le concessionnaire puisse se rendre à la ferme pour remplacer la pièce. Un écran affiche un code d’erreur que vous ne comprenez pas et vous devez payer des milliers de dollars pour le résoudre. C’est ce à quoi sont confrontés les fermières du Canada.
Depuis des millénaires, les fermières du monde entier inventent, modifient et réparent leurs propres outils et équipements. Aujourd’hui, les cadres juridiques relatifs aux nouvelles technologies confèrent aux fabricants un contrôle excessif sur les machines agricoles. C’est pourquoi les fermières canadiennes ont besoin du droit à la réparation.
Qu’est-ce que le droit à la réparation ?
Le droit à la réparation est une question politique qui oppose les fermières aux multinationales du machinisme qui utilisent la normalisation, la conformité et le contrôle des activités agricoles pour gagner plus d’argent.
Le droit de réparer signifie que les biens, possédés ou loués, peuvent être réparés à un prix raisonnable, dans un délai raisonnable, par le propriétaire ou un service de réparation de son choix. Elle aborde également les questions du gaspillage et de l’obsolescence programmée, c’est-à-dire des produits conçus intentionnellement pour être remplacés par des modèles plus récents.
Pourquoi le droit de réparer est-il important ?
Les coûts de réparation des machines agricoles au Canada continuent de grimper ; les fermières devront payer plus de 4,5 milliards de dollars de factures de réparation en 2024. Entre 2000 et 2024, les coûts annuels de réparation des machines agricoles ont augmenté de 145 %. Un droit à la réparation donnerait aux fermières plus d’options en matière de services de réparation en empêchant l’utilisation exclusive de pièces et de services exclusifs et en garantissant qu’il existe des services de réparation plus locaux à votre ferme.
La question de l’autonomie des fermières est plus pertinente que jamais, car les équipements agricoles reposent de plus en plus sur des systèmes numériques et logiciels compliqués. Les systèmes numériques créent de nouveaux obstacles à la réparation, notamment les mécanismes de protection technologique (MPT) qui peuvent empêcher les fermières d’utiliser leur matériel. Les MTP ne peuvent être déverrouillés qu’à l’aide d’outils logiciels coûteux et difficiles à obtenir auprès des concessionnaires. Si nous n’avons pas le contrôle de la technologie que nous utilisons, avons-nous vraiment le contrôle de nos propres exploitations agricoles ?
En l’absence d’une législation solide sur le droit de réparer, les fermiers canadiens perdent de l’argent et sont privés de leur autonomie.
Quelles sont les lois qui soutiennent le droit à la réparation au Canada ?
En ce qui concerne les machines agricoles, les provinces de l’Ontario, du Manitoba, de la Saskatchewan et de l’Alberta disposent d’une législation qui régit la vente et les garanties des nouvelles machines agricoles et des outils agricoles. Les législations provinciales sur les machines agricoles prévoient trois garanties communes qui concernent, mais ne garantissent pas, le droit à la réparation :
- garantie et réparation pour la première saison d’utilisation de l’appareil ;
- le remplacement d’urgence des pièces en cas de défaillance d’une machine pendant la saison d’utilisation, pendant les dix années suivant l’achat d’un outil ou d’une machine agricole ; et
- la possibilité pour le concessionnaire de proposer un remplacement temporaire au lieu d’une réparation rapide.
En 2025, le gouvernement fédéral a adopté des amendements à la loi sur la concurrence et à la loi sur le droit d’auteur par le biais des projets de loi C-294 et C-244, respectivement, qui ont élargi la capacité des Canadiens à réparer les machines. Le projet de loi C-244 élargit la loi sur le droit d’auteur pour permettre le contournement des MTP à des fins de réparation ou de diagnostic à des fins de réparation.
La législation actuelle ne confère pas aux fermières un véritable droit à la réparation
La législation actuelle ne suffit pas à garantir un droit à la réparation pour les fermières canadiennes. Les fermières canadiennes ont besoin d’un droit de réparation complet afin de protéger leurs moyens de subsistance et leur autonomie. Les entreprises de réparation indépendantes dans les communautés rurales sont également en train de disparaître. La législation actuelle sur les machines agricoles ne protège pas suffisamment les réparateurs indépendants, les garanties de base pour les équipements agricoles et l’accès aux outils, aux informations et aux logiciels pour effectuer les réparations.
Le droit à la réparation pour les fermières comprendrait un accès garanti aux outils de réparation, aux informations et aux logiciels, ainsi que le droit à des services de réparation rapides et abordables. La législation sur le droit à la réparation pourrait également étendre les garanties obligatoires sur la réparation des équipements agricoles jusqu’à 10 ans après l’achat des machines agricoles et empêcherait les fabricants d’annuler les garanties si les fermières choisissent de faire appel à des services de réparation indépendants.
Que pouvez-vous faire pour faire avancer le droit à la réparation au Canada ?
Vous pouvez participer dès aujourd’hui aux travaux de l’UNF sur le droit à la réparation (en partenariat avec la Coalition canadienne de la réparation) en partageant vos histoires de réparation pour éclairer nos travaux en remplissant ce formulaire : https://forms.gle/yeVDbToWCwmUznjj6.
Rejoignez le nouveau groupe de travail sur la souveraineté technologique de l’UNF pour vous organiser sur le droit à la réparation – email marquis@nfu.ca pour participer.
Informez-vous en lisant le modèle de législation sur le droit à la réparation de la Coalition CanRepair.
Si vous vivez en Saskatchewan, participez à la consultation sur le droit de réparer organisée par la province, qui se termine le 26 février. Vous pouvez utiliser le Farmers’ Guide de l’UNF pour éclairer vos réponses.
Vous n’êtes pas membre de l’UNF ? Adhérez dès aujourd’hui pour vous organiser en faveur d’un droit à la réparation qui place les fermières au premier plan.