
{"id":27674,"date":"2014-10-08T22:52:05","date_gmt":"2014-10-09T04:52:05","guid":{"rendered":"https:\/\/www.nfu.ca\/policy\/unf-brief-regarding-bill-c-18-the-agricultural-growth-act\/"},"modified":"2014-10-08T22:52:05","modified_gmt":"2014-10-09T04:52:05","slug":"unf-brief-regarding-bill-c-18-the-agricultural-growth-act","status":"publish","type":"policy","link":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/policy\/unf-brief-regarding-bill-c-18-the-agricultural-growth-act\/","title":{"rendered":"M\u00e9moire de l&rsquo;UNF concernant le projet de loi C-18, la Loi sur la croissance agricole"},"content":{"rendered":"<p>Pr\u00e9sentation de la  <strong><span class=\"nfu-name-inline\"><\/span> <\/strong>\u00e0 la<\/p>\n<p><strong>Comit\u00e9 permanent de l&rsquo;agriculture et de l&rsquo;agroalimentaire de la Chambre des communes<\/strong><\/p>\n<p>concernant le <strong>projet de loi C-18,<\/strong> la <strong> <em>loi sur la croissance agricole<\/em><\/strong><\/p>\n<p>9 octobre 2014<\/p>\n<p><span class=\"nfu-name-inline\">The <\/span>  (<span class=\"nfu-acronym-en\"><\/span>) se r\u00e9jouit de l&rsquo;occasion qui lui est donn\u00e9e de pr\u00e9senter son point de vue sur le projet de loi C-18, la <em>Loi sur la croissance agricole<\/em>, au Comit\u00e9 permanent de l&rsquo;agriculture et de l&rsquo;agroalimentaire de la Chambre des communes.<\/p>\n<p>Le site <span class=\"nfu-acronym-en\"><\/span> est une organisation agricole nationale non partisane \u00e0 adh\u00e9sion directe et volontaire. Fond\u00e9e en 1969, et avec des racines qui remontent \u00e0 plus d&rsquo;un si\u00e8cle, l&rsquo;association <span class=\"nfu-acronym-en\"><\/span> repr\u00e9sente des milliers de familles d&rsquo;agriculteurs pour tous les produits de base et d&rsquo;un oc\u00e9an \u00e0 l&rsquo;autre. Le site <span class=\"nfu-acronym-en\"><\/span> travaille \u00e0 l&rsquo;\u00e9laboration de politiques \u00e9conomiques et sociales qui permettront aux petites et moyennes exploitations agricoles familiales de rester les principaux producteurs de denr\u00e9es alimentaires au Canada. Le site <span class=\"nfu-acronym-en\"><\/span> estime que l&rsquo;agriculture doit \u00eatre \u00e9conomiquement, socialement et \u00e9cologiquement durable et que la production alimentaire doit conduire \u00e0 une alimentation saine pour les personnes, \u00e0 des sols enrichis, \u00e0 un paysage plus beau, \u00e0 des emplois pour les non-agriculteurs, \u00e0 des communaut\u00e9s rurales prosp\u00e8res et \u00e0 des \u00e9cosyst\u00e8mes naturels biodiversifi\u00e9s. Le <span class=\"nfu-acronym-en\"><\/span> est un chef de file dans l&rsquo;expression des int\u00e9r\u00eats des fermes familiales du Canada, dans l&rsquo;analyse de la crise du revenu agricole et dans la proposition de solutions abordables, \u00e9quilibr\u00e9es et novatrices qui profitent \u00e0 tous les citoyens. Les positions politiques du <span class=\"nfu-acronym-en\"><\/span> sont \u00e9labor\u00e9es au moyen d&rsquo;un processus d\u00e9mocratique par le biais de d\u00e9bats et de votes sur des r\u00e9solutions lors de congr\u00e8s r\u00e9gionaux et nationaux, comme le pr\u00e9voit notre Constitution.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sum\u00e9 des pr\u00e9occupations concernant le projet de loi<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;analyse minutieuse du projet de loi C-18, la \u00ab\u00a0<em>Loi sur la croissance de l&rsquo;agriculture<\/em>\u00ab\u00a0, r\u00e9alis\u00e9e par le site <span class=\"nfu-acronym-en\"><\/span>, conclut qu&rsquo;il ne faut pas l&rsquo;adopter parce qu&rsquo;elle augmenterait les co\u00fbts des fermi\u00e8res, r\u00e9duirait leur autonomie et compromettrait la souverainet\u00e9 canadienne tout en augmentant consid\u00e9rablement les revenus et en donnant plus de pouvoir et de contr\u00f4le aux multinationales de l&rsquo;agro-industrie.<\/p>\n<p>Le projet de loi C-18 est un projet de loi omnibus. Ses 108 pages modifient neuf lois : la <em>loi sur la protection des obtentions v\u00e9g\u00e9tales<\/em>, la <em>loi sur les aliments pour animaux<\/em>, la loi sur les <em>engrais,<\/em> la loi sur <em>les semences<\/em>, la loi sur la <em>sant\u00e9 des animaux<\/em>, la <em>loi sur la protection des v\u00e9g\u00e9taux<\/em>, la <em>loi sur les sanctions administratives p\u00e9cuniaires en mati\u00e8re d&rsquo;agriculture et d&rsquo;agroalimentaire<\/em>, la <em>loi sur les programmes de commercialisation des produits agricoles<\/em> et la <em>loi sur la m\u00e9diation en mati\u00e8re d&rsquo;endettement agricole<\/em>. Le projet de loi a des implications consid\u00e9rables qui ne peuvent \u00eatre pleinement d\u00e9battues dans le temps limit\u00e9 qui nous est imparti. Plusieurs mesures tr\u00e8s controvers\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 incorpor\u00e9es dans ce projet de loi, y compris, mais sans s&rsquo;y limiter, les modifications propos\u00e9es \u00e0 la <em>loi sur la protection des obtentions v\u00e9g\u00e9tales<\/em>.<\/p>\n<p>Au lieu d&rsquo;introduire un projet de loi omnibus, le gouvernement aurait d\u00fb introduire des amendements \u00e0 chaque loi dans des projets de loi s\u00e9par\u00e9s. Cela aurait permis un d\u00e9bat complet et la possibilit\u00e9 pour cette commission de proposer des amendements appropri\u00e9s \u00e0 chaque projet de loi avant la troisi\u00e8me lecture.<\/p>\n<p>Le site <span class=\"nfu-acronym-en\"><\/span> recommande de rejeter le projet de loi C-18, d&rsquo;introduire des projets de loi distincts pour chaque loi modifi\u00e9e et de maintenir la loi canadienne sur la protection des obtentions v\u00e9g\u00e9tales dans sa forme actuelle.<\/p>\n<p>Nous allons maintenant aborder des aspects sp\u00e9cifiques du projet de loi et d\u00e9tailler nos pr\u00e9occupations.<\/p>\n<p><strong>Incorporation par r\u00e9f\u00e9rence  <\/strong><\/p>\n<p>Le projet de loi C-18 conf\u00e8re au gouverneur en conseil le pouvoir de recourir \u00e0 l&rsquo;incorporation par renvoi dans les r\u00e8glements pris en vertu de la <em>Loi relative aux aliments du b\u00e9tail<\/em>, de la Loi sur les <em>engrais<\/em>, de la Loi sur les <em>semences<\/em>, de la <em>Loi sur la sant\u00e9 des animaux <\/em>et de la <em>Loi sur la protection des v\u00e9g\u00e9taux <\/em>. Le libell\u00e9 est identique dans les modifications propos\u00e9es pour chaque loi<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" title=\"\" href=\"http:\/\/clientimport.safespac.es\/?p=917#_edn1\" name=\"_ednref1\">[1]<\/a>.<\/p>\n<p>Les clauses d&rsquo;incorporation par r\u00e9f\u00e9rence autorisent l&rsquo;incorporation de tout document <strong><br \/>\n  <em>quelle que soit sa source, tel qu&rsquo;il est modifi\u00e9 de temps \u00e0 autre<\/em><br \/>\n<\/strong>Ce type d&rsquo;incorporation est \u00e9galement connu sous le nom d&rsquo;incorporation par r\u00e9f\u00e9rence \u00ab\u00a0ambulatoire\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0dynamique\u00a0\u00bb. Ces clauses autorisent le cabinet f\u00e9d\u00e9ral \u00e0 promulguer des mesures qui rel\u00e8veraient de la comp\u00e9tence de tiers non d\u00e9mocratiquement responsables devant les Canadiens.<\/p>\n<p>En d\u00e9cembre 2007, le Comit\u00e9 mixte permanent d&rsquo;examen de la r\u00e9glementation a conclu que l&rsquo;incorporation par renvoi ambulatoire viole la r\u00e8gle de droit\u00a0\u00bb<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" title=\"\" href=\"http:\/\/clientimport.safespac.es\/?p=917#_edn2\" name=\"_ednref2\">[2]<\/a> Le gouvernement a rejet\u00e9 l&rsquo;analyse du comit\u00e9, arguant que les tiers modifieraient les documents pour leurs propres raisons et non pour modifier la r\u00e9glementation canadienne<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" title=\"\" href=\"http:\/\/clientimport.safespac.es\/?p=917#_edn3\" name=\"_ednref3\">[3] Le<\/a> projet de loi C-18 tente de contourner la question de la responsabilit\u00e9 d\u00e9mocratique en demandant au Parlement d&rsquo;autoriser l&rsquo;utilisation de l&rsquo;incorporation par renvoi ambulatoire.