
{"id":27217,"date":"2014-04-24T22:04:17","date_gmt":"2014-04-25T04:04:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.nfu.ca\/op-ed-les-idees-du-conference-board-du-canada-pour-changer-la-gestion-de-loffre-sont-mal-concues-et-interessees\/"},"modified":"2014-04-24T22:04:17","modified_gmt":"2014-04-25T04:04:17","slug":"op-ed-les-idees-du-conference-board-du-canada-pour-changer-la-gestion-de-loffre-sont-mal-concues-et-interessees","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/op-ed-les-idees-du-conference-board-du-canada-pour-changer-la-gestion-de-loffre-sont-mal-concues-et-interessees\/","title":{"rendered":"Op Ed &#8211; Les id\u00e9es du Conference Board du Canada pour changer la gestion de l&rsquo;offre sont mal con\u00e7ues et int\u00e9ress\u00e9es"},"content":{"rendered":"<p>Le Conference Board du Canada (CBoC) adh\u00e8re au mantra selon lequel \u00ab\u00a0toute croissance est bonne \u00e0 prendre\u00a0\u00bb. Leur plan visant \u00e0 modifier la gestion de l&rsquo;offre pour favoriser la croissance consiste \u00e0 affaiblir, voire \u00e0 \u00e9liminer, les trois piliers de la gestion de l&rsquo;offre pour la production laiti\u00e8re au Canada &#8211; les contr\u00f4les de la production, les droits de douane \u00e0 l&rsquo;importation et la fixation du prix du co\u00fbt de production par les fermiers &#8211; afin de produire davantage de lait, d&rsquo;en abaisser le prix et d&rsquo;augmenter les exportations.<\/p>\n<p>Le CBoC pr\u00e9tend \u00eatre un groupe de r\u00e9flexion ind\u00e9pendant, mais il est affili\u00e9 au Conference Board, bas\u00e9 \u00e0 New York et dirig\u00e9 par et pour des soci\u00e9t\u00e9s multinationales bas\u00e9es aux \u00c9tats-Unis. Tout en pr\u00e9tendant servir le public, elle d\u00e9fend une s\u00e9rie de politiques &#8211; dont le d\u00e9mant\u00e8lement de la gestion de l&rsquo;offre de produits laitiers &#8211; qui favorisent les int\u00e9r\u00eats des entreprises au d\u00e9triment des valeurs et des aspirations des Canadiens.<\/p>\n<p>Passons rapidement en revue la raison d&rsquo;\u00eatre de la gestion de l&rsquo;offre de produits laitiers et son fonctionnement.<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 1960, les transformateurs laitiers utilisaient des pratiques de transport du lait irr\u00e9guli\u00e8res pour faire baisser les prix \u00e0 la production pay\u00e9s aux fermi\u00e8res. Les fermi\u00e8res ont d\u00fb livrer du lait \u00e0 n&rsquo;importe quel prix ou tout perdre. Les fermi\u00e8res de l&rsquo;Ontario et du Qu\u00e9bec ont protest\u00e9 et demand\u00e9 au gouvernement d&rsquo;agir. En 1969, un nouveau syst\u00e8me a permis au gouvernement de r\u00e9glementer les prix \u00e0 la production sur la base des co\u00fbts de production des fermi\u00e8res en \u00e9change d&rsquo;un flux constant de lait de haute qualit\u00e9 et d&rsquo;un syst\u00e8me de discipline (quotas) pour \u00e9viter la surproduction. Son succ\u00e8s a conduit \u00e0 son adoption rapide dans toutes les provinces. Depuis lors, les offices provinciaux de commercialisation du lait g\u00e8rent avec succ\u00e8s l&rsquo;approvisionnement, la commercialisation, les quotas, le contr\u00f4le de la qualit\u00e9 et la r\u00e9glementation gouvernementale. Pour garantir la synchronisation de l&rsquo;offre et de la demande, le Canada limite les importations de produits laitiers par des droits de douane conformes aux r\u00e8gles de l&rsquo;OMC. Ainsi, le secteur laitier canadien produit principalement pour le march\u00e9 int\u00e9rieur.<\/p>\n<p>La gestion de l&rsquo;offre de produits laitiers au Canada fonctionne de mani\u00e8re harmonieuse, efficace et durable sans subventions publiques, contrairement \u00e0 d&rsquo;autres secteurs agricoles canadiens o\u00f9 les paiements au titre du programme Agri-stabilit\u00e9 sont souvent n\u00e9cessaires pour soutenir les revenus des agriculteurs et surmonter la baisse des prix des produits de base.