
{"id":31139,"date":"2017-10-05T20:13:10","date_gmt":"2017-10-06T02:13:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.nfu.ca\/policy\/unf-memoire-sur-la-politique-alimentaire-pour-le-canada\/"},"modified":"2017-10-05T20:13:10","modified_gmt":"2017-10-06T02:13:10","slug":"unf-memoire-sur-la-politique-alimentaire-pour-le-canada","status":"publish","type":"policy","link":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/policy\/unf-memoire-sur-la-politique-alimentaire-pour-le-canada\/","title":{"rendered":"UNF m\u00e9moire sur la Politique alimentaire pour le Canada"},"content":{"rendered":"<p>L&rsquo;Union nationale des fermiers (UNF) se r\u00e9jouit d&rsquo;avoir l&rsquo;occasion de pr\u00e9senter au Comit\u00e9 ses perspectives sur une politique alimentaire pour le Canada. L&rsquo;UNF est une organisation agricole nationale, b\u00e9n\u00e9vole, \u00e0 adh\u00e9sion directe et non partisane qui regroupe des milliers de familles d&rsquo;agriculteurs de partout au Canada ; ces familles produisent diverses denr\u00e9es agricoles, notamment des c\u00e9r\u00e9ales, du b\u00e9tail, des fruits et des l\u00e9gumes. Fond\u00e9e en 1969, l&rsquo;UNF plaide pour l&rsquo;adoption de politiques \u00e9conomiques et sociales qui r\u00e9alisent la souverainet\u00e9 alimentaire au Canada. La souverainet\u00e9 alimentaire est le droit des peuples \u00e0 une alimentation saine, dans le respect de leurs cultures, produite \u00e0 l&rsquo;aide de m\u00e9thodes durables et respectueuses de l&rsquo;environnement, ainsi que leur droit \u00e0 d\u00e9finir leurs propres syst\u00e8mes alimentaire et agricole. L&rsquo;UNF joue un r\u00f4le de chef de file en pr\u00e9sentant clairement les int\u00e9r\u00eats des fermes familiales du Canada, en analysant la crise du revenu agricole et en proposant des solutions abordables, \u00e9quilibr\u00e9es et novatrices qui b\u00e9n\u00e9ficient \u00e0 tous les citoyens. L&rsquo;UNF \u00e9labore ses positions en mati\u00e8re de politiques par un processus d\u00e9mocratique dans des conventions r\u00e9gionales et nationales. Lors de sa nomination, le ministre de l&rsquo;Agriculture et de l&rsquo;Agroalimentaire, Laurence MacAulay, a re\u00e7u le mandat suivant : \u00a0\u00bb \u00c9laborer une politique alimentaire qui fait la promotion d&rsquo;un mode de vie sain et de la salubrit\u00e9 des aliments en mettant sur la table des familles du pays un plus grand nombre d&rsquo;aliments sains de grande qualit\u00e9 produits par les agriculteurs et les \u00e9leveurs canadiens. \u00ab\u00a0Le processus d&rsquo;\u00e9laboration d&rsquo;une politique alimentaire nationale a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 aux fins d&rsquo;accro\u00eetre l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 une nourriture abordable, d&rsquo;am\u00e9liorer l&rsquo;alimentation et la salubrit\u00e9 des aliments, de conserver notre sol, notre eau et notre air et de produire davantage d&rsquo;aliments de haute qualit\u00e9. Le secr\u00e9taire parlementaire du ministre de l&rsquo;Agriculture et de l&rsquo;Agroalimentaire, Jean-Claude Poissant, a d\u00e9clar\u00e9 que le gouvernement veut \u00a0\u00bb [&#8230;] \u00e9tablir une politique alimentaire qui refl\u00e8te la richesse et la diversit\u00e9 de notre pays \u00ab\u00a0. Le processus de la politique alimentaire pour le Canada fait intervenir \u00e9galement les minist\u00e8res de la Sant\u00e9, de l&rsquo;Environnement et du D\u00e9veloppement social. Le processus d&rsquo;\u00e9laboration de la politique alimentaire est vaste et aura des incidences d&rsquo;une grande port\u00e9e. Cependant, ses buts peuvent donner lieu \u00e0 une interpr\u00e9tation large. Selon la fa\u00e7on dont ces buts sont compris, une politique alimentaire nationale r\u00e9ussie pourrait \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e par une transformation