<\/p>\n<p>Le gouvernement se pr\u00e9pare d\u00e9j\u00e0 \u00e0 utiliser les pouvoirs qu&rsquo;il compte obtenir par le biais du projet de loi C-18. La proposition de l&rsquo;Agence canadienne d&rsquo;inspection des aliments (ACIA) concernant le nouveau r\u00e8glement sur l&rsquo;enregistrement des vari\u00e9t\u00e9s en vertu de la loi sur les semences pr\u00e9voit l&rsquo;incorporation par r\u00e9f\u00e9rence du tableau d\u00e9finissant les types de culture dans la partie 1 (examen complet comprenant l&rsquo;\u00e9valuation du m\u00e9rite par le comit\u00e9 de recommandation des vari\u00e9t\u00e9s) et la partie 3 (enregistrement sans examen). La modification de ce tableau n\u00e9cessite actuellement une modification du r\u00e8glement relatif \u00e0 la loi sur les semences. L&rsquo;incorporation par r\u00e9f\u00e9rence \u00e9liminerait le processus d&rsquo;examen public requis lorsque les r\u00e8glements sont modifi\u00e9s. Au lieu de cela, le ministre ou le pr\u00e9sident de l&rsquo;ACIA pourrait modifier les types de cultures par le biais d&rsquo;une d\u00e9cision administrative. Ce recours \u00e0 l&rsquo;incorporation par r\u00e9f\u00e9rence a \u00e9t\u00e9 demand\u00e9 par l&rsquo;Association canadienne du commerce des semences, un lobby qui repr\u00e9sente les multinationales des semences au Canada<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" title=\"\" href=\"http:\/\/clientimport.safespac.es\/?p=917#_edn4\" name=\"_ednref4\">[4]<\/a>. Ainsi, nous pouvons d\u00e9j\u00e0 voir comment le projet de loi C-18 serait utilis\u00e9 pour contourner la participation des citoyens et privil\u00e9gier les int\u00e9r\u00eats des entreprises.<\/p>\n<p>Le site <span class=\"nfu-acronym-en\"><\/span> s&rsquo;attend \u00e0 ce que l&rsquo;incorporation par r\u00e9f\u00e9rence soit utilis\u00e9e principalement comme un m\u00e9canisme visant \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer l&rsquo;harmonisation des r\u00e9glementations et \u00e0 donner aux multinationales de l&rsquo;agroalimentaire plus d&rsquo;influence sur nos r\u00e9glementations agricoles. Il facilite l&rsquo;adoption de r\u00e8glements \u00e9labor\u00e9s dans, par et pour d&rsquo;autres pays afin de remplacer les r\u00e8glements \u00e9labor\u00e9s au Canada qui refl\u00e8tent les valeurs, les int\u00e9r\u00eats et les aspirations des Canadiens. Nous sommes \u00e9galement pr\u00e9occup\u00e9s par le fait qu&rsquo;en autorisant l&rsquo;incorporation par r\u00e9f\u00e9rence de documents \u00ab\u00a0de toute source\u00a0\u00bb, le projet de loi C-18 ouvre la porte \u00e0 la r\u00e9glementation par des entit\u00e9s priv\u00e9es, telles que des associations industrielles et des organismes priv\u00e9s de normalisation, qui cherchent \u00e0 promouvoir leurs propres int\u00e9r\u00eats plut\u00f4t que l&rsquo;int\u00e9r\u00eat public canadien.<\/p>\n<p>Le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral cherche \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer les \u00e9changes en supprimant les obstacles r\u00e9glementaires qui augmentent le co\u00fbt des affaires pour les multinationales de l&rsquo;agroalimentaire, ce qui leur permet d&rsquo;accro\u00eetre leur part du march\u00e9 de chaque pays tout en \u00e9vin\u00e7ant les entreprises locales et r\u00e9gionales. Le gros du travail est effectu\u00e9 dans le cadre d&rsquo;accords commerciaux, tandis que les d\u00e9tails sont r\u00e9gl\u00e9s par des mesures nationales telles que le projet de loi C-18.<\/p>\n<p>La r\u00e9duction, la rationalisation, l&rsquo;harmonisation et\/ou la suspension des r\u00e9glementations r\u00e9gissant l&rsquo;approbation des aliments pour animaux, des semences, des engrais, des produits de sant\u00e9 animale et des produits phytosanitaires constituent un signal d&rsquo;alarme pour la sant\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 des consommateurs et des fermiers qui utilisent ces produits. L&rsquo;harmonisation r\u00e9glementaire r\u00e9duit \u00e9galement la capacit\u00e9 du Canada \u00e0 diff\u00e9rencier ses produits d&rsquo;exportation en fonction de leur qualit\u00e9, ce qui a pour cons\u00e9quence que les producteurs canadiens doivent rivaliser uniquement sur la base des prix. Compte tenu de notre climat (hiver), des salaires pratiqu\u00e9s et des normes de travail et environnementales plus strictes, il sera difficile de concurrencer les pays o\u00f9 les co\u00fbts de production sont moins \u00e9lev\u00e9s. Ce sc\u00e9nario exercerait une pression \u00e0 la baisse sur le prix des produits agricoles canadiens et favoriserait un nouvel abaissement des normes environnementales, des salaires des ouvriers agricoles et des revenus des fermi\u00e8res.<\/p>\n<p>En n&rsquo;exigeant pas la publication des r\u00e8glements incorpor\u00e9s par r\u00e9f\u00e9rence dans la <em>Gazette du Canada<\/em>, le projet de loi C-18 ne garantit pas la transparence et met \u00e0 la charge du public et\/ou de la partie r\u00e9glement\u00e9e la responsabilit\u00e9 de rechercher le document du tiers.<\/p>\n<p><strong>Critiques \u00e9trang\u00e8res<\/strong><\/p>\n<p>Le projet de loi C-18 permettrait \u00e0 l&rsquo;organisme de r\u00e9glementation d&rsquo;utiliser des examens et des \u00e9valuations r\u00e9alis\u00e9s par des entit\u00e9s \u00e9trang\u00e8res lors de l&rsquo;examen des demandes en vertu des r\u00e8glements d&rsquo;application de la <em>Loi relative aux aliments du b\u00e9tail<\/em>, de la Loi sur les <em>engrais<\/em>, de la Loi sur les <em>semences<\/em>, de la <em>Loi sur la sant\u00e9 des animaux <\/em>et de la <em>Loi sur la protection des v\u00e9g\u00e9taux <\/em>, au lieu de s&rsquo;appuyer sur les donn\u00e9es scientifiques du Canada pour soutenir les approbations et les licences des produits agricoles au Canada<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" title=\"\" href=\"http:\/\/clientimport.safespac.es\/?p=917#_edn5\" name=\"_ednref5\">[5]<\/a>.<\/p>\n<p>Autoriser la prise en compte d&rsquo;\u00e9tudes \u00e9trang\u00e8res affaiblirait la capacit\u00e9 scientifique du Canada &#8211; tant publique que priv\u00e9e &#8211; et permettrait \u00e0 la partie r\u00e9glement\u00e9e de choisir les \u00e9tudes les plus favorables dans le monde entier lorsqu&rsquo;elle cherche \u00e0 obtenir une autorisation r\u00e9glementaire.<\/p>\n<p>Les capacit\u00e9s scientifiques publiques du Canada ont \u00e9t\u00e9 fortement r\u00e9duites en raison des coupes budg\u00e9taires du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral. La science canadienne devrait \u00eatre utilis\u00e9e pour prendre des d\u00e9cisions sur les produits utilis\u00e9s et vendus au Canada et sur leurs impacts potentiels sur nos fermes, nos \u00e9cosyst\u00e8mes agricoles, notre \u00e9conomie, notre environnement et notre sant\u00e9 animale et humaine. Les \u00e9tudes r\u00e9alis\u00e9es dans, par et pour des pays \u00e9trangers ou des associations de pays \u00e9trangers ne peuvent pas \u00e9valuer de mani\u00e8re ad\u00e9quate les produits ou les proc\u00e9d\u00e9s tels qu&rsquo;ils pourraient \u00eatre utilis\u00e9s au Canada sous notre climat dans diff\u00e9rentes r\u00e9gions du pays ou comment ils pourraient affecter les Canadiens. Permettre \u00e0 la recherche non canadienne d&rsquo;\u00e9tayer les d\u00e9cisions r\u00e9glementaires revient \u00e0 abandonner des int\u00e9r\u00eats canadiens vitaux au profit de l&rsquo;opportunisme politique et budg\u00e9taire.<\/p>\n<p>En vertu du projet de loi C-18, les pouvoirs d&rsquo;incorporation par r\u00e9f\u00e9rence et la prise en compte d&rsquo;\u00e9tudes \u00e9trang\u00e8res pour les approbations r\u00e9glementaires seront utilis\u00e9s au profit des soci\u00e9t\u00e9s multinationales pour harmoniser davantage les r\u00e8gles du Canada avec celles de nos partenaires commerciaux, en r\u00e9duisant les fronti\u00e8res internationales, en diminuant l&rsquo;effet des diff\u00e9rences r\u00e9glementaires entre les pays sur les d\u00e9cisions commerciales, et en donnant le plus grand avantage aux soci\u00e9t\u00e9s mondiales. Le secteur des entreprises fait simultan\u00e9ment pression sur les gouvernements d&rsquo;autres pays, dans le but de saper les r\u00e9glementations d&rsquo;int\u00e9r\u00eat public dans le monde entier. La voix et les int\u00e9r\u00eats des Canadiens disparaissent lorsque le cadre juridique de notre \u00e9conomie est cr\u00e9\u00e9 ailleurs et par d&rsquo;autres. Le projet de loi C-18 acc\u00e9l\u00e9rerait la perte de la souverainet\u00e9 \u00e9conomique du Canada en permettant que d&rsquo;importantes r\u00e9glementations agricoles et d\u00e9cisions r\u00e9glementaires soient prises par et dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de tierces parties et\/ou sur la base de donn\u00e9es scientifiques d&rsquo;autres pays.