
{"id":27379,"date":"2011-08-03T06:00:00","date_gmt":"2011-08-03T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.nfu.ca\/lorsque-la-planche-a-ble-canadienne-est-descendue-sous-terre\/"},"modified":"2011-08-03T06:00:00","modified_gmt":"2011-08-03T12:00:00","slug":"lorsque-la-planche-a-ble-canadienne-est-descendue-sous-terre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/lorsque-la-planche-a-ble-canadienne-est-descendue-sous-terre\/","title":{"rendered":"Lorsque la Commission canadienne du bl\u00e9 s&rsquo;est effondr\u00e9e en Australie"},"content":{"rendered":"<p><em>Par Cathy Holtslander<br \/>\nDirecteur de la recherche et de la politique,  <span class=\"nfu-name-inline\"><\/span><\/em><\/p>\n<p>Les producteurs de bl\u00e9 et d&rsquo;orge des Prairies devraient maintenant avoir re\u00e7u leur bulletin de vote pour le pl\u00e9biscite de la Commission canadienne du bl\u00e9, qui leur demande s&rsquo;ils souhaitent conserver le syst\u00e8me de commercialisation \u00e0 guichet unique pour leurs cultures. C&rsquo;est l&rsquo;occasion d&rsquo;entendre parler de la fin du guichet unique de la commission du bl\u00e9 en Australie, et des r\u00e9sultats obtenus pour les fermi\u00e8res et les entreprises c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res.<\/p>\n<p>En 1939, l&rsquo;Australian Wheat Board (AWB) a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en tant qu&rsquo;agence gouvernementale. En 1999, elle a \u00e9t\u00e9 transform\u00e9e en une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9tenue par les fermiers australiens et quelques investisseurs. Chaque fermiere d\u00e9tenait une action de \u00ab\u00a0classe A\u00a0\u00bb et disposait d&rsquo;un droit de vote pour l&rsquo;\u00e9lection des 7 fermieres administrateurs. Les actions de \u00ab\u00a0classe B\u00a0\u00bb pouvaient \u00eatre achet\u00e9es et vendues \u00e0 la Bourse d&rsquo;Australie, et les propri\u00e9taires avaient le droit d&rsquo;\u00e9lire deux administrateurs. L&rsquo;autorit\u00e9 unique de l&rsquo;AWB provenait d&rsquo;une loi qui lui donnait un droit de veto pour emp\u00eacher toute autre entreprise d&rsquo;exporter du bl\u00e9. Outre son r\u00f4le d&rsquo;exportateur de c\u00e9r\u00e9ales, l&rsquo;AWB poss\u00e9dait \u00e9galement une filiale qui \u00e9tait le plus grand vendeur d&rsquo;intrants agricoles du pays.<\/p>\n<p>Bien que les d\u00e9tails de la structure de l&rsquo;AWB et la base juridique de ses responsabilit\u00e9s en mati\u00e8re de commercialisation \u00e0 guichet unique soient l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rents de ceux de notre Commission canadienne du bl\u00e9, en tant qu&rsquo;entit\u00e9 contr\u00f4l\u00e9e par les fermiers, sa capacit\u00e9 \u00e0 commercialiser la production de bl\u00e9 du pays \u00e9tait pratiquement la m\u00eame.<\/p>\n<p>Comme au Canada, les n\u00e9gociants en c\u00e9r\u00e9ales ont exerc\u00e9 des pressions pour que le guichet unique soit supprim\u00e9. En r\u00e9ponse, les dirigeants d&rsquo;AWB ont propos\u00e9 une restructuration en deux soci\u00e9t\u00e9s : l&rsquo;une s&rsquo;occupant de la vente d&rsquo;intrants et l&rsquo;autre de l&rsquo;exportation de c\u00e9r\u00e9ales, tout en conservant le guichet unique et en mettant en commun les c\u00e9r\u00e9ales. Leur proposition a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e. En d\u00e9cembre 2006, au beau milieu de la r\u00e9colte, le gouvernement a modifi\u00e9 la l\u00e9gislation et a retir\u00e9 \u00e0 l&rsquo;AWB son droit de veto sur les exportations, brisant ainsi le guichet unique. Le ministre de l&rsquo;agriculture s&rsquo;est vu confier le pouvoir d&rsquo;accr\u00e9diter les exportateurs.