des syst\u00e8mes de l&rsquo;agriculture, du traitement des aliments et de la distribution en un syst\u00e8me qui assure la souverainet\u00e9 alimentaire. Le projet de loi :    <\/p>\n<ul>\n<li style=\"list-style-type: none;\">\n<ul>\n<li>accorderait la priorit\u00e9 au service de notre march\u00e9 national ;<\/li>\n<li>ferait en sorte que nos agriculteurs puissent avoir des revenus justes leur permettant de demeurer sur leurs fermes, de transmettre leurs fermes \u00e0 la prochaine g\u00e9n\u00e9ration et de contribuer au tissu \u00e9conomique et social de leurs collectivit\u00e9s ;<\/li>\n<li>appuierait la prochaine g\u00e9n\u00e9ration de producteurs alimentaires, dans le secteur agricole ou dans un autre secteur ;<\/li>\n<li>entra\u00eenerait une \u00e9volution vers des m\u00e9thodes de production favorables au climat, utilisant moins d&rsquo;intrants bas\u00e9s sur les \u00e9nergies fossiles et qui construisent le carbone du sol et la biodiversit\u00e9 sur la ferme ;<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>maintiendrait une capacit\u00e9 de traitement \u00e9chelonn\u00e9 convenablement en place dans<\/p>\n<ul>\n<li>l&rsquo;ensemble du pays pour servir les producteurs et les consommateurs par l&rsquo;interm\u00e9diaire des march\u00e9s locaux et r\u00e9gionaux ;<\/li>\n<li>garantirait que des institutions telles que la Commission canadienne des grains et le syst\u00e8me de gestion de l&rsquo;offre continuent de fonctionner dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat des producteurs ;<\/li>\n<li>r\u00e9instaurerait des agences de vente \u00e0 guichet unique pour le bl\u00e9 et les porcs et permettrait un marketing \u00e0 guichet unique d&rsquo;autres marchandises ;<\/li>\n<li>cr\u00e9erait de l&rsquo;espace pour que les agriculteurs et les consommateurs \u00e9tablissent de nouvelles institutions pour prot\u00e9ger les int\u00e9r\u00eats des agriculteurs, des travailleurs et des consommateurs ;<\/li>\n<\/ul>\n<p>Une telle transformation exigera que le Canada s&rsquo;\u00e9loigne du programme global du \u00a0\u00bb libre-\u00e9change \u00a0\u00bb qui n&rsquo;a ni apport\u00e9 la prosp\u00e9rit\u00e9 aux agriculteurs ni entra\u00een\u00e9 un meilleur niveau de vie pour les consommateurs, mais a concentr\u00e9 le pouvoir et la prosp\u00e9rit\u00e9 des soci\u00e9t\u00e9s multinationales et r\u00e9duit l&rsquo;espace d\u00e9mocratique permettant aux gouvernements \u00e9lus de limiter leur croissance et leur influence.<\/p>\n<h3>Notre politique alimentaire nationale comprend les agriculteurs !<\/h3>\n<p><a href=\"https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/nfu-policy-age-moyen.jpg\" rel=\"lightbox\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-812 size-medium\" src=\"https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/nfu-policy-age-moyen-300x234.jpg\" alt=\"Age moyen d'agriculteurs\" width=\"300\" height=\"234\" srcset=\"https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/nfu-policy-age-moyen-300x234.jpg 300w, https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/nfu-policy-age-moyen.jpg 761w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Historiquement, la rel\u00e8ve des cultivateurs s&rsquo;est faite par le transfert interg\u00e9n\u00e9rationnel de connaissances, de culture, des actifs et de la terre de la ferme familiale. Mais au Canada ce syst\u00e8me n&rsquo;a plus cours. Dans les ann\u00e9es 1930, un Canadien sur trois travaillait dans la production alimentaire. Aujourd&rsquo;hui, les agriculteurs repr\u00e9sentent seulement 1,6 % de la population canadienne. Le nombre de fermes a baiss\u00e9 et la taille moyenne des fermes a diminu\u00e9.    <\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/nfu-policy-nombre-de-moins-35.jpg\" rel=\"lightbox\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-811 size-medium\" src=\"https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/nfu-policy-nombre-de-moins-35-300x251.jpg\" alt=\"Nombre total d'agriculteurs de monde de 35 ans\" width=\"300\" height=\"251\" srcset=\"https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/nfu-policy-nombre-de-moins-35-300x251.jpg 300w, https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/nfu-policy-nombre-de-moins-35.jpg 762w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>Que ce soit volontairement, ou parce qu&rsquo;ils n&rsquo;avaient pas le choix, des g\u00e9n\u00e9rations de jeunes ont quitt\u00e9 les fermes canadiennes et les collectivit\u00e9s rurales pour profiter de meilleures possibilit\u00e9s \u00e9conomiques dans les villes. Avec la d\u00e9population rurale, le tissu social rural s&rsquo;est effiloch\u00e9, puisqu&rsquo;il reste moins de gens pour s&rsquo;occuper des besoins des collectivit\u00e9s. L&rsquo;\u00e2ge moyen des agriculteurs est maintenant de 55 ans, le nombre d&rsquo;agriculteurs de moins de 35 ans a baiss\u00e9 de 70 % depuis 1990. Selon les donn\u00e9es, 75 % des agriculteurs n&rsquo;ont personne pour prendre la rel\u00e8ve \u00e0 leur retraite ; seulement 8 % ont mis un plan de rel\u00e8ve par \u00e9crit. La baisse de la rentabilit\u00e9 a entra\u00een\u00e9 la crise actuelle du transfert interg\u00e9n\u00e9rationnel. Il est devenu de plus en plus difficile de gagner sa vie en pratiquant l&rsquo;agriculture. Comme le d\u00e9montre Darrin Qualman (voir encadr\u00e9), cela est d\u00fb \u00e0 une augmentation massive de la capacit\u00e9 des entreprises agroalimentaires d&rsquo;extraire des richesses des agriculteurs. Depuis la fin de la Grande Crise des ann\u00e9es 1930, la valeur des produits agricoles, repr\u00e9sent\u00e9e par les recettes agricoles brutes, a augment\u00e9 pendant que la part que les agriculteurs poss\u00e8dent de cette valeur (revenus agricoles nets r\u00e9alis\u00e9s dans les march\u00e9s) a diminu\u00e9 &#8211; m\u00eame si les rendements ont augment\u00e9 consid\u00e9rablement.   <\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/nfu-policy-qualman-fr.jpg\" rel=\"lightbox\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-810 size-medium\" src=\"https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/nfu-policy-qualman-fr-300x278.jpg\" alt=\"Qualman - fran\u00e7ais\" width=\"300\" height=\"278\" srcset=\"https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/nfu-policy-qualman-fr-300x278.jpg 300w, https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/nfu-policy-qualman-fr.jpg 469w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a>\u00a0\u00bb Malgr\u00e9 les efforts d\u00e9ploy\u00e9s par les agriculteurs pour maintenir leur pouvoir sur le march\u00e9, au cours de la p\u00e9riode de 32 ans entre 1985 et 2016 inclusivement, les soci\u00e9t\u00e9s agroalimentaires ont per\u00e7u 98 % des revenus des agriculteurs &#8211; 1,32 milliard sur 1,35 milliard de dollars. Ces soci\u00e9t\u00e9s transnationales qui dominent le march\u00e9 mondial se sont faites les premi\u00e8res b\u00e9n\u00e9ficiaires des immenses richesses alimentaires produites sur les fermes canadiennes. Ces compagnies ont extrait presque toute la valeur de la \u00ab\u00a0cha\u00eene de valeur\u00a0\u00bb. Elles ont laiss\u00e9 le soin aux contribuables canadiens de combler les manques des revenus des agriculteurs &#8211; environ 100 milliards de dollars ont \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9s aux agriculteurs depuis 1985. Et ils ont laiss\u00e9 les agriculteurs emprunter le reste. La dette des agriculteurs s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve maintenant au niveau record de pr\u00e8s de 100 milliards de dollars. L&rsquo;extraction massive de richesses op\u00e9r\u00e9e par certaines des entreprises les plus puissantes est la