<\/p>\n<p><strong>Questions relatives \u00e0 la loi sur les programmes de commercialisation agricole (programme de paiement anticip\u00e9)<\/strong><\/p>\n<p>Le projet de loi C-18 modifie la <em>Loi sur les programmes de commercialisation agricole<\/em> en changeant les crit\u00e8res d&rsquo;admissibilit\u00e9 aux pr\u00eats pour paiement anticip\u00e9, la dur\u00e9e de ces pr\u00eats et le type de garantie que les pr\u00eateurs autoris\u00e9s peuvent utiliser pour obtenir la garantie du gouvernement pour le pr\u00eat. Si les fermi\u00e8res \u00e0 court d&rsquo;argent peuvent se r\u00e9jouir d&rsquo;un acc\u00e8s plus facile aux pr\u00eats d&rsquo;exploitation, cela n&rsquo;est pas sans cons\u00e9quences inqui\u00e9tantes.<\/p>\n<p>En vertu de la loi actuelle, une soci\u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9e dans la production agricole n&rsquo;est pas \u00e9ligible au programme, \u00e0 moins que des citoyens canadiens ou des r\u00e9sidents permanents ne contr\u00f4lent la majorit\u00e9 de ses actions. Le projet de loi C-18 dilue consid\u00e9rablement les exigences en mati\u00e8re de propri\u00e9t\u00e9 canadienne. Une soci\u00e9t\u00e9 est \u00e9ligible si elle est contr\u00f4l\u00e9e par une autre soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle les Canadiens ont droit \u00e0 au moins la moiti\u00e9 des b\u00e9n\u00e9fices. Le \u00ab\u00a0contr\u00f4le\u00a0\u00bb d&rsquo;une telle soci\u00e9t\u00e9 sera d\u00e9fini ult\u00e9rieurement par voie r\u00e9glementaire. En fonction des r\u00e8gles internes de la soci\u00e9t\u00e9, il est possible qu&rsquo;un propri\u00e9taire ne d\u00e9tenant qu&rsquo;un tiers des actions ait une participation de contr\u00f4le. Les actionnaires qui re\u00e7oivent des dividendes (b\u00e9n\u00e9fices) n&rsquo;ont pas n\u00e9cessairement le droit de vote. Ainsi, une soci\u00e9t\u00e9 dont les actions avec droit de vote sont d\u00e9tenues par des non-Canadiens et qui verse plus de la moiti\u00e9 de ses dividendes \u00e0 des actionnaires canadiens sans droit de vote, et qui d\u00e9tient \u00e0 son tour une participation majoritaire dans une soci\u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9e dans la production agricole au Canada, aurait acc\u00e8s au programme de paiements anticip\u00e9s.<\/p>\n<p>Nous savons qu&rsquo;il existe des soci\u00e9t\u00e9s d&rsquo;investissement dans les terres agricoles qui ach\u00e8tent de grandes \u00e9tendues de terres agricoles avec des capitaux lev\u00e9s aupr\u00e8s d&rsquo;investisseurs canadiens non agricoles. Ces entreprises sont avant tout des sp\u00e9culateurs. En attendant que le prix des terres augmente, ils cherchent \u00e0 maximiser leurs revenus annuels en cultivant avec des exploitants agricoles salari\u00e9s ou en louant les terres. Les investisseurs ont droit aux b\u00e9n\u00e9fices, mais ils ne sont en aucun cas des fermiers. Les soci\u00e9t\u00e9s d&rsquo;investissement dans les terres agricoles sont en concurrence directe &#8211; et d\u00e9loyale &#8211; avec les fermi\u00e8res familiales, en faisant monter les prix des terres et en augmentant les loyers. Le projet de loi C-18 \u00e9tendrait \u00e0 ces soci\u00e9t\u00e9s un programme qui a \u00e9t\u00e9 mis en place pour aider les v\u00e9ritables fermiers (en tant qu&rsquo;individus ou membres d&rsquo;exploitations familiales et de coop\u00e9ratives constitu\u00e9es en soci\u00e9t\u00e9s) \u00e0 g\u00e9rer les flux de tr\u00e9sorerie saisonniers et \u00e0 limiter la d\u00e9pression des prix des produits de base apr\u00e8s la r\u00e9colte. Si le projet de loi C-18 est adopt\u00e9, les soci\u00e9t\u00e9s d&rsquo;investissement dans les terres agricoles pourront utiliser le programme de paiement anticip\u00e9 pour r\u00e9duire les co\u00fbts de financement de leurs op\u00e9rations et appliquer les \u00e9conomies r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 d&rsquo;autres achats de terres, ce qui aggravera les probl\u00e8mes d&rsquo;acc\u00e8s aux terres agricoles qui existent d\u00e9j\u00e0.<\/p>\n<p>Le passage \u00e0 un programme de pr\u00eats pluriannuels signifie que les pr\u00eats doivent \u00eatre garantis par des actifs durables plut\u00f4t que par un stock commercialisable. Les exigences pr\u00e9cises en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 ne sont pas \u00e9nonc\u00e9es dans le projet de loi, mais seront d\u00e9taill\u00e9es dans des r\u00e8glements qui restent \u00e0 r\u00e9diger. Les fermiers sont actuellement responsables de la perte de valeur de leurs stocks sans qu&rsquo;il y ait eu faute de leur part. Emprunter contre les ventes attendues d&rsquo;une production future est intrins\u00e8quement plus risqu\u00e9 que d&#8217;emprunter contre les stocks actuels. Des hypoth\u00e8ses doivent \u00eatre formul\u00e9es concernant les rendements, les prix et les taux de change futurs. Il est probable que les exigences en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 s&rsquo;\u00e9tendront aux terrains, aux b\u00e2timents et aux \u00e9quipements qui ne sont pas susceptibles de subir de telles pertes. En cas d&rsquo;augmentation des taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat et\/ou de mauvaises r\u00e9coltes, ces actifs productifs seraient vuln\u00e9rables.<\/p>\n<p>Les modifications apport\u00e9es au programme de paiements anticip\u00e9s dans le projet de loi C-18 semblent \u00eatre un moyen pour le gouvernement d&rsquo;\u00e9viter d&rsquo;assumer la responsabilit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9chec \u00e0 long terme de la politique agricole du Canada, qui ne permet pas \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie de garantir un revenu durable aux fermi\u00e8res. Les pertes subies par les fermi\u00e8res d&rsquo;une ann\u00e9e sur l&rsquo;autre sont dues en partie \u00e0 une politique agricole d\u00e9vou\u00e9e qui cherche \u00e0 augmenter les exportations m\u00eame \u00e0 des prix inf\u00e9rieurs au co\u00fbt de production. L&rsquo;escalade de l&rsquo;endettement agricole, la d\u00e9pendance croissante \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des emplois non agricoles pour compl\u00e9ter ou remplacer un revenu agricole insuffisant et l&rsquo;\u00e9rosion de la population agricole, les jeunes fermiers potentiels cherchant ailleurs \u00e0 gagner leur vie, sont quelques-unes des cons\u00e9quences de cette situation. La destruction d&rsquo;institutions de commercialisation ordonn\u00e9es, telles que la Commission canadienne du bl\u00e9 \u00e0 guichet unique et les offices provinciaux de commercialisation du porc, a plac\u00e9 les fermi\u00e8res dans une situation d\u00e9savantageuse par rapport aux acheteurs de leurs produits. Les modifications apport\u00e9es par le projet de loi C-18 \u00e0 la l\u00e9gislation sur la protection des obtentions v\u00e9g\u00e9tales entra\u00eeneront une augmentation des co\u00fbts de production, car les nouveaux droits exclusifs des entreprises de semences leur permettront de percevoir des redevances et des prix plus \u00e9lev\u00e9s pour les semences. Le r\u00e9sultat net de ces d\u00e9cisions politiques est qu&rsquo;une part de plus en plus importante de la richesse cr\u00e9\u00e9e par les fermi\u00e8res est accapar\u00e9e par d&rsquo;autres, tandis que les fermi\u00e8res s&rsquo;endettent de plus en plus pour rester en activit\u00e9. Cette situation n&rsquo;est pas viable. L&rsquo;\u00e9largissement de l&rsquo;acc\u00e8s au cr\u00e9dit est une mesure d&rsquo;appoint qui ne fera qu&rsquo;aggraver le probl\u00e8me de la dette lorsque les taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat augmenteront par rapport \u00e0 leur niveau historiquement bas actuel.<\/p>\n<p><strong>Questions relatives aux droits d&rsquo;obtenteur<\/strong><\/p>\n<p>Planter une graine est l&rsquo;acte le plus fondamental de l&rsquo;agriculture. Depuis des mill\u00e9naires, les fermi\u00e8res sont les gardiennes des semences : elles choisissent et conservent les semences de chaque r\u00e9colte pour les planter l&rsquo;ann\u00e9e suivante. En s\u00e9lectionnant, en stockant, en vendant et en \u00e9changeant les semences pr\u00e9sentant les qualit\u00e9s requises, les fermi\u00e8res ont cr\u00e9\u00e9 la richesse de la biodiversit\u00e9 agricole qui nourrit le monde aujourd&rsquo;hui et constitue la source des futures vari\u00e9t\u00e9s qui prosp\u00e9reront dans les conditions incertaines de demain. Les institutions publiques de s\u00e9lection v\u00e9g\u00e9tale du Canada, financ\u00e9es par l&rsquo;\u00c9tat, se sont appuy\u00e9es sur cet h\u00e9ritage en d\u00e9veloppant et en diffusant de nouvelles vari\u00e9t\u00e9s pour r\u00e9pondre aux besoins agronomiques des fermi\u00e8res ainsi qu&rsquo;aux objectifs soci\u00e9taux d&rsquo;une alimentation saine et d&rsquo;\u00e9cosyst\u00e8mes agricoles robustes. Le syst\u00e8me public de s\u00e9lection v\u00e9g\u00e9tale du Canada &#8211; ainsi que les institutions publiques et les r\u00e9glementations qui s&rsquo;y rapportent &#8211; a \u00e9galement permis de cr\u00e9er des produits d&rsquo;exportation recherch\u00e9s, notamment du bl\u00e9 canadien de qualit\u00e9.