<\/p>\n<p>Le CBoC encourage d\u00e9sormais l&rsquo;augmentation de la production laiti\u00e8re au-del\u00e0 des besoins canadiens afin d&rsquo;exporter.<\/p>\n<p>Le Canada est tout \u00e0 fait capable de produire beaucoup plus de lait. Mais quels types de march\u00e9s d&rsquo;exportation pourrions-nous viser, quels types de programmes seraient n\u00e9cessaires pour obtenir ces march\u00e9s et quels seraient les avantages nets pour les diff\u00e9rents acteurs du syst\u00e8me ?<\/p>\n<p>Seule une petite partie de la production mondiale de lait franchit les fronti\u00e8res, car il s&rsquo;agit d&rsquo;un produit volumineux et p\u00e9rissable. La plupart des exportations d\u00e9pendent de subventions, souvent dissimul\u00e9es sous la forme de soutiens indirects \u00e0 la production afin de respecter les accords commerciaux.<\/p>\n<p>Les fermi\u00e8res am\u00e9ricaines re\u00e7oivent des paiements li\u00e9s \u00e0 la loi agricole am\u00e9ricaine (US Farm Bill) qui doublent presque leur ch\u00e8que de lait. Les subventions europ\u00e9ennes assurent aux fermi\u00e8res laiti\u00e8res un revenu de base qui leur permet de survivre \u00e0 la baisse des prix \u00e0 la production. L&rsquo;exception est la Nouvelle-Z\u00e9lande, un important exportateur de produits laitiers qui ne re\u00e7oit que peu ou pas de subventions. Les co\u00fbts de production \u00e9tant les plus bas du monde (pas d&rsquo;hiver), ils peuvent \u00eatre vendus aux prix les plus bas du monde \u00e0 la sortie de l&rsquo;exploitation.<\/p>\n<p>Le d\u00e9mant\u00e8lement de la gestion de l&rsquo;offre de produits laitiers serait co\u00fbteux pour les contribuables canadiens. Pour \u00eatre comp\u00e9titifs au niveau international, nous devrions nous aligner sur les subventions massives accord\u00e9es par les \u00c9tats-Unis et les pays europ\u00e9ens. Les fermi\u00e8res laiti\u00e8res du Canada recevraient des prix plus bas pour le lait, seraient soumises \u00e0 une tarification moins transparente et auraient besoin de programmes de renflouement du gouvernement, tels qu&rsquo;Agri-stabilit\u00e9, pour continuer \u00e0 fonctionner. Ironiquement, le plan laitier du CBoC s&rsquo;inspire des secteurs d\u00e9r\u00e9glement\u00e9s du porc et du b\u0153uf, orient\u00e9s vers l&rsquo;exportation, qui non seulement n&rsquo;ont pas r\u00e9ussi \u00e0 se d\u00e9velopper, mais ont connu un d\u00e9clin constant ponctu\u00e9 de plusieurs crises au cours des quinze derni\u00e8res ann\u00e9es, parce que les fermi\u00e8res ne parviennent pas \u00e0 recouvrer leurs co\u00fbts de production.<\/p>\n<p>Le CBoC sugg\u00e8re qu&rsquo;un syst\u00e8me laitier orient\u00e9 vers l&rsquo;exportation, avec des prix \u00e0 la production plus bas, se traduirait par des prix plus bas pour les consommateurs. En r\u00e9alit\u00e9, les d\u00e9taillants facturent ce que le march\u00e9 supporte &#8211; les consommateurs n\u00e9o-z\u00e9landais paient des prix parmi les plus \u00e9lev\u00e9s pour les produits laitiers, malgr\u00e9 les faibles co\u00fbts de production de leurs fermi\u00e8res.<\/p>\n<p>Les Canadiens appr\u00e9cient la gestion de l&rsquo;offre de produits laitiers, car ils b\u00e9n\u00e9ficient d&rsquo;un approvisionnement r\u00e9gulier en produits de haute qualit\u00e9 \u00e0 un prix raisonnable. La gestion de l&rsquo;offre r\u00e9gule la production dans chaque r\u00e9gion de notre vaste territoire, afin de fournir du lait l\u00e0 o\u00f9 les consommateurs en ont besoin. Un march\u00e9 laitier non r\u00e9glement\u00e9 centraliserait la production, la transformation et la distribution, ce qui obligerait les consommateurs des r\u00e9gions \u00e9loign\u00e9es \u00e0 payer plus cher en raison des co\u00fbts de transport et de stockage.