cause d&rsquo;une crise permanente des revenus agricoles. \u00a0\u00bb  [TRADUCTION]  (Qualman, http:\/\/www.darrinqualman.com\/canadian-net-farm-income\/) Si une politique alimentaire nationale veut r\u00e9aliser les buts qu&rsquo;elle s&rsquo;est fix\u00e9e, elle doit limiter le pouvoir des entreprises dans le syst\u00e8me alimentaire et soutenir explicitement la prochaine g\u00e9n\u00e9ration de producteurs de denr\u00e9es alimentaires. Milliards de dollars (chiffre ajust\u00e9 en fonction de l&rsquo;inflation) Notre recherche montre qu&rsquo;un nombre croissant de nouveaux venus en agriculture viennent de milieux non agricoles. Ils lancent des entreprises dans la production \u00e9cologique, \u00e0 \u00e9chelle r\u00e9duite, de l\u00e9gumes et de b\u00e9tail, vraisemblablement parce qu&rsquo;il est prohibitif de d\u00e9marrer une entreprise agricole qui exige des investissements financiers \u00e9normes en acquisition de terres, d&rsquo;\u00e9quipement et d&rsquo;infrastructure. La plupart de ces nouveaux agriculteurs pratiquent le marketing direct &#8211; vendant directement aux consommateurs dans leurs collectivit\u00e9s locales. Une politique alimentaire nationale qui fournit le cadre \u00e9conomique et r\u00e9glementaire o\u00f9 le marketing local direct peut prosp\u00e9rer fera en sorte que ces nouveaux agriculteurs &#8211; et d&rsquo;autres comme eux &#8211; seront en mesure d&rsquo;assurer la subsistance de leurs familles et un niveau de vie d\u00e9cent en produisant des denr\u00e9es alimentaires pour leurs collectivit\u00e9s. En soutenant les nouveaux agriculteurs venant de milieux divers et qui font leur entr\u00e9e dans tous les secteurs de l&rsquo;agriculture, nous pouvons cr\u00e9er un syst\u00e8me alimentaire plus r\u00e9silient et plus juste.<\/p>\n<h3>Une politique alimentaire nationale ou un conseil consultatif sur la croissance \u00e9conomique ?<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9laboration d&rsquo;une politique alimentaire nationale a le potentiel de r\u00e9soudre ou d&rsquo;aggraver les contradictions au sein du syst\u00e8me alimentaire du Canada. Il y a l\u00e0 une occasion de faire progresser le syst\u00e8me alimentaire du Canada vers un syst\u00e8me qui sert mieux les Canadiens et cr\u00e9e un fondement pour de meilleures relations internationales. Tout se joue dans les d\u00e9tails ! Par exemple, nous sommes conscients que dans une initiative s\u00e9par\u00e9e, le ministre des Finances a \u00e9tabli un Conseil consultatif en mati\u00e8re de croissance \u00e9conomique. Le ministre Morneau a annonc\u00e9 la cr\u00e9ation du Conseil en d\u00e9cembre 2015, en pr\u00e9cisant que le mandat du conseil serait d&rsquo;aider le gouvernement \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir aux meilleurs moyens d&rsquo;affronter ses d\u00e9fis \u00e9conomiques \u00e0 long terme. Le Conseil est dirig\u00e9 par Dominic Barton, un cadre sup\u00e9rieur d&rsquo;une entreprise multinationale de conseillers qui a pass\u00e9 une grande partie de sa carri\u00e8re \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, dans les domaines des banques, des biens de consommation, de la haute technologie et des affaires industrielles. Le deuxi\u00e8me rapport du Conseil (f\u00e9vrier 2017) portait sur l&rsquo;agriculture, et exprimait une vision incompatible avec les buts d&rsquo;une politique alimentaire nationale. Le rapport \u00e9tait centr\u00e9 uniquement sur les augmentations massives des exportations agricoles. Les recommandations de Barton laissaient de c\u00f4t\u00e9 les agriculteurs, les consommateurs et les travailleurs du secteur alimentaire, ainsi que le processus d\u00e9mocratique qui d\u00e9finit les r\u00e8gles et les r\u00e8glements qui r\u00e9gissent notre syst\u00e8me alimentaire. Barton accorderait plut\u00f4t le r\u00f4le primordial dans