<\/p>\n<p>Le projet de loi C-18 bouleverse l&rsquo;ancienne relation des fermiers avec les semences en limitant la capacit\u00e9 des fermiers \u00e0 conserver et \u00e0 r\u00e9utiliser les semences et en accordant aux obtenteurs des droits exclusifs pour autoriser toute reproduction, conditionnement (nettoyage et traitement), stockage (mise en sac, mise en bac et stockage), utilisation de vari\u00e9t\u00e9s pour produire des hybrides, utilisation de mat\u00e9riel v\u00e9g\u00e9tal pour la reproduction v\u00e9g\u00e9tative de plantes ornementales, importation et exportation de vari\u00e9t\u00e9s de semences prot\u00e9g\u00e9es par le droit d&rsquo;obtenteur pour une dur\u00e9e de 20 ans. Outre ces droits exclusifs, le projet de loi C-18 autorise les obtenteurs \u00e0 exiger le paiement de redevances comme condition \u00e0 l&rsquo;utilisation des vari\u00e9t\u00e9s de l&rsquo;une des mani\u00e8res susmentionn\u00e9es.<\/p>\n<p>Le projet de loi C-18 vise \u00e0 int\u00e9grer la l\u00e9gislation canadienne sur les droits d&rsquo;obtenteur dans le r\u00e9gime des droits de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle de l&rsquo;UPOV 91. Les droits d&rsquo;obtenteur sont socialement construits et n&rsquo;existent donc pas en l&rsquo;absence de l\u00e9gislation. L&rsquo;UPOV a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en 1961 en tant que forum international charg\u00e9 d&rsquo;\u00e9laborer des lois types pour les pays membres afin de cr\u00e9er des droits de propri\u00e9t\u00e9 pour les obtenteurs de plantes &#8211; un m\u00e9canisme permettant de contr\u00f4ler l&rsquo;acc\u00e8s aux semences afin de capter la richesse des utilisateurs de nouvelles vari\u00e9t\u00e9s de plantes. La priorit\u00e9 de l&rsquo;UPOV est de prot\u00e9ger et de promouvoir le contr\u00f4le des semences par et pour les seules entreprises priv\u00e9es, sans aucun r\u00f4le pour les fermi\u00e8res ou leurs communaut\u00e9s. En cas de conflit avec les pratiques traditionnelles des fermi\u00e8res, l&rsquo;UPOV donne la priorit\u00e9 aux s\u00e9lectionneurs de plantes.<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" title=\"\" href=\"http:\/\/clientimport.safespac.es\/?p=917#_edn6\" name=\"_ednref6\">[6]<\/a><\/p>\n<p>Chaque fois que l&rsquo;UPOV a mis \u00e0 jour ses lois types, elle a accru les droits des obtenteurs et renforc\u00e9 les restrictions impos\u00e9es aux fermi\u00e8res. Si l&rsquo;UPOV est reconnue par l&rsquo;Organisation mondiale du commerce (OMC) \u00e0 des fins de commerce international, les pays membres de l&rsquo;OMC peuvent \u00e9galement cr\u00e9er leurs propres lois<em>(sui generis<\/em>) pour prot\u00e9ger les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gitimes des obtenteurs de vari\u00e9t\u00e9s v\u00e9g\u00e9tales. La majeure partie du texte du projet de loi C-18 qui traite des droits d&rsquo;obtenteur est copi\u00e9e directement sur la loi type de l&rsquo;UPOV 91.<\/p>\n<p>Le projet de loi C-18 d\u00e9finit le terme \u00ab\u00a0obtenteur\u00a0\u00bb comme \u00e9tant toute personne qui cr\u00e9e ou d\u00e9couvre et d\u00e9veloppe la vari\u00e9t\u00e9 v\u00e9g\u00e9tale ou toute personne dont les dirigeants, pr\u00e9pos\u00e9s ou employ\u00e9s cr\u00e9ent, d\u00e9couvrent et d\u00e9veloppent la vari\u00e9t\u00e9 v\u00e9g\u00e9tale dans l&rsquo;exercice des fonctions qui leur sont attribu\u00e9es. La d\u00e9finition de <em>personne<\/em> inclut les soci\u00e9t\u00e9s. Au Canada, la s\u00e9lection v\u00e9g\u00e9tale priv\u00e9e est domin\u00e9e par les divisions semenci\u00e8res de Monsanto, DuPont Pioneer, Syngenta, Limagrain, Land O Lakes, KWS, Bayer Cropscience et Dow AgroSciences, toutes des multinationales dont le si\u00e8ge se trouve \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger.<\/p>\n<p><strong>Privil\u00e8ge des fermi\u00e8res<\/strong><\/p>\n<p>Les dispositions relatives au \u00a0\u00bb privil\u00e8ge des fermi\u00e8res \u00a0\u00bb de l&rsquo;article 5.3 (2) du projet de loi C-18 semblent garantir aux fermi\u00e8res la possibilit\u00e9 de conserver, de nettoyer et de r\u00e9utiliser les semences sur leur propre exploitation<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" title=\"\" href=\"http:\/\/clientimport.safespac.es\/?p=917#_edn7\" name=\"_ednref7\">[7]<\/a>, mais le projet de loi C-18 n&rsquo;\u00e9tend pas le privil\u00e8ge des fermi\u00e8res au stockage (entreposage, mise en bacs, ensachage) des semences<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" title=\"\" href=\"http:\/\/clientimport.safespac.es\/?p=917#_edn7\" name=\"_ednref7\">[<\/a> 8]. L&rsquo;expression \u00ab\u00a0exploitations fermi\u00e8res\u00a0\u00bb n&rsquo;est d\u00e9finie ni dans la loi ni ailleurs. Nous n&rsquo;avons pas pu obtenir de r\u00e9ponse claire de la part de l&rsquo;Office des droits d&rsquo;obtenteur quant \u00e0 l&rsquo;interpr\u00e9tation pratique de ce terme : inclut-il les terres lou\u00e9es ou afferm\u00e9es, ou seulement les terres sur lesquelles le fermier poss\u00e8de un titre de propri\u00e9t\u00e9 ? Cela inclut-il les terrains hypoth\u00e9qu\u00e9s ? Apparemment, ces questions restent ouvertes jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;elles soient tranch\u00e9es par les tribunaux.<\/p>\n<p>De m\u00eame, le terme \u00ab\u00a0stockage\u00a0\u00bb n&rsquo;est pas clairement d\u00e9fini. Souvent, les fermiers conservent prudemment suffisamment de semences lors d&rsquo;une bonne ann\u00e9e pour planter des cultures pour plusieurs ann\u00e9es \u00e0 venir, sachant qu&rsquo;un gel pr\u00e9coce, une maladie, une s\u00e9cheresse ou de mauvaises conditions de r\u00e9colte pourraient d\u00e9truire la culture suivante ou en compromettre la qualit\u00e9 pour les semences. En Australie, seule une ann\u00e9e d&rsquo;approvisionnement en semences est exon\u00e9r\u00e9e de la redevance de point final, conform\u00e9ment \u00e0 la mise en \u0153uvre par ce pays de l&rsquo;option \u00ab\u00a091 farmers&rsquo; privilege\u00a0\u00bb de l&rsquo;UPOV. L&rsquo;UPOV ne fournit pas d&rsquo;indications officielles concernant l&rsquo;interpr\u00e9tation du terme \u00ab\u00a0stockage\u00a0\u00bb dans le contexte du privil\u00e8ge des fermi\u00e8res. Le projet de loi C-18 laisserait aux titulaires de droits d&rsquo;obtenteur le soin de d\u00e9cider \u00e0 quel moment un fermiere a conserv\u00e9 trop de semences ou pendant trop longtemps et de le poursuivre en justice pour infraction. Si les s\u00e9lectionneurs d\u00e9cident que le privil\u00e8ge des fermi\u00e8res ne leur permet de conserver que les semences d&rsquo;une ann\u00e9e, un \u00e9l\u00e9ment essentiel de la pratique traditionnelle des fermi\u00e8res en mati\u00e8re de gestion des risques sera \u00e9limin\u00e9.<\/p>\n<p>Alors que les mesures relatives au privil\u00e8ge des fermi\u00e8res sont quelque peu ambigu\u00ebs, l&rsquo;article 50 (4) du projet de loi C-18 est tr\u00e8s clair. Il autorise le gouverneur en conseil \u00e0 prendre des r\u00e8glements pour exclure des cat\u00e9gories de fermiers et de vari\u00e9t\u00e9s v\u00e9g\u00e9tales du privil\u00e8ge des fermiers et pour restreindre ou soumettre \u00e0 des conditions l&rsquo;utilisation par les fermiers du mat\u00e9riel r\u00e9colt\u00e9 cultiv\u00e9 dans le cadre du privil\u00e8ge des fermiers.