<\/p>\n<p>Presque imm\u00e9diatement, les entreprises qui attendaient ce jour avec impatience se sont lanc\u00e9es sur le march\u00e9 de l&rsquo;exportation, achetant en dehors du pool et vendant \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger avec la b\u00e9n\u00e9diction du ministre.<\/p>\n<p>Face \u00e0 cette nouvelle situation, et apr\u00e8s des luttes internes, l&rsquo;AWB a propos\u00e9 une nouvelle structure de gouvernance qui, selon les dirigeants, rendrait l&rsquo;entreprise plus comp\u00e9titive. Au lieu d&rsquo;une majorit\u00e9 de fermiers administrateurs, la nouvelle structure pr\u00e9voit que les fermiers n&rsquo;\u00e9lisent que deux administrateurs. Les actionnaires de la cat\u00e9gorie B \u00e9liraient la majorit\u00e9 des administrateurs. Ce changement a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 comme un moyen pour les fermi\u00e8res d'\u00a0\u00bbinfluencer\u00a0\u00bb la prise de d\u00e9cision (au lieu de prendre les d\u00e9cisions). La proposition limitait \u00e9galement \u00e0 10 % la proportion de toutes les actions de cat\u00e9gorie B qu&rsquo;un propri\u00e9taire pouvait d\u00e9tenir, mais seulement pendant les trois premi\u00e8res ann\u00e9es. Il a \u00e9galement permis aux fermi\u00e8res de rejeter toute offre de reprise pendant les trois premi\u00e8res ann\u00e9es. Pour entrer en vigueur, la proposition devait obtenir un soutien de 75 % lors d&rsquo;un vote.<\/p>\n<p>Les fermi\u00e8res ne se sont pas pr\u00e9cipit\u00e9es pour envoyer leur bulletin de vote par la poste. La direction de l&rsquo;AWB a fait pression pour que les fermi\u00e8res approuvent ce changement. Finalement, en 2008, apr\u00e8s avoir prolong\u00e9 la p\u00e9riode de vote, un peu plus de la moiti\u00e9 des producteurs ont vot\u00e9 et la majorit\u00e9 requise a \u00e9t\u00e9 atteinte.<\/p>\n<p>Nous sommes aujourd&rsquo;hui en 2011, trois ans plus tard. La restriction concernant les actionnaires de cat\u00e9gorie B a \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9e et, comme on pouvait s&rsquo;y attendre, la soci\u00e9t\u00e9 a chang\u00e9 de mains.<\/p>\n<p>Fin 2010, l&rsquo;entreprise nord-am\u00e9ricaine de fertilisants Agrium a rachet\u00e9 l&rsquo;AWB, bien qu&rsquo;elle n&rsquo;ait aucune exp\u00e9rience dans la vente de c\u00e9r\u00e9ales. \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque, Agrium avait d\u00e9clar\u00e9 qu&rsquo;elle \u00e9valuerait l&rsquo;\u00e9volution de la situation et d\u00e9ciderait sous peu de conserver ou non le secteur de la commercialisation internationale des c\u00e9r\u00e9ales. Moins de deux semaines plus tard, Agrium a annonc\u00e9 son accord avec Cargill pour la commercialisation internationale des c\u00e9r\u00e9ales. En mai 2011, la vente a \u00e9t\u00e9 soumise \u00e0 l&rsquo;examen des autorit\u00e9s australiennes charg\u00e9es de la r\u00e9glementation des investissements \u00e9trangers et du bureau de la concurrence. Les organisations agricoles australiennes ont tent\u00e9 d&rsquo;obtenir du gouvernement qu&rsquo;il pose certaines conditions \u00e0 la vente \u00e0 Cargill, telles que la transparence des taux de fret et la protection des pools, mais elles n&rsquo;ont pas r\u00e9ussi.