<\/p>\n<p>Les transformateurs b\u00e9n\u00e9ficient d&rsquo;un flux constant et pr\u00e9visible de lait sous gestion de l&rsquo;offre, ce qui leur permet de maximiser l&rsquo;utilisation des usines et de la main-d&rsquo;\u0153uvre, contrairement \u00e0 leurs homologues am\u00e9ricains qui doivent faire face \u00e0 des fluctuations importantes et irr\u00e9guli\u00e8res.<\/p>\n<p>Le d\u00e9mant\u00e8lement de la gestion de l&rsquo;offre de produits laitiers aiderait les entreprises affili\u00e9es au CBoC, telles que les transformateurs de produits alimentaires et les d\u00e9taillants, ainsi que les industries qui souhaitent obtenir des concessions massives dans le cadre de l&rsquo;accord commercial. Leur gain serait une perte \u00e9norme pour les citoyens canadiens et les fermiers laitiers canadiens.<\/p>\n<p><em>Tribune libre de Jan Slomp, pr\u00e9sident du site <span class=\"nfu-name-inline\"><\/span> et fermiere laiti\u00e8re de Rimbey, Alberta.  <\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Conference Board du Canada (CBoC) adh\u00e8re au mantra selon lequel \u00ab\u00a0toute croissance est bonne \u00e0 prendre\u00a0\u00bb. Leur plan visant \u00e0 modifier la gestion de l&rsquo;offre pour favoriser la croissance consiste \u00e0 affaiblir, voire \u00e0 \u00e9liminer, les trois piliers de la gestion de l&rsquo;offre pour la production laiti\u00e8re au Canada &#8211; les contr\u00f4les de la production, les droits de douane \u00e0 l&rsquo;importation et la fixation du prix du co\u00fbt de production par les fermiers &#8211; afin de produire davantage de lait, d&rsquo;en abaisser le prix et d&rsquo;augmenter les exportations. Le CBoC pr\u00e9tend \u00eatre un groupe de r\u00e9flexion ind\u00e9pendant, mais il est affili\u00e9 au Conference Board, bas\u00e9 \u00e0 New York et dirig\u00e9 par et pour des soci\u00e9t\u00e9s multinationales bas\u00e9es aux \u00c9tats-Unis.<\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_tec_requires_first_save":true,"_EventAllDay":false,"_EventTimezone":"","_EventStartDate":"","_EventEndDate":"","_EventStartDateUTC":"","_EventEndDateUTC":"","_EventShowMap":false,"_EventShowMapLink":false,"_EventURL":"","_EventCost":"","_EventCostDescription":"","_EventCurrencySymbol":"","_EventCurrencyCode":"","_EventCurrencyPosition":"","_EventDateTimeSeparator":"","_EventTimeRangeSeparator":"","_EventOrganizerID":[],"_EventVenueID":[],"_OrganizerEmail":"","_OrganizerPhone":"","_OrganizerWebsite":"","_VenueAddress":"","_VenueCity":"","_VenueCountry":"","_VenueProvince":"","_VenueState":"","_VenueZip":"","_VenuePhone":"","_VenueURL":"","_VenueStateProvince":"","_VenueLat":"","_VenueLng":"","_VenueShowMap":false,"_VenueShowMapLink":false,"_tribe_blocks_recurrence_rules":"","_tribe_blocks_recurrence_description":"","_tribe_blocks_recurrence_exclusions":"","_ecp_custom_4":"","_ecp_custom_7":"","_ecp_custom_9":"","_ecp_custom_10":"","_ecp_custom_12":"","_ecp_custom_13":"","footnotes":""},"categories":[307],"tags":[],"post_region":[],"post_campaign":[],"class_list":["post-27217","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-opinion-fr"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27217","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=27217"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27217\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=27217"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=27217"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=27217"},{"taxonomy":"post_region","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_region?post=27217"},{"taxonomy":"post_campaign","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_campaign?post=27217"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}