<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" title=\"\" href=\"http:\/\/clientimport.safespac.es\/?p=917#_edn8\" name=\"_ednref8\"><a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"http:\/\/clientimport.safespac.es\/?p=917#_edn8\">[8]<\/a><\/a><\/p>\n<p>L&rsquo;UPOV conseille les gouvernements sur la mani\u00e8re d&rsquo;interpr\u00e9ter leurs obligations lors de l&rsquo;adoption de l&rsquo;UPOV 91<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" title=\"\" href=\"http:\/\/clientimport.safespac.es\/?p=917#_edn9\" name=\"_ednref9\">[9]<\/a>, en indiquant que le privil\u00e8ge du fermier doit \u00eatre compris<em>\u00ab\u00a0comme se rapportant \u00e0 des cultures s\u00e9lectionn\u00e9es o\u00f9 le produit de la r\u00e9colte est utilis\u00e9 \u00e0 des fins de reproduction ou de multiplication, par exemple les c\u00e9r\u00e9ales \u00e0 petits grains o\u00f9 le grain r\u00e9colt\u00e9 peut \u00e9galement \u00eatre utilis\u00e9 comme semence<\/em>\u00ab\u00a0. Il ajoute qu<em>&lsquo;\u00a0\u00bbil peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme inappropri\u00e9 d&rsquo;introduire l&rsquo;exception facultative pour les secteurs de l&rsquo;agriculture et de l&rsquo;horticulture, tels que les fruits, les plantes ornementales et les l\u00e9gumes, o\u00f9 il n&rsquo;est pas courant que le produit de la r\u00e9colte soit utilis\u00e9 comme mat\u00e9riel de multiplication<\/em>\u00ab\u00a0. Ainsi, l&rsquo;UPOV conseille aux gouvernements d&rsquo;appliquer le privil\u00e8ge des fermi\u00e8res de conserver des semences uniquement au bl\u00e9, \u00e0 l&rsquo;orge et \u00e0 l&rsquo;avoine, par exemple, et de le refuser aux agriculteurs qui cultivent des l\u00e9gumes, des fruits, du soja, du canola et des lentilles, etc. De telles restrictions sur les semences de ferme seraient pr\u00e9judiciables \u00e0 la souverainet\u00e9 alimentaire. En outre, l&rsquo;UPOV conseille aux gouvernements de prendre en consid\u00e9ration des facteurs tels que le type de vari\u00e9t\u00e9 ou de culture, la taille de la fermiere, la valeur de la culture, la superficie cultiv\u00e9e et la proportion de la culture de l&rsquo;agriculteur autoris\u00e9e en vertu du privil\u00e8ge de l&rsquo;agriculteur.Enfin, la note explicative de l&rsquo;UPOV recommande aux pays de \u00ab\u00a0s&rsquo;efforcer de respecter les droits de l&rsquo;agriculteur\u00a0\u00bb.<em>limiter le niveau des semences de ferme aux niveaux qui \u00e9taient pratiqu\u00e9s couramment avant l&rsquo;introduction de la protection des vari\u00e9t\u00e9s v\u00e9g\u00e9tales.<\/em>\u00a0\u00bb Ainsi, l&rsquo;UPOV &rsquo;91 amorcerait un cliquet qui emp\u00eacherait les fermi\u00e8res de reprendre les pratiques de conservation des semences dans des cultures telles que le soja et le canola o\u00f9, pour diverses raisons, de nombreuses fermi\u00e8res se sont \u00e9loign\u00e9es de la conservation des semences.<\/p>\n<p>Le pouvoir r\u00e9glementaire pr\u00e9vu \u00e0 l&rsquo;article 50, paragraphe 4, est une disposition de r\u00e9cup\u00e9ration destin\u00e9e \u00e0 minimiser, voire \u00e0 \u00e9liminer, le privil\u00e8ge accord\u00e9 aux fermi\u00e8res en vertu de l&rsquo;article 5.<\/p>\n<p><strong>Interaction avec d&rsquo;autres r\u00e8glements et politiques<\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 la fin de leur p\u00e9riode de protection, les vari\u00e9t\u00e9s v\u00e9g\u00e9tales entrent dans le \u00ab\u00a0domaine public\u00a0\u00bb et les fermi\u00e8res peuvent les utiliser librement sans demander d&rsquo;autorisation ni payer de redevances. Pour la plupart des types de cultures, les fermiers ne peuvent vendre leur r\u00e9colte au prix fort que s&rsquo;ils utilisent des vari\u00e9t\u00e9s enregistr\u00e9es. En juin 2014, le r\u00e8glement sur l&rsquo;enregistrement des vari\u00e9t\u00e9s a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9 pour permettre aux entreprises de d\u00e9senregistrer leurs vari\u00e9t\u00e9s \u00e0 leur guise. Les d\u00e9tenteurs de droits d&rsquo;obtenteur sont d\u00e9sormais en mesure de retirer des vari\u00e9t\u00e9s avant l&rsquo;expiration de leurs droits exclusifs et peuvent utiliser ce pouvoir pour emp\u00eacher les vari\u00e9t\u00e9s plus anciennes d&rsquo;\u00eatre commercialement utiles une fois qu&rsquo;elles sont tomb\u00e9es dans le domaine public, ce qui accro\u00eet la pression exerc\u00e9e sur les fermi\u00e8res pour qu&rsquo;elles utilisent des semences soumises au paiement de redevances. Voir <a href=\"http:\/\/www.nfu.ca\/story\/nfu-comments-regulations-amending-seeds-regulations\"><span class=\"nfu-acronym-en\"><\/span> Commentaires sur le r\u00e8glement modifiant le r\u00e8glement sur les semences &#8211; mai 2013 \u00e0 l&rsquo;adresse www.nfu.ca\/story\/nfu-comments-regulations-amending-seeds-regulations<\/a> pour plus d&rsquo;informations.<\/p>\n<p><strong>Redevances au point final<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;article 5.1 du projet de loi C-18 permet aux obtenteurs de percevoir des redevances sur l&rsquo;ensemble de la culture apr\u00e8s la r\u00e9colte (redevances au point final, ou RPT) s&rsquo;ils n&rsquo;en ont pas per\u00e7u lors de la vente des semences.<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" title=\"\" href=\"http:\/\/clientimport.safespac.es\/?p=917#_edn10\" name=\"_ednref10\">[10]<\/a><\/p>\n<p>Les syst\u00e8mes de protection des obtentions v\u00e9g\u00e9tales impliquent des paiements obligatoires par les fermi\u00e8res aux obtenteurs lors de la vente d&rsquo;une r\u00e9colte produite \u00e0 partir d&rsquo;une vari\u00e9t\u00e9 prot\u00e9g\u00e9e par le droit d&rsquo;obtenteur. Les entreprises actives dans le domaine de la s\u00e9lection v\u00e9g\u00e9tale trouvent cette approche int\u00e9ressante car elle leur permet de percevoir des redevances sur l&rsquo;ensemble du rendement d&rsquo;une culture et d&rsquo;obtenir ainsi des revenus totaux plus \u00e9lev\u00e9s. L&rsquo;Association canadienne du commerce des semences, qui d\u00e9fend les int\u00e9r\u00eats de ses membres s\u00e9lectionneurs de plantes, a encourag\u00e9 l&rsquo;adoption d&rsquo;un syst\u00e8me de REP.<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" title=\"\" href=\"http:\/\/clientimport.safespac.es\/?p=917#_edn11\" name=\"_ednref11\">[11]<\/a><\/p>\n<p>Le commerce des semences interpr\u00e8te apparemment les semences de ferme comme une circonstance qui prive les s\u00e9lectionneurs de plantes de la possibilit\u00e9 de percevoir des redevances sur les semences, justifiant ainsi un syst\u00e8me de REP qui exigerait des fermiers qu&rsquo;ils paient des redevances sur l&rsquo;ensemble de la r\u00e9colte \u00e0 la place. Cette interpr\u00e9tation d\u00e9valorise encore davantage le privil\u00e8ge des fermiers pr\u00e9vu \u00e0 l&rsquo;article 5.3 (2) en d\u00e9pla\u00e7ant simplement le point de collecte des redevances du point de vente des semences \u00e0 la vente de la r\u00e9colte. Le fermiere aurait le privil\u00e8ge d&rsquo;utiliser des semences de ferme, mais n&rsquo;aurait pas acc\u00e8s \u00e0 la valeur totale de la r\u00e9colte produite par ces semences.<\/p>\n<p>L&rsquo;Australie a adopt\u00e9 l&rsquo;UPOV 91 et utilise d\u00e9sormais un syst\u00e8me de REP. Les fermiers doivent soumettre une d\u00e9claration annuelle par vari\u00e9t\u00e9, indiquant les volumes de c\u00e9r\u00e9ales produits, les volumes vendus aux n\u00e9gociants en c\u00e9r\u00e9ales ou aux utilisateurs finaux (par exemple les meuniers), les c\u00e9r\u00e9ales utilis\u00e9es dans l&rsquo;exploitation pour l&rsquo;alimentation du b\u00e9tail, les c\u00e9r\u00e9ales stock\u00e9es dans l&rsquo;exploitation ou entrepos\u00e9es en vue d&rsquo;une vente ult\u00e9rieure et les c\u00e9r\u00e9ales conserv\u00e9es en vue d&rsquo;une utilisation comme semences au cours de l&rsquo;ann\u00e9e suivante. Les DPE sont collect\u00e9es sur l&rsquo;ensemble de la r\u00e9colte, \u00e0 l&rsquo;exception de la partie conserv\u00e9e pour \u00eatre utilis\u00e9e comme semence pour une culture ult\u00e9rieure. Les RPE sont \u00e9galement collect\u00e9es sur chaque coupe de foin, sur les p\u00e2turages et sur les cultures utilis\u00e9es pour l&rsquo;alimentation animale si des vari\u00e9t\u00e9s prot\u00e9g\u00e9es par le droit d&rsquo;obtenteur sont plant\u00e9es. Il existe plusieurs soci\u00e9t\u00e9s australiennes de gestion des redevances RPE qui collectent l&rsquo;argent aupr\u00e8s des fermiers pour le compte des titulaires de droits d&rsquo;obtenteur. Ces soci\u00e9t\u00e9s sont de plus en plus int\u00e9gr\u00e9es aux n\u00e9gociants en c\u00e9r\u00e9ales afin de \u00ab\u00a0rationaliser\u00a0\u00bb les formalit\u00e9s administratives n\u00e9cessaires \u00e0 la gestion des REP.<\/p>\n<p>Les taux de redevance (que ce soit sur l&rsquo;achat initial de semences ou sur les droits d&rsquo;obtenteur) seraient fix\u00e9s uniquement par le titulaire du droit d&rsquo;obtenteur. En Australie, les RPE (par tonne) pour la campagne 2014\/15 sont de 7 \u00e0 12 dollars pour le soja, de 1 \u00e0 4 dollars pour l&rsquo;orge, de 5 dollars pour le canola, de 2,50 \u00e0 6,50 dollars pour les l\u00e9gumineuses, de 0,95 \u00e0 4,25 dollars pour le bl\u00e9 et de 1 \u00e0 3 dollars pour les autres c\u00e9r\u00e9ales. Les montants sont exprim\u00e9s en dollars australiens, \u00e0 parit\u00e9 avec le dollar canadien au moment de la r\u00e9daction. En 2013, les fermiers canadiens ont produit 17 960 100 tonnes de canola &#8211; si 80 % de la r\u00e9colte avait \u00e9t\u00e9 soumise \u00e0 la REP au taux australien de 5 $\/tonne, les quelque 16 000 fermiers qui ont cultiv\u00e9 du canola auraient pay\u00e9 au total pr\u00e8s de 90 millions de dollars de redevances aux d\u00e9tenteurs de droits d&rsquo;obtenteur (principalement Monsanto et Bayer pour le canola).