l&rsquo;\u00e9tablissement des politiques aux grandes entreprises de l&rsquo;agroalimentaire. Le plan d&rsquo;innovation et de comp\u00e9tences du budget de 2017 \u00e9tablit l&rsquo;objectif de porter les exportations agroalimentaires du Canada \u00e0 au moins 75 milliards de dollars annuellement d&rsquo;ici 2025. En 2016, nos exportations \u00e9taient de pr\u00e8s de 56 milliards de dollars. En sept ans seulement le gouvernement veut donc exporter 33 % de plus que notre niveau d&rsquo;exportation actuel. Qu&rsquo;est-ce qui arrivera en 2016 une fois atteints ces objectifs ? Est-ce que le niveau des exportations sera jamais assez \u00e9lev\u00e9 ? Pourquoi le gouvernement continue-t-il de poursuivre des politiques agricoles orient\u00e9es vers les exportations pour soutenir les profits massifs des soci\u00e9t\u00e9s transnationales aux d\u00e9pens des agriculteurs et des consommateurs canadiens ?  <\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/nfu-policy-changement-exp-imp.jpg\" rel=\"lightbox\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-813 size-medium\" src=\"https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/nfu-policy-changement-exp-imp-261x300.jpg\" alt=\"importations 1988-2016\" width=\"261\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/nfu-policy-changement-exp-imp-261x300.jpg 261w, https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/nfu-policy-changement-exp-imp.jpg 759w\" sizes=\"auto, (max-width: 261px) 100vw, 261px\" \/><\/a>Une vision \u00e9troite pr\u00e9vaut &#8211; en se concentrant intens\u00e9ment sur les exportations agroalimentaires, les promoteurs du libre-\u00e9change semblent \u00eatre aveugles \u00e0 l&rsquo;aspect importations. Nous avons d\u00e9termin\u00e9 que depuis l&rsquo;entr\u00e9e en vigueur du premier accord de libre-\u00e9change canado-am\u00e9ricain, les importations agroalimentaires du Canada ont augment\u00e9 plus vite que nos exportations. En m\u00eame temps, la propri\u00e9t\u00e9 canadienne de nos principaux secteurs de l&rsquo;agriculture et du traitement des aliments a d\u00e9clin\u00e9 rapidement, et, dans certains domaines, tels que le boeuf et l&rsquo;orge brassicole, elle a disparu tout \u00e0 fait. Depuis 1988, une ferme sur cinq a disparu, les co\u00fbts des intrants agricoles ont augment\u00e9 et les prix des biens de consommation ajust\u00e9s au niveau de l&rsquo;inflation ont chut\u00e9, et la part que touche l&rsquo;agriculteur dans chaque dollar d\u00e9pens\u00e9 par le consommateur \u00e0 l&rsquo;\u00e9picerie a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duite.   <\/p>\n<div class=\"aside alignleft\">\n<p><b>Une politique alimentaire canadienne<\/b> fond\u00e9e sur la souverainet\u00e9 alimentaire ferait la promotion d&rsquo;un mode<\/p>\n<ul>\n<li>de vie sain et de la salubrit\u00e9 des aliments en mettant sur la table des familles du pays un plus grand nombre d&rsquo;aliments sains de grande qualit\u00e9 produits par les agriculteurs et les \u00e9leveurs canadiens dans l&rsquo;ensemble du<br \/>\npays, par les moyens suivants<\/li>\n<li>d\u00e9velopper des march\u00e9s int\u00e9rieurs et des syst\u00e8mes de distribution localis\u00e9s avec des cha\u00eenes de distribution directes, \u00e9quitables et transparentes ;<\/li>\n<li>sauvegarder le pouvoir des agriculteurs dans les march\u00e9s des biens de consommation en conservant int\u00e9gralement les conseils de gestion de l&rsquo;offre et de<br \/>\nmarketing contr\u00f4l\u00e9 par les agriculteurs ;<\/li>\n<li>offrir des incitatifs et un soutien pour les pratiques de gestion des terres qui maintiennent la productivit\u00e9 des terres \u00e0 long terme ;<\/li>\n<li>\u00e9tablir une strat\u00e9gie nationale de rel\u00e8ve agricole qui ne s&rsquo;appuie pas seulement sur les emprunts et les paiements d&rsquo;int\u00e9r\u00eats ;<\/li>\n<li>restreindre