
{"id":26691,"date":"2019-09-11T11:49:26","date_gmt":"2019-09-11T17:49:26","guid":{"rendered":"https:\/\/www.nfu.ca\/la-via-campesina-reponse-a-laceum\/"},"modified":"2025-10-02T23:37:31","modified_gmt":"2025-10-03T05:37:31","slug":"la-via-campesina-reponse-a-laceum","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/la-via-campesina-reponse-a-laceum\/","title":{"rendered":"R\u00e9ponse de La Via Campesina \u00e0 l&rsquo;ACEUM"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/la-via-campesina-logo-square.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-6841 size-medium\" src=\"https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/la-via-campesina-logo-square-300x300.png\" alt=\"La Via Campesina-logo-carr\u00e9\" width=\"300\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/la-via-campesina-logo-square-300x300.png 300w, https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/la-via-campesina-logo-square-150x150.png 150w, https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/la-via-campesina-logo-square.png 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Le premier accord de libre-\u00e9change nord-am\u00e9ricain (ALENA, ou TLCAN) a d\u00e9vast\u00e9 les communaut\u00e9s rurales des \u00c9tats-Unis, du Canada et du Mexique. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse du d\u00e9placement des paysans au Mexique et de la migration forc\u00e9e de millions d&rsquo;entre eux vers le nord, ou de la suppression forc\u00e9e des protections commerciales pour les fermi\u00e8res familiales au Canada et aux \u00c9tats-Unis, l&rsquo;exp\u00e9rience des ann\u00e9es 1990 en mati\u00e8re de libre-\u00e9change s&rsquo;est av\u00e9r\u00e9e profitable pour les multinationales et pr\u00e9judiciable pour les travailleurs ruraux.<\/p>\n<p>En tant que groupes membres de La Via Campesina (LVC), nous nous sommes oppos\u00e9s \u00e0 l&rsquo;ALENA lors de son inauguration en 1994. Nous consid\u00e9rons sa r\u00e9vision &#8211; rebaptis\u00e9e ACEUM (ou T-MEC) &#8211; comme un nouveau manquement au respect de la dignit\u00e9 des travailleurs agricoles, des fermiers familiaux, des peuples autochtones et des communaut\u00e9s et territoires dans lesquels nous vivons. En fait, dans de nombreuses r\u00e9gions, la r\u00e9vision propos\u00e9e aggrave encore la situation des travailleurs ruraux. C&rsquo;est pourquoi les organisations membres de LVC dans les trois pays demandent \u00e0 leurs assembl\u00e9es l\u00e9gislatives respectives de voter contre l&rsquo;ACEUM dans sa forme actuelle. Le rejet de l&rsquo;actuel ACEUM est au c\u0153ur de notre lutte permanente pour la souverainet\u00e9 alimentaire.<\/p>\n<p>De nombreuses sections de l&rsquo;accord proposent des modifications de la politique commerciale qui aggraveront les crises sociales, \u00e9conomiques et environnementales auxquelles sont confront\u00e9es les communaut\u00e9s rurales d&rsquo;Am\u00e9rique du Nord. Parmi les nombreux points probl\u00e9matiques de l&rsquo;accord, citons : le fait de privil\u00e9gier les int\u00e9r\u00eats des entreprises par rapport \u00e0 ceux des ouvriers et des fermi\u00e8res ; la tentative cibl\u00e9e d&rsquo;attaquer la capacit\u00e9 du Mexique \u00e0 prot\u00e9ger ses semences ; les efforts visant \u00e0 saper les politiques publiques de soutien du Canada \u00e0 l&rsquo;agriculture \u00e0 petite \u00e9chelle ; et le manque de reconnaissance des revendications territoriales des populations indig\u00e8nes. En tant qu&rsquo;organisation r\u00e9gionale repr\u00e9sentant les groupes LVC en Am\u00e9rique du Nord, nous d\u00e9non\u00e7ons l&rsquo;accord parce qu&rsquo;il porte atteinte \u00e0 la souverainet\u00e9 alimentaire et qu&rsquo;il tente de dresser les populations rurales de chaque pays les unes contre les autres.