<\/p>\n<p>En l&rsquo;espace de trois ans, les 40 000 fermi\u00e8res australiennes ont cess\u00e9 de g\u00e9rer leur propre syst\u00e8me de commercialisation des c\u00e9r\u00e9ales, vendant en leur nom la quasi-totalit\u00e9 du bl\u00e9 australien (12 % de la production mondiale de bl\u00e9, d&rsquo;une valeur d&rsquo;environ 5 milliards de dollars), pour devenir de simples clientes de Cargill, l&rsquo;une des plus grandes soci\u00e9t\u00e9s agro-industrielles du monde, d\u00e9tenue par des int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s et bas\u00e9e aux \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<p>Depuis 2006, la part de l&rsquo;AWB dans les ventes de bl\u00e9 australien est tomb\u00e9e \u00e0 23 %, 25 autres entreprises \u00e9tant pr\u00e9sentes sur le march\u00e9, toutes cherchant \u00e0 gagner de l&rsquo;argent sur l&rsquo;\u00e9cart entre les prix d&rsquo;achat et les prix de vente. Lorsque l&rsquo;AWB \u00e9tait au pouvoir, le bl\u00e9 australien pouvait obtenir des primes de plus de 99 $\/tonne par rapport au bl\u00e9 am\u00e9ricain, mais en d\u00e9cembre 2008, il \u00e9tait tomb\u00e9 \u00e0 une d\u00e9cote de 27 $\/tonne par rapport au bl\u00e9 am\u00e9ricain.<\/p>\n<p>Et quelle est la vue depuis le si\u00e8ge du tracteur ?<\/p>\n<p>Voici quelques commentaires r\u00e9cents d&rsquo;un panneau d&rsquo;affichage de fermiere australien sur l&rsquo;environnement de l&rsquo;apr\u00e8s guichet unique :<\/p>\n<p><i>\u00ab\u00a0Plus d&rsquo;interm\u00e9diaires pour visser les prix vers le bas &#8212; les n\u00e9gociants ne sont pas int\u00e9ress\u00e9s par le fait que les fermi\u00e8res obtiennent des prix \u00e9lev\u00e9s. Tant qu&rsquo;ils r\u00e9alisent une marge, peu leur importe que les prix soient \u00e9lev\u00e9s ou bas.<\/i><\/p>\n<p><i>\u00ab\u00a0Une logistique d\u00e9plorable dans l&rsquo;organisation des cargaisons d&rsquo;exportation, avec de multiples exportateurs qui veulent tous charger des navires en m\u00eame temps, ce qui entra\u00eene des goulets d&rsquo;\u00e9tranglement dans le transport maritime. Quelqu&rsquo;un doit supporter le co\u00fbt des navires inactifs qui attendent d&rsquo;\u00eatre charg\u00e9s. Devinez qui finit par supporter ce co\u00fbt ? La d\u00e9r\u00e9glementation n&rsquo;a pas du tout profit\u00e9 au fermier australien moyen.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p><i>\u00ab\u00a0Je pense que notre qualit\u00e9 sur le march\u00e9 de l&rsquo;exportation doit en souffrir. Combien d&rsquo;entreprises \u00e0 deux balles bloquent aujourd&rsquo;hui des c\u00e9r\u00e9ales dans des conteneurs maritimes alors qu&rsquo;elles ne connaissent rien aux c\u00e9r\u00e9ales ?<\/i><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<i>La d\u00e9r\u00e9glementation a permis d&rsquo;augmenter le nombre d&rsquo;acheteurs, ce qui pr\u00e9sente un avantage, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que l&rsquo;un d&rsquo;entre eux ne paie pas. L&rsquo;AWB avait l&rsquo;avantage de promouvoir les c\u00e9r\u00e9ales australiennes comme un produit de premi\u00e8re qualit\u00e9. Je pense que cela s&rsquo;\u00e9rode lentement\u00a0\u00bb.