les transferts des fermes aux soci\u00e9t\u00e9s d&rsquo;investissement etlou \u00e0 des fins non agricoles ;<\/li>\n<li>remanier le mandat de Financement agricole Canada pour soutenir la souverainet\u00e9 alimentaire et offrir du financement \u00e0 une plus grande diversit\u00e9<br \/>\nd&rsquo;exploitations agricoles ;<\/li>\n<li>cr\u00e9er un programme d&rsquo;\u00e9tudes essentiel en alimentation et en agriculture non parrain\u00e9 par une grande soci\u00e9t\u00e9 ;<\/li>\n<li>cr\u00e9er des programmes de formation et de soutien \u00e0 l&#8217;emploi pour que les agriculteurs emploient et forment des travailleurs et des apprentis ;<\/li>\n<li>\u00e9tablir des liens avec des mesures de r\u00e9duction de la pauvret\u00e9 telles que le revenu de base garanti qui sont avantageuses directement et indirectement<br \/>\npour les agriculteurs en permettant aux consommateurs de s&rsquo;offrir des aliments sains ;<\/li>\n<li>retirer l&rsquo;agriculture et l&rsquo;alimentation des accords commerciaux de sorte que ce soit les Canadiens, et non les grandes soci\u00e9t\u00e9s, qui prennent les d\u00e9cisions<br \/>\nimportantes concernant les relations commerciales, le marketing international sur les biens de consommation et les r\u00e8glements dont nous avons<br \/>\nbesoin pour prot\u00e9ger notre air, notre eau, nos aliments, notre biodiversit\u00e9 et notre contr\u00f4le sur les semences.<\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n<p>Les Canadiens consomment plus d&rsquo;aliments non cultiv\u00e9s ou \u00e9lev\u00e9s par des agriculteurs canadiens ; des aliments qui ne sont pas trait\u00e9s par des travailleurs canadiens. Nous exportons des volumes \u00e9lev\u00e9s de biens en vrac, \u00e0 bas prix, tels que le canola, le bl\u00e9, le soja et les lentilles et nous importons des aliments pr\u00e9par\u00e9s de haute valeur, des produits de boulangerie, du vin, des fruits et des l\u00e9gumes. Notre syst\u00e8me alimentaire, en plus de devenir plus d\u00e9pendant envers les exportations, perd sa diversit\u00e9 et sa complexit\u00e9. Le rapport Barton presse le Canada d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer les exportations alimentaires en augmentant les \u00e9chelles, en r\u00e9duisant les r\u00e8glements et en automatisant la production. Si ses conseils sont mis en pratique, nous aurons encore moins d&rsquo;agriculteurs, un niveau plus \u00e9lev\u00e9 d&rsquo;\u00e9missions de gaz \u00e0 effets de serre produits par l&rsquo;agriculture et moins de protection pour notre sol, notre air et notre eau. L&rsquo;augmentation de l&rsquo;\u00e9chelle des installations de traitement signifie un accroissement des distances entre la ferme et l&rsquo;usine &#8211; ou une concentration de la production pr\u00e8s des installations de traitement &#8211; et des cha\u00eenes de distribution plus longues pour apporter les aliments aux consommateurs. L&rsquo;augmentation de l&rsquo;\u00e9chelle entra\u00eenerait \u00e9galement une standardisation accrue, la monotonie de notre syst\u00e8me alimentaire, le rendant plus fragile devant les pressions in\u00e9vitables de l&rsquo;\u00e9conomie et du climat. L&rsquo;infrastructure m\u00eame qui serait n\u00e9cessaire pour surdimensionner nos exportations cr\u00e9erait des barrages pour le d\u00e9veloppement du syst\u00e8me alimentaire plus localis\u00e9 que veulent les Canadiens. L&rsquo;aspect le plus r\u00e9pugnant peut-\u00eatre du rapport Barton est sa recommandation que la transformation du syst\u00e8me agroalimentaire canadien devrait \u00eatre dirig\u00e9e par les cadres sup\u00e9rieurs des grandes soci\u00e9t\u00e9s. Il sugg\u00e8re que les universitaires pourraient avoir un r\u00f4le \u00e0 jouer, et mentionne \u00e0 peine la participation du gouvernement. Les agriculteurs, sugg\u00e8re le rapport, peuvent \u00eatre disciplin\u00e9s