<\/p>\n<p>L&rsquo;ouverture du march\u00e9 canadien aux exportations de produits laitiers am\u00e9ricains, propos\u00e9e par l&rsquo;accord, est un domaine o\u00f9 la politique de division est \u00e9vidente. Dans les mois qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 l&rsquo;accord, le pr\u00e9sident Trump s&rsquo;est d\u00e9cha\u00een\u00e9 contre le syst\u00e8me canadien de gestion de l&rsquo;offre, le d\u00e9non\u00e7ant pour ses protections tarifaires. Pendant ce temps, les producteurs laitiers canadiens ont effectu\u00e9 une s\u00e9rie de visites \u00e0 leurs homologues am\u00e9ricains, notamment dans le Wisconsin, qui, apr\u00e8s avoir subi des ann\u00e9es de d\u00e9r\u00e9gulation et de promotion des exportations qui ont cr\u00e9\u00e9 une surproduction et une volatilit\u00e9 des prix aux \u00c9tats-Unis, ont \u00e9cout\u00e9 avec enthousiasme les explications de leurs visiteurs sur la fa\u00e7on dont le syst\u00e8me canadien de gestion du march\u00e9 soutient plus efficacement les exploitations laiti\u00e8res familiales. Malgr\u00e9 les outils politiques clairement disponibles aux \u00c9tats-Unis pour r\u00e9soudre la crise laiti\u00e8re, les groupes d&rsquo;exportation de produits laitiers aux \u00c9tats-Unis ont fait l&rsquo;\u00e9loge de la proposition d&rsquo;ouverture des march\u00e9s canadiens comme moyen de fournir des d\u00e9bouch\u00e9s au lait am\u00e9ricain, car ce march\u00e9 \u00e9largi offre une nouvelle fronti\u00e8re aux entreprises laiti\u00e8res am\u00e9ricaines pour couper l&rsquo;herbe sous le pied des fermi\u00e8res \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle familiale. Les groupes de La Via Campesina savent que la r\u00e9alit\u00e9 est tout autre : les \u00c9tats-Unis connaissent une crise de surproduction due \u00e0 l&rsquo;absence de soutien des prix et de syst\u00e8me de quotas ; l&rsquo;exc\u00e9dent de lait am\u00e9ricain est en partie d\u00fb \u00e0 l&rsquo;importation de concentr\u00e9s de prot\u00e9ines laiti\u00e8res et d&rsquo;autres poudres de lait ; les conglom\u00e9rats agro-industriels manipulent r\u00e9guli\u00e8rement les prix, une pratique qui contribue \u00e0 la faiblesse et souvent \u00e0 la volatilit\u00e9 des revenus des agriculteurs. Bien que la gestion de l&rsquo;offre canadienne ne soit pas exempte de d\u00e9fauts, comme la difficult\u00e9 pour les nouveaux producteurs d&rsquo;acc\u00e9der au syst\u00e8me des quotas, la r\u00e9ponse aux probl\u00e8mes des \u00c9tats-Unis et du Canada n&rsquo;est pas de forcer le Canada \u00e0 ouvrir son march\u00e9 au lait am\u00e9ricain.<\/p>\n<p>La division se retrouve \u00e9galement dans le fait que le nouvel accord n&rsquo;aborde pas la nature hautement exploiteuse et la r\u00e9alit\u00e9 inhumaine du travail agricole. Aux \u00c9tats-Unis, l&rsquo;administration Trump a choisi de criminaliser le travail agricole des migrants au lieu de le respecter. Le gouvernement ne cesse d&rsquo;attiser les craintes racistes \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des immigrants, qui partagent en r\u00e9alit\u00e9 avec de nombreux citoyens des communaut\u00e9s rurales am\u00e9ricaines l&rsquo;amour de la nourriture, de l&rsquo;agriculture et de la famille. Il est vrai que le nouvel accord comprend explicitement une section sur les droits des travailleurs, ce qui n&rsquo;\u00e9tait pas le cas de l&rsquo;ALENA initial. Cependant, cette inclusion est au mieux partielle, se contentant d&rsquo;un vague int\u00e9r\u00eat de pure forme pour des probl\u00e8mes bien r\u00e9els tels que la violence et le harc\u00e8lement au travail, le vol de salaire et la r\u00e9pression des travailleurs qui tentent de se syndiquer. L&rsquo;accord r\u00e9vis\u00e9 pr\u00e9sente certains avantages pour les travailleurs, mais ne pr\u00e9voit pas de m\u00e9canismes d&rsquo;application efficaces (par exemple, un secr\u00e9tariat r\u00e9gional ind\u00e9pendant ou des exigences de certification) pour les situations o\u00f9 les droits des travailleurs sont viol\u00e9s, ce qui est chroniquement le cas, en particulier pour les travailleuses. Les nouvelles mesures de l&rsquo;ACEUM sur la violence et les travailleurs migrants risquent en fait de ne pas rem\u00e9dier aux violations des droits, laissant les travailleurs migrants vuln\u00e9rables aux abus &#8211; une situation qui peut entra\u00eener une baisse des salaires pour tout le monde dans l&rsquo;industrie alimentaire. D&rsquo;autres faiblesses subsistent dans l&rsquo;accord, notamment une faille apparente qui rendrait difficile le respect des normes internationales du travail, ainsi que l&rsquo;absence d&rsquo;interdictions concernant le recrutement abusif de main-d&rsquo;\u0153uvre.