<\/p>\n<p><strong>Aucune garantie que l&rsquo;\u00e9levage sera effectu\u00e9 au Canada ou pour le Canada, ni que les conditions canadiennes seront respect\u00e9es.<\/strong><\/p>\n<p>Les restrictions \u00e0 la conservation des semences par les fermi\u00e8res, qui entra\u00eenent un transfert massif de richesses des fermi\u00e8res vers les entreprises semenci\u00e8res, ne sont pas n\u00e9cessaires au d\u00e9veloppement de nouvelles vari\u00e9t\u00e9s utiles. Le projet de loi C-18 permettrait aux s\u00e9lectionneurs priv\u00e9s de percevoir des redevances, mais les fermi\u00e8res n&rsquo;auraient pas leur mot \u00e0 dire sur l&rsquo;utilisation de l&rsquo;argent ainsi gagn\u00e9.<\/p>\n<p>Les nouveaux droits exclusifs pr\u00e9vus par le r\u00e8glement C-18 encourageront les entreprises semenci\u00e8res \u00e0 vendre les semences qu&rsquo;elles importent d&rsquo;autres pays. Combin\u00e9 aux r\u00e8gles d&rsquo;enregistrement des vari\u00e9t\u00e9s existantes et propos\u00e9es, le projet de loi C-18 obligerait de plus en plus les fermi\u00e8res \u00e0 acheter des vari\u00e9t\u00e9s prot\u00e9g\u00e9es par le droit d&rsquo;obtenteur sans tenir compte des performances de la semence (et sans disposer d&rsquo;informations ind\u00e9pendantes \u00e0 ce sujet). En outre, les s\u00e9lectionneurs priv\u00e9s se concentrent sur la cr\u00e9ation d&rsquo;avantages priv\u00e9s (tels que la vente crois\u00e9e d&rsquo;autres intrants) et ne produisent pas n\u00e9cessairement des vari\u00e9t\u00e9s qui r\u00e9pondent aux conditions agronomiques, \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution du climat, aux ravageurs et aux maladies, aux qualit\u00e9s de transformation des aliments, aux besoins nutritionnels des consommateurs ou aux objectifs en mati\u00e8re de biodiversit\u00e9.<\/p>\n<p>Les entreprises ne sont pas incit\u00e9es \u00e0 d\u00e9velopper de nouvelles vari\u00e9t\u00e9s mieux adapt\u00e9es \u00e0 la grande diversit\u00e9 des conditions de culture au Canada. Le projet de loi C-18 facilite l&rsquo;importation par les obtenteurs de vari\u00e9t\u00e9s qu&rsquo;ils vendent d\u00e9j\u00e0 sur des march\u00e9s plus importants. En supprimant l&rsquo;enregistrement de vari\u00e9t\u00e9s plus anciennes, une entreprise pourrait simplement utiliser ses droits d&rsquo;obtenteur pour obliger les fermi\u00e8res \u00e0 acheter ses vari\u00e9t\u00e9s les plus rentables d\u00e9velopp\u00e9es pour d&rsquo;autres march\u00e9s, ce qui pourrait ne pas profiter aux fermi\u00e8res ou aux consommateurs canadiens. Le projet de loi C-18 vise \u00e0 rationaliser l&rsquo;importation de vari\u00e9t\u00e9s \u00e9trang\u00e8res.<\/p>\n<p>En vertu du projet de loi C-18, les obtenteurs conservent le contr\u00f4le de toute vari\u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e comme \u00ab\u00a0essentiellement d\u00e9riv\u00e9e\u00a0\u00bb d&rsquo;une vari\u00e9t\u00e9 prot\u00e9g\u00e9e. Par cons\u00e9quent, si les fermiers ach\u00e8tent une vari\u00e9t\u00e9 prot\u00e9g\u00e9e par le droit d&rsquo;obtenteur, la cultivent sur leur propre exploitation et s\u00e9lectionnent et conservent leurs propres semences pendant plusieurs ann\u00e9es afin de d\u00e9velopper des semences adapt\u00e9es aux conditions de leur exploitation, les vari\u00e9t\u00e9s des fermiers seront probablement consid\u00e9r\u00e9es comme \u00ab\u00a0essentiellement d\u00e9riv\u00e9es\u00a0\u00bb de la vari\u00e9t\u00e9 prot\u00e9g\u00e9e d&rsquo;origine. Cette vari\u00e9t\u00e9 adapt\u00e9e resterait donc sous la protection de l&rsquo;obtenteur d&rsquo;origine et soumise \u00e0 ses droits exclusifs. Cela dissuade les fermi\u00e8res canadiennes, ainsi que les s\u00e9lectionneurs publics et les autres s\u00e9lectionneurs ind\u00e9pendants, de cr\u00e9er des vari\u00e9t\u00e9s adapt\u00e9es aux conditions locales.<\/p>\n<p><strong>Abandon de la s\u00e9lection v\u00e9g\u00e9tale publique<\/strong><\/p>\n<p>Le Canada a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d&rsquo;une s\u00e9lection v\u00e9g\u00e9tale d&rsquo;int\u00e9r\u00eat public tr\u00e8s r\u00e9ussie, financ\u00e9e par les pouvoirs publics, jusqu&rsquo;au niveau des vari\u00e9t\u00e9s. La s\u00e9lection v\u00e9g\u00e9tale d&rsquo;int\u00e9r\u00eat public a permis de mettre au point certaines de nos cultures les plus importantes, notamment le canola, la lentille Laird et la plupart des vari\u00e9t\u00e9s de c\u00e9r\u00e9ales du Canada. L&rsquo;\u00e9conomie du pays tout entier b\u00e9n\u00e9ficie de l&rsquo;investissement public dans le d\u00e9veloppement de nouvelles vari\u00e9t\u00e9s. De meilleures vari\u00e9t\u00e9s peuvent conf\u00e9rer un certain nombre d&rsquo;avantages : des r\u00e9coltes plus fiables et de meilleure qualit\u00e9 d\u00e9bouchant sur des march\u00e9s d&rsquo;exportation de premier ordre ; des revenus plus \u00e9lev\u00e9s pour les fermi\u00e8res ; une \u00e9conomie rurale saine ; des investissements locaux ; et des recettes publiques suppl\u00e9mentaires gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;imp\u00f4t sur le revenu pay\u00e9 par les fermi\u00e8res. En outre, un programme d&rsquo;\u00e9levage d&rsquo;int\u00e9r\u00eat public fournit les qualit\u00e9s recherch\u00e9es par nos clients internationaux et a donc des effets positifs sur la balance internationale des paiements du Canada.<\/p>\n<p>Les s\u00e9lectionneurs publics travaillent souvent avec les fermi\u00e8res pour d\u00e9velopper des vari\u00e9t\u00e9s adapt\u00e9es \u00e0 la r\u00e9gion, moins d\u00e9pendantes des intrants et susceptibles d&rsquo;aider les fermi\u00e8res et notre syst\u00e8me alimentaire \u00e0 s&rsquo;adapter \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution du climat. Les vari\u00e9t\u00e9s d\u00e9velopp\u00e9es par les s\u00e9lectionneurs publics sont plus susceptibles d&rsquo;\u00eatre vendues avec des redevances faibles ou nulles et de rester enregistr\u00e9es apr\u00e8s l&rsquo;expiration de la p\u00e9riode de protection des droits d&rsquo;obtenteur. La s\u00e9lection v\u00e9g\u00e9tale publique est financ\u00e9e non seulement par des fonds f\u00e9d\u00e9raux, mais aussi par les contributions des fermiers sous la forme de \u00ab\u00a0check-offs\u00a0\u00bb. Ces petits paiements \u00e0 la tonne sont allou\u00e9s \u00e0 des organisations dirig\u00e9es par les fermi\u00e8res, telles que la Western Grains Research Foundation, qui utilisent l&rsquo;argent pour soutenir la s\u00e9lection en fonction des priorit\u00e9s des fermi\u00e8res.<\/p>\n<p>Les institutions publiques peuvent percevoir des redevances sur les vari\u00e9t\u00e9s d\u00e9velopp\u00e9es par des obtenteurs d&rsquo;int\u00e9r\u00eat public et l&rsquo;ont fait dans le cadre de l&rsquo;actuelle loi canadienne sur les droits d&rsquo;obtenteur. Bien que le projet de loi C-18 n&rsquo;\u00e9limine pas cette possibilit\u00e9, le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral a consid\u00e9rablement r\u00e9duit le travail des obtenteurs publics d&rsquo;Agriculture Canada. AAC a d\u00e9cid\u00e9 d&rsquo;abandonner la s\u00e9lection v\u00e9g\u00e9tale publique au niveau des vari\u00e9t\u00e9s pour les principales cultures c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res. Les s\u00e9lectionneurs publics seront autoris\u00e9s \u00e0 d\u00e9velopper du mat\u00e9riel g\u00e9n\u00e9tique, mais ne pourront plus poursuivre le d\u00e9veloppement jusqu&rsquo;au stade de la vari\u00e9t\u00e9 finale. Le mat\u00e9riel g\u00e9n\u00e9tique d\u00e9velopp\u00e9 par le secteur public doit d\u00e9sormais \u00eatre vendu \u00e0 des s\u00e9lectionneurs priv\u00e9s en vue de sa commercialisation, ce qui leur permet \u00e0 eux seuls de percevoir des redevances au titre du droit d&rsquo;obtenteur. Une fois vendu, ce mat\u00e9riel g\u00e9n\u00e9tique sera la propri\u00e9t\u00e9 de soci\u00e9t\u00e9s priv\u00e9es qui pourront revendiquer des droits exclusifs sur toutes les vari\u00e9t\u00e9s qu&rsquo;elles d\u00e9velopperont, ainsi que sur toutes les vari\u00e9t\u00e9s que d&rsquo;autres obtenteurs pourraient d\u00e9velopper \u00e0 partir de ce mat\u00e9riel g\u00e9n\u00e9tique, en vertu des droits exclusifs sur les vari\u00e9t\u00e9s \u00ab\u00a0essentiellement d\u00e9riv\u00e9es\u00a0\u00bb que conf\u00e8re le projet de loi C-18.