avec des programmes de soutien du revenu qui limitent l&rsquo;admissibilit\u00e9 selon la productivit\u00e9 de la ferme, telle que rapport\u00e9e par de grands syst\u00e8mes de donn\u00e9es. Cette vision ne pr\u00e9voit pas que les agriculteurs, les consommateurs et les travailleurs soient des d\u00e9cideurs. Il s&rsquo;agit en fait d&rsquo;un plan favorisant l&#8217;empire commercial. Notre question est la suivante : quel processus &#8211; la politique alimentaire nationale pour le Canada ou le conseil consultatif sur la croissance \u00e9conomique &#8211; l&#8217;emportera ?  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le m\u00e9moire de l&rsquo;UNF pr\u00e9sent\u00e9 au Comit\u00e9 permanent de l&rsquo;agriculture et de l&rsquo;agroalimentaire de la Chambre des communes favorise l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;une politique alimentaire pour le Canada pourrait donner naissance \u00e0 une vision holistique de l&rsquo;alimentation et de l&rsquo;agriculture qui transformerait l&rsquo;agriculture, le traitement des aliments et le syst\u00e8me de distribution du Canada en un seul rend la souverainet\u00e9 alimentaire une r\u00e9alit\u00e9 si le gouvernement d\u00e9cide de commencer \u00e0 construire un syst\u00e8me alimentaire qui profite aux agriculteurs et aux consommateurs canadiens au lieu d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer son chemin actuel qui a seulement concentr\u00e9 le pouvoir et la richesse des soci\u00e9t\u00e9s multinationales et r\u00e9duit l&rsquo;espace d\u00e9mocratique pour les gouvernements \u00e9lus.  <\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_tec_requires_first_save":true,"_EventAllDay":false,"_EventTimezone":"","_EventStartDate":"","_EventEndDate":"","_EventStartDateUTC":"","_EventEndDateUTC":"","_EventShowMap":false,"_EventShowMapLink":false,"_EventURL":"","_EventCost":"","_EventCostDescription":"","_EventCurrencySymbol":"","_EventCurrencyCode":"","_EventCurrencyPosition":"","_EventDateTimeSeparator":"","_EventTimeRangeSeparator":"","_EventOrganizerID":[],"_EventVenueID":[],"_OrganizerEmail":"","_OrganizerPhone":"","_OrganizerWebsite":"","_VenueAddress":"","_VenueCity":"","_VenueCountry":"","_VenueProvince":"","_VenueState":"","_VenueZip":"","_VenuePhone":"","_VenueURL":"","_VenueStateProvince":"","_VenueLat":"","_VenueLng":"","_VenueShowMap":false,"_VenueShowMapLink":false,"_tribe_blocks_recurrence_rules":"","_tribe_blocks_recurrence_description":"","_tribe_blocks_recurrence_exclusions":"","_ecp_custom_4":"","_ecp_custom_7":"","_ecp_custom_9":"","_ecp_custom_10":"","_ecp_custom_12":"","_ecp_custom_13":""},"tags":[373,374,387,394,384,393,379,380],"policy_types":[308],"post_region":[],"post_campaign":[],"archive-year":[491],"class_list":["post-31139","policy","type-policy","status-publish","hentry","tag-agroalimentaire","tag-agroecologie","tag-communaute-rurale","tag-consultation-publique","tag-nouveaux-fermiers","tag-parlementaire","tag-revenu-agricole","tag-souverainete-alimentaire","policy_types-bref-unf","archive-year-2017-fr"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/policy\/31139","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/policy"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/policy"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=31139"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=31139"},{"taxonomy":"policy_types","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/policy_types?post=31139"},{"taxonomy":"post_region","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_region?post=31139"},{"taxonomy":"post_campaign","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_campaign?post=31139"},{"taxonomy":"archive-year","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/archive-year?post=31139"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}