<\/i><\/p>\n<p>\u00c0 ce moment critique de l&rsquo;histoire de l&rsquo;agriculture de l&rsquo;Ouest canadien, les fermi\u00e8res peuvent s&rsquo;inspirer de l&rsquo;exp\u00e9rience australienne. Le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral a annonc\u00e9 son intention de d\u00e9fier la loi sur la Commission canadienne du bl\u00e9 et de mettre fin au guichet unique sans vote contraignant des fermi\u00e8res. En lieu et place, le ministre Ritz n&rsquo;a rien propos\u00e9 d&rsquo;autre qu&rsquo;une rh\u00e9torique vide de sens sur la \u00ab\u00a0libert\u00e9\u00a0\u00bb et des phrases chocs sur une \u00ab\u00a0CCB volontaire forte\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les organisations agricoles demandent au gouvernement d&rsquo;organiser un vote l\u00e9gal et contraignant, comme l&rsquo;exige la loi actuelle. En attendant, il est important d&rsquo;\u00eatre un \u00e9lecteur bien inform\u00e9 et proactif lors du pl\u00e9biscite de la CCB. Votre bulletin de vote enverra un message fort sur l&rsquo;importance que les fermiers accordent \u00e0 leur propre agence de marketing et \u00e0 tous les avantages qu&rsquo;elle offre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&lt;emPar Cathy Holtslander<br \/>\nDirectrice de la recherche et de la politique, Union Nationale des Fermiers&lt;\/emLes producteurs de bl\u00e9 et d&rsquo;orge des Prairies devraient maintenant avoir re\u00e7u leur bulletin de vote pour le pl\u00e9biscite de la Commission canadienne du bl\u00e9 qui leur demande s&rsquo;ils veulent conserver le syst\u00e8me de commercialisation \u00e0 guichet unique pour leurs cultures. C&rsquo;est l&rsquo;occasion d&rsquo;entendre parler de la fin du guichet unique de la commission du bl\u00e9 en Australie, et des r\u00e9sultats obtenus pour les fermi\u00e8res et les entreprises c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_tec_requires_first_save":true,"_EventAllDay":false,"_EventTimezone":"","_EventStartDate":"","_EventEndDate":"","_EventStartDateUTC":"","_EventEndDateUTC":"","_EventShowMap":false,"_EventShowMapLink":false,"_EventURL":"","_EventCost":"","_EventCostDescription":"","_EventCurrencySymbol":"","_EventCurrencyCode":"","_EventCurrencyPosition":"","_EventDateTimeSeparator":"","_EventTimeRangeSeparator":"","_EventOrganizerID":[],"_EventVenueID":[],"_OrganizerEmail":"","_OrganizerPhone":"","_OrganizerWebsite":"","_VenueAddress":"","_VenueCity":"","_VenueCountry":"","_VenueProvince":"","_VenueState":"","_VenueZip":"","_VenuePhone":"","_VenueURL":"","_VenueStateProvince":"","_VenueLat":"","_VenueLng":"","_VenueShowMap":false,"_VenueShowMapLink":false,"_tribe_blocks_recurrence_rules":"","_tribe_blocks_recurrence_description":"","_tribe_blocks_recurrence_exclusions":"","_ecp_custom_4":"","_ecp_custom_7":"","_ecp_custom_9":"","_ecp_custom_10":"","_ecp_custom_12":"","_ecp_custom_13":"","footnotes":""},"categories":[295],"tags":[],"post_region":[],"post_campaign":[],"class_list":["post-27379","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-communique-de-presse"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27379","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=27379"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27379\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=27379"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=27379"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=27379"},{"taxonomy":"post_region","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_region?post=27379"},{"taxonomy":"post_campaign","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_campaign?post=27379"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}