<\/p>\n<p>En outre, bien qu&rsquo;en th\u00e9orie les dispositions relatives \u00e0 la n\u00e9gociation collective soient renforc\u00e9es au Mexique, il est amplement d\u00e9montr\u00e9 que les droits de n\u00e9gociation collective des travailleurs aux \u00c9tats-Unis font l&rsquo;objet d&rsquo;attaques politiques depuis des d\u00e9cennies et qu&rsquo;ils continueront \u00e0 \u00eatre d\u00e9mantel\u00e9s dans le cadre de l&rsquo;accord propos\u00e9. Des hommes, des femmes et des enfants &#8211; des deux c\u00f4t\u00e9s de la fronti\u00e8re entre les \u00c9tats-Unis et le Mexique, en particulier au Mexique et en provenance du Mexique &#8211; sont exploit\u00e9s dans l&rsquo;agriculture, le service domestique, la garde d&rsquo;enfants, l&rsquo;exploitation mini\u00e8re, l&rsquo;industrie alimentaire, la construction et le tourisme. Les dispositions visant \u00e0 garantir la dignit\u00e9 du travail &#8211; un \u00e9l\u00e9ment central de la souverainet\u00e9 alimentaire &#8211; sont absentes de l&rsquo;accord ALENA r\u00e9vis\u00e9.<\/p>\n<p>Il y a \u00e9galement une incapacit\u00e9 totale \u00e0 mettre en \u0153uvre des politiques qui permettraient d&rsquo;offrir des salaires d\u00e9cents aux travailleurs ruraux. Cela vaut aussi bien pour les travailleurs agricoles que pour les fermi\u00e8res familiales, et ce dans les trois pays. La croyance g\u00e9n\u00e9rale selon laquelle l&rsquo;agriculture d&rsquo;exportation augmentera les revenus de tous les habitants de la campagne s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e fausse au cours des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies, alors que les fermi\u00e8res font faillite et que les ouvriers agricoles sont contraints de vivre dans des conditions inhumaines dans toute l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord.<\/p>\n<p>L&rsquo;agriculture souffre \u00e9galement de la menace que l&rsquo;accord r\u00e9vis\u00e9 fait peser sur les semences. L&rsquo;approvisionnement en ma\u00efs du Mexique a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 contamin\u00e9 par des vari\u00e9t\u00e9s g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9es provenant de multinationales am\u00e9ricaines. Le probl\u00e8me est exacerb\u00e9 par un autre accord international, l&rsquo;UPOV (Union pour la protection des obtentions v\u00e9g\u00e9tales).<\/p>\n<p>Bien que le Mexique ait sign\u00e9 ce trait\u00e9 en 1978, le gouvernement n&rsquo;a jamais accept\u00e9 la derni\u00e8re r\u00e9vision qui a \u00e9t\u00e9 ratifi\u00e9e en 1991. Dans cette nouvelle version, le trait\u00e9 promeut non seulement la privatisation des semences, mais \u00e9tablit \u00e9galement des sanctions pour les fermi\u00e8res qui conservent leurs semences entre deux r\u00e9coltes ou qui \u00e9changent des semences en dehors du march\u00e9. Le probl\u00e8me pour le Mexique vient des entreprises du Canada et des \u00c9tats-Unis qui pourraient vouloir int\u00e9grer encore davantage le march\u00e9 alimentaire nord-am\u00e9ricain et obliger le Mexique \u00e0 accepter l&rsquo;accord UPOV de 1991 et donc \u00e0 renoncer \u00e0 une part encore plus importante de sa richesse agricole paysanne. Les fermi\u00e8res familiales du Canada ont pu constater que leur droit aux semences \u00e9tait menac\u00e9 par la r\u00e9cente signature de l&rsquo;UPOV par le Canada.<\/p>\n<p>L&rsquo;ACEUM ne pr\u00e9voit plus le m\u00e9canisme de r\u00e8glement des diff\u00e9rends entre investisseurs et \u00c9tats, qui, dans l&rsquo;ALENA initial, permettait aux entreprises de poursuivre les gouvernements. Bien que beaucoup puissent consid\u00e9rer cela comme une victoire, l&rsquo;ACEUM introduit un moyen pour les entreprises d&rsquo;\u00eatre \u00e0 la table des n\u00e9gociations lorsque des r\u00e9glementations sont cr\u00e9\u00e9es. La raison en est que l&rsquo;ACEUM exige que chaque gouvernement publie des rapports annuels sur leurs changements pass\u00e9s et futurs, qui sont ensuite partag\u00e9s avec les individus des autres pays pour examen et commentaires. Ces rapports ne sont pas seulement on\u00e9reux, ils permettent \u00e9galement aux groupes de pression des entreprises d&rsquo;\u00eatre inform\u00e9s \u00e0 l&rsquo;avance et de disposer d&rsquo;informations qui pourraient les aider \u00e0 influencer l&rsquo;\u00e9laboration des r\u00e9glementations. Les entreprises disposent ainsi d&rsquo;un outil