<\/p>\n<p><strong>Interaction du projet de loi C-18 avec les accords commerciaux<\/strong><\/p>\n<p>Le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral n\u00e9gocie plusieurs accords commerciaux, notamment l&rsquo;accord \u00e9conomique et commercial global entre le Canada et l&rsquo;Union europ\u00e9enne (AECG). Ces accords sont n\u00e9goci\u00e9s \u00e0 huis clos. Le texte de l&rsquo;accord AECG a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 r\u00e9cemment &#8211; apr\u00e8s que les d\u00e9tails aient \u00e9t\u00e9 finalis\u00e9s.<\/p>\n<p>L&rsquo;AECG comprend des dispositions relatives au respect des droits de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle (DPI) qui permettraient \u00e0 un d\u00e9tenteur de DPI d&rsquo;avoir recours aux tribunaux pour obtenir une injonction et\/ou la saisie conservatoire d&rsquo;actifs, d&rsquo;\u00e9quipements et d&rsquo;inventaires contre le contrefacteur pr\u00e9sum\u00e9.<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" title=\"\" href=\"http:\/\/clientimport.safespac.es\/?p=917#_edn12\" name=\"_ednref12\">[12]<\/a>  Les droits d&rsquo;obtenteur sont reconnus comme une forme de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle prot\u00e9g\u00e9e par l&rsquo;AECG.<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" title=\"\" href=\"http:\/\/clientimport.safespac.es\/?p=917#_edn13\" name=\"_ednref13\">[13]<\/a>  Si un obtenteur soup\u00e7onne quelqu&rsquo;un de porter atteinte \u00e0 ses droits, il peut utiliser ces nouveaux outils plus puissants pour poursuivre le contrefacteur pr\u00e9sum\u00e9.<\/p>\n<p>La saisie pr\u00e9ventive des biens, des r\u00e9coltes et des comptes bancaires d&rsquo;un fermier sur la base d&rsquo;une simple <em>suspicion<\/em> d&rsquo;infraction priverait l&rsquo;agriculteur des moyens de se d\u00e9fendre devant les tribunaux. Nous savons, depuis la d\u00e9cision de la Cour supr\u00eame dans l&rsquo;affaire <em>Monsanto contre Schmeiser<\/em>, que le droit canadien consid\u00e8re qu&rsquo;un fermier enfreint le droit des brevets, quelle que soit la mani\u00e8re dont les g\u00e8nes brevet\u00e9s contenus dans les semences arrivent sur les terres du fermier<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" title=\"\" href=\"http:\/\/clientimport.safespac.es\/?p=917#_edn14\" name=\"_ednref14\">[14]<\/a>. Si les tribunaux interpr\u00e8tent la violation du droit d&rsquo;obtenteur de la m\u00eame mani\u00e8re, les fermi\u00e8res dont les semences du domaine public pourraient contenir de petites quantit\u00e9s d&rsquo;une vari\u00e9t\u00e9 prot\u00e9g\u00e9e par le droit d&rsquo;obtenteur pourraient tout perdre \u00e0 la suite d&rsquo;une simple accusation de violation du droit d&rsquo;obtenteur. Pour \u00e9viter ce risque, les fermi\u00e8res peuvent d\u00e9cider d&rsquo;acheter et de planter chaque ann\u00e9e des semences prot\u00e9g\u00e9es par le droit d&rsquo;obtenteur et de payer les redevances. Le \u00ab\u00a0refroidissement en cas de litige\u00a0\u00bb entra\u00eenerait une grave perte d&rsquo;autonomie des fermi\u00e8res ainsi qu&rsquo;un transfert annuel massif de richesses des fermi\u00e8res vers les entreprises de semences.<\/p>\n<p>Les nouveaux outils d&rsquo;application de la loi qui seraient disponibles dans le cadre de l&rsquo;AECG, combin\u00e9s aux droits renforc\u00e9s que les s\u00e9lectionneurs de plantes obtiendraient gr\u00e2ce au projet de loi C-18, donneraient \u00e0 des entreprises telles que Monsanto et Bayer un contr\u00f4le excessif sur les semences, un \u00e9l\u00e9ment fondamental de l&rsquo;agriculture et la base de notre approvisionnement alimentaire.<\/p>\n<p><strong>Conclusion<\/strong><\/p>\n<p>Le projet de loi C-18 ne doit pas \u00eatre adopt\u00e9. En tant que projet de loi omnibus, il est antid\u00e9mocratique. Les implications et le contenu de ce projet de loi complexe et de grande envergure ne peuvent \u00eatre d\u00e9battus correctement dans le temps imparti. Les d\u00e9put\u00e9s sont invit\u00e9s \u00e0 voter en faveur d&rsquo;un paquet qui contient de nombreux \u00e9l\u00e9ments contraires \u00e0 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat public, m\u00eame s&rsquo;ils estiment que certaines parties de ce paquet sont int\u00e9ressantes. Le projet de loi devrait \u00eatre scind\u00e9 en plusieurs projets de loi, chacun modifiant une loi particuli\u00e8re, afin de permettre un d\u00e9bat et un examen ad\u00e9quats. Les amendements \u00e0 la loi sur la protection des obtentions v\u00e9g\u00e9tales devraient \u00eatre rejet\u00e9s en raison du pr\u00e9judice irr\u00e9m\u00e9diable caus\u00e9 \u00e0 l&rsquo;agriculture canadienne par la cession du contr\u00f4le effectif de notre syst\u00e8me de semences \u00e0 quelques multinationales qui agissent dans leur propre int\u00e9r\u00eat et non dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat des Canadiens.<\/p>\n<hr size=\"1\">\n<p>[<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" title=\"\" href=\"http:\/\/clientimport.safespac.es\/?p=917#_ednref1\" name=\"_edn1\">1]<\/a> Projet de loi C-18 : Par exemple, voir la proposition de modification de la loi sur les aliments pour animaux :<\/p>\n<p><strong>Incorporation par r\u00e9f\u00e9rence<\/strong><\/p>\n<p><strong>5.1<\/strong>(1) Un r\u00e8glement pris en vertu du paragraphe 5(1) peut incorporer par r\u00e9f\u00e9rence tout document, <strong>quelle qu&rsquo;en soit la source<\/strong>, qu&rsquo;il existe \u00e0 une date donn\u00e9e ou qu&rsquo;il soit <strong>modifi\u00e9<\/strong> de temps \u00e0 autre.  [emphasis added]<\/p>\n<p><strong>Accessibilit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>(2) Le ministre veille \u00e0 ce que tout document incorpor\u00e9 par r\u00e9f\u00e9rence dans un r\u00e8glement pris en vertu du paragraphe 5(1), y compris toute modification de ce document, soit accessible.<\/p>\n<p><strong>La d\u00e9fense<\/strong><\/p>\n<p>(3) Une personne n&rsquo;est pas susceptible d&rsquo;\u00eatre d\u00e9clar\u00e9e coupable d&rsquo;une infraction ou soumise \u00e0 une sanction administrative pour toute contravention \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de laquelle un document incorpor\u00e9 par r\u00e9f\u00e9rence dans un r\u00e8glement pris en vertu du paragraphe 5(1) est pertinent, sauf si, au moment de la contravention pr\u00e9sum\u00e9e, le document \u00e9tait accessible comme l&rsquo;exige le paragraphe (2) ou s&rsquo;il \u00e9tait accessible \u00e0 la personne d&rsquo;une autre mani\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>Pas d&rsquo;enregistrement ni de publication<\/strong><\/p>\n<p>(4) Il est entendu qu&rsquo;un document incorpor\u00e9 par r\u00e9f\u00e9rence dans un r\u00e8glement pris en vertu du paragraphe 5(1)<strong> n&rsquo;a pas \u00e0 \u00eatre transmis pour enregistrement ou publi\u00e9 dans la Gazette du Canada du<\/strong> seul fait qu&rsquo;il est incorpor\u00e9 par r\u00e9f\u00e9rence.  [emphasis added]<\/p>\n<p>[<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" title=\"\" href=\"http:\/\/clientimport.safespac.es\/?p=917#_ednref2\" name=\"_edn2\">2]<\/a> Comit\u00e9 mixte permanent d&rsquo;examen de la r\u00e9glementation, Rapport n\u00b0 80 &#8211; Incorporation par r\u00e9f\u00e9rence, <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.parl.gc.ca\/content\/hoc\/Committee\/392\/REGS\/Reports\/RP3204106\/392_REGS_Rpt02\/392_REGS_Rpt02.pdf\">http:\/\/www.parl.gc.ca\/content\/hoc\/Committee\/392\/REGS\/Reports\/RP3204106\/392_REGS_Rpt02\/392_REGS_Rpt02.pdf<\/a><\/p>\n<p><a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" title=\"\" href=\"http:\/\/clientimport.safespac.es\/?p=917#_ednref3\" name=\"_edn3\">[3]<\/a>R\u00e9ponse du gouvernement au deuxi\u00e8me rapport du Comit\u00e9 mixte permanent d&rsquo;examen de la r\u00e9glementation, <em>R\u00e9ponse du gouvernement au rapport n\u00b0 80 (incorporation par r\u00e9f\u00e9rence)<\/em> <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.parl.gc.ca\/HousePublications\/Publication.aspx?DocId=3407491&amp;Language=E&amp;Mode=1&amp;Parl=39&amp;Ses=2\">http:\/\/www.parl.gc.ca\/HousePublications\/Publication.aspx?DocId=3407491&amp;Language=E&amp;Mode=1&amp;Parl=39&amp;Ses=2<\/a><\/p>\n<p>[<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" title=\"\" href=\"http:\/\/clientimport.safespac.es\/?p=917#_ednref4\" name=\"_edn4\">4]<\/a> \u00a0\u00bb L&rsquo;ACCS maintient depuis longtemps une politique demandant que les changements apport\u00e9s \u00e0 l&#8217;emplacement des sortes et des types de cultures ne se fassent pas par voie de r\u00e8glement. Nous avons accueilli