suppl\u00e9mentaire pour contester les r\u00e9glementations sur les semences, les pesticides et le d\u00e9veloppement rural. La version pr\u00e9c\u00e9dente de l&rsquo;ALENA permettait d\u00e9j\u00e0 l&rsquo;expansion du pouvoir des entreprises, par exemple lorsque Cargill a poursuivi le gouvernement mexicain &#8211; et a gagn\u00e9 &#8211; en raison des droits de douane impos\u00e9s par ce dernier sur le sirop de ma\u00efs \u00e0 haute teneur en fructose. Les groupes membres de La Via Campesina au Canada et aux \u00c9tats-Unis sont aux c\u00f4t\u00e9s des paysans mexicains dans leur opposition \u00e0 l&rsquo;augmentation du contr\u00f4le de l&rsquo;agriculture par les entreprises dans ces trois pays.<\/p>\n<p>De m\u00eame, les d\u00e9tails abondent sur la mani\u00e8re d&rsquo;ouvrir les march\u00e9s canadiens aux exportations de produits laitiers am\u00e9ricains, mais presque rien sur la mani\u00e8re de mesurer les \u00e9missions de carbone. Le changement climatique est une menace bien r\u00e9elle \u00e0 laquelle les travailleurs ruraux sont confront\u00e9s quotidiennement, car le choix des cultures, les conditions de travail, la qualit\u00e9 des sols et les conditions m\u00e9t\u00e9orologiques extr\u00eames ont un impact sur la mani\u00e8re dont nos membres produisent les aliments que nous mangeons. Le texte de l&rsquo;accord ne contient rien non plus sur la protection de la souverainet\u00e9 alimentaire des autochtones, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de permettre aux communaut\u00e9s autochtones du Canada et des \u00c9tats-Unis de faire valoir leurs droits issus de trait\u00e9s et leurs revendications territoriales, ou de soutenir publiquement les efforts visant \u00e0 faire reculer les pratiques actuelles de d\u00e9possession culturelle et mat\u00e9rielle. De tels silences laissent tout type d&rsquo;accord relatif \u00e0 l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord intrins\u00e8quement incomplet.<\/p>\n<p>Pour ces raisons, l&rsquo;ACEUM dans sa forme actuelle doit \u00eatre rejet\u00e9. Elle divise les travailleurs ruraux &#8211; qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de travailleurs agricoles, d&rsquo;autochtones ou d&rsquo;agriculteurs familiaux &#8211; plus qu&rsquo;elle ne nous rassemble pour faire face aux menaces tr\u00e8s r\u00e9elles auxquelles nous sommes confront\u00e9s. Chaque jour, ces menaces ravagent nos peuples par le biais de saisies agricoles, de pratiques d&rsquo;immigration violentes et brutales ou de d\u00e9possession territoriale. Nos dirigeants \u00e9lus &#8211; qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;Obrador au Mexique, de Trudeau au Canada ou de Trump aux \u00c9tats-Unis &#8211; ont d\u00e9j\u00e0 d\u00e9clar\u00e9 leur soutien \u00e0 l&rsquo;ACEUM et donnent donc explicitement la priorit\u00e9 \u00e0 leur carri\u00e8re politique et aux int\u00e9r\u00eats des entreprises plut\u00f4t qu&rsquo;aux besoins des communaut\u00e9s rurales en mati\u00e8re de sant\u00e9 et de moyens de subsistance. D&rsquo;apr\u00e8s notre analyse, qui est enracin\u00e9e dans les exp\u00e9riences v\u00e9cues par nos membres dans les communaut\u00e9s rurales qui sont en premi\u00e8re ligne de la bataille sur le libre-\u00e9change, nous proposons que les trois pays rejettent l&rsquo;ACEUM. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en rejetant l&rsquo;accord r\u00e9vis\u00e9 que nous pourrons travailler ensemble \u00e0 la souverainet\u00e9 alimentaire en Am\u00e9rique du Nord. Il est temps que les citoyens de nos pays d\u00e9cident de quel c\u00f4t\u00e9 ils se placent : du c\u00f4t\u00e9 des entreprises, qui chassent le profit, ou de celui des communaut\u00e9s rurales qui nous nourrissent tous.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">&#8211; 30-<\/p>\n<p><em>La Nationale des Fermiers est un membre fondateur de La Via Campesina (LVC). Pour plus d&rsquo;informations, veuillez contacter <a href=\"jbrady@hay.net\">Joan Brady<\/a>, coordinatrice de LVC North America.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le premier accord de libre-\u00e9change nord-am\u00e9ricain (ALENA, ou TLCAN) a d\u00e9vast\u00e9 les communaut\u00e9s rurales des \u00c9tats-Unis, du Canada et du Mexique. 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