favorablement la disposition du projet de loi C-18, la Loi sur la croissance agricole, qui inclut l&rsquo;incorporation par renvoi dans les modifications propos\u00e9es \u00e0 la Loi sur les semences&#8230; \u00a0\u00bb <em>Comit\u00e9 des ol\u00e9agineux, des l\u00e9gumineuses et des c\u00e9r\u00e9ales de l&rsquo;Ouest de l&rsquo;Association canadienne du commerce des semences, rapport de liaison avec le conseil d&rsquo;administration<\/em>, juillet 2014. <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"http:\/\/cdnseed.org\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/2-Committee-Package-for-printing.pdf\">http:\/\/cdnseed.org\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/2-Committee-Package-for-printing.pdf<\/a><\/p>\n<p>[<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" title=\"\" href=\"http:\/\/clientimport.safespac.es\/?p=917#_ednref5\" name=\"_edn5\">5]<\/a> Projet de loi C-18 : Un langage identique est utilis\u00e9 pour modifier chaque loi concern\u00e9e. Le texte suivant modifie la loi sur les aliments pour animaux :<\/p>\n<p><strong>5.8 Lors de l&rsquo;<\/strong>examen d&rsquo;une demande pr\u00e9sent\u00e9e en vertu des r\u00e8glements concernant un aliment pour animaux, le ministre peut prendre en consid\u00e9ration les informations disponibles \u00e0 la suite d&rsquo;un examen ou d&rsquo;une \u00e9valuation d&rsquo;un aliment pour animaux effectu\u00e9 par le gouvernement d&rsquo;un \u00c9tat \u00e9tranger ou d&rsquo;une subdivision d&rsquo;un \u00c9tat \u00e9tranger ou par une organisation internationale ou une association d&rsquo;\u00c9tats<u>.<\/u><\/p>\n<p>[Voir l&rsquo;article 15 (2) de l&rsquo;UPOV 91 <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" title=\"\" href=\"http:\/\/clientimport.safespac.es\/?p=917#_ednref6\" name=\"_edn6\">\ud83d\ude42<\/a>\u00ab\u00a0Nonobstant l&rsquo;article 14, chaque Partie contractante peut<strong>, dans des limites raisonnables et sous r\u00e9serve de la sauvegarde des int\u00e9r\u00eats l\u00e9gitimes de l&rsquo;obtenteur<\/strong>, restreindre le droit d&rsquo;obtenteur relatif \u00e0 une vari\u00e9t\u00e9 afin de permettre aux fermiers d&rsquo;utiliser \u00e0 des fins de reproduction ou de multiplication, sur leur propre exploitation, le produit de la r\u00e9colte qu&rsquo;ils ont obtenu par la mise en culture, sur leur propre exploitation, de la vari\u00e9t\u00e9 prot\u00e9g\u00e9e ou d&rsquo;une vari\u00e9t\u00e9 vis\u00e9e \u00e0 l&rsquo;article 14.5)a)i) ou ii).\u00a0\u00bb [emphasis added] <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.upov.int\/en\/publications\/conventions\/1991\/act1991.htm\">http:\/\/www.upov.int\/en\/publications\/conventions\/1991\/act1991.htm<\/a><\/p>\n<p><a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" title=\"\" href=\"http:\/\/clientimport.safespac.es\/?p=917#_ednref7\" name=\"_edn7\">[7]<\/a> Projet de loi C-18 : <strong>Privil\u00e8ge des fermiers<\/strong><\/p>\n<p>5.3 (2) Les droits vis\u00e9s aux alin\u00e9as 5(1)<em>a)<\/em> et<em>b)<\/em> ne s&rsquo;appliquent pas au mat\u00e9riel de r\u00e9colte de la vari\u00e9t\u00e9 v\u00e9g\u00e9tale qui est cultiv\u00e9 par un fermier sur son exploitation et utilis\u00e9 par lui sur cette exploitation dans le seul but de propager la vari\u00e9t\u00e9 v\u00e9g\u00e9tale<\/p>\n<p>[<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" title=\"\" href=\"http:\/\/clientimport.safespac.es\/?p=917#_ednref8\" name=\"_edn8\">8]<\/a>Projet de loi C-18 : Est ajout\u00e9 \u00e0 la port\u00e9e des r\u00e8glements autoris\u00e9s en vertu de l&rsquo;article 75 de la <em>Loi sur la protection des obtentions v\u00e9g\u00e9tales<\/em> ce qui suit :<\/p>\n<p>(l.1) concernant les cat\u00e9gories de fermiers ou de vari\u00e9t\u00e9s v\u00e9g\u00e9tales auxquelles le paragraphe 5.3(2) ne s&rsquo;applique pas ;<\/p>\n<p><em>(l.2<\/em>) concernant l&rsquo;utilisation du produit de la r\u00e9colte au titre du paragraphe 5.3(2), y compris les circonstances dans lesquelles cette utilisation est restreinte ou interdite et les conditions auxquelles elle est soumise ;<\/p>\n<p>[<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" title=\"\" href=\"http:\/\/clientimport.safespac.es\/?p=917#_ednref9\" name=\"_edn9\">9]<\/a><em>Notes explicatives sur les exceptions au droit d&rsquo;obtenteur,<\/em>Union internationale pour la protection des obtentions v\u00e9g\u00e9tales. <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.upov.int\/edocs\/expndocs\/en\/upov_exn_exc.pdf\">http:\/\/www.upov.int\/edocs\/expndocs\/en\/upov_exn_exc.pdf<\/a><\/p>\n<p><a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" title=\"\" href=\"http:\/\/clientimport.safespac.es\/?p=917#_ednref10\" name=\"_edn10\">[10]<\/a>Projet de loi C-18 : <strong>Droits relatifs aux produits de la r\u00e9colte<\/strong><\/p>\n<p><strong>5.1Sous r\u00e9serve<\/strong>des autres dispositions de la pr\u00e9sente loi et des r\u00e8glements, le titulaire du droit d&rsquo;obtenteur relatif \u00e0 une vari\u00e9t\u00e9 v\u00e9g\u00e9tale a le droit exclusif d&rsquo;accomplir tout acte d\u00e9crit \u00e0 l&rsquo;un des<em>alin\u00e9as<\/em> 5(1)<em>a)<\/em> \u00e0<em>h)<\/em> \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de tout mat\u00e9riel de r\u00e9colte, y compris les plantes enti\u00e8res ou les parties de plantes, obtenu par l&rsquo;utilisation non autoris\u00e9e de mat\u00e9riel de multiplication de la vari\u00e9t\u00e9 v\u00e9g\u00e9tale, sauf si le titulaire a eu la possibilit\u00e9 raisonnable d&rsquo;exercer ses droits en vertu de l&rsquo;article 5 \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de ce mat\u00e9riel de multiplication et qu&rsquo;il ne l&rsquo;a pas fait avant de revendiquer des droits en vertu de la pr\u00e9sente section.<\/p>\n<p><a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" title=\"\" href=\"http:\/\/clientimport.safespac.es\/?p=917#_ednref11\" name=\"_edn11\">[11]<\/a><em>Financement de la s\u00e9lection v\u00e9g\u00e9tale et du d\u00e9veloppement des vari\u00e9t\u00e9s : Un syst\u00e8me de valeur technologique<\/em>, Association canadienne du commerce des semences <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"http:\/\/cdnseed.org\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/The-Technology-Value-System-Concept-May-2014.pdf\">http:\/\/cdnseed.org\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/The-Technology-Value-System-Concept-May-2014.pdf<\/a><\/p>\n<p><a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" title=\"\" href=\"http:\/\/clientimport.safespac.es\/?p=917#_ednref12\" name=\"_edn12\">[12]<\/a><em>Texte consolid\u00e9 de l&rsquo;AECG<\/em>, chapitre 22, section 3 Application des droits de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.international.gc.ca\/trade-agreements-accords-commerciaux\/agr-acc\/ceta-aecg\/text-texte\/22.aspx?lang=eng\">http:\/\/www.international.gc.ca\/trade-agreements-accords-commerciaux\/agr-acc\/ceta-aecg\/text-texte\/22.aspx?lang=eng<\/a><\/p>\n<p><a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" title=\"\" href=\"http:\/\/clientimport.safespac.es\/?p=917#_ednref13\" name=\"_edn13\">[13]<\/a><em>Texte consolid\u00e9 de l&rsquo;AECG<\/em>, chapitre 22, article 13. Le paragraphe 4 de l&rsquo;AECG stipule que les dispositions relatives aux droits de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle s&rsquo;appliquent \u00e0 toutes les cat\u00e9gories de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle qui font l&rsquo;objet des sections 1 \u00e0 7 de la partie II de l&rsquo;accord sur les aspects des droits de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle qui touchent au commerce. <a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"http:\/\/www.international.gc.ca\/trade-agreements-accords-commerciaux\/agr-acc\/ceta-aecg\/text-texte\/22.aspx?lang=eng\">http:\/\/www.international.gc.ca\/trade-agreements-accords-commerciaux\/agr-acc\/ceta-aecg\/text-texte\/22.aspx?lang=eng<\/a><\/p>\n<p><a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" title=\"\" href=\"http:\/\/clientimport.safespac.es\/?p=917#_ednref14\" name=\"_edn14\">[14]<\/a><em>Arr\u00eats de la Cour supr\u00eame<\/em><strong>, <\/strong>Monsanto Canada Inc. <em>c. <\/em>Schmeiser, [2004] 1 S.C.R. 902, 2004 SCC 34, <a href=\"https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/Oct 9, 2014 - Bill C-18 - &lt;span class=&quot;nfu-acronym-en&quot;&gt;&lt;\/span&gt; Brief to HOC Ag Committee.pdf\">https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/Oct 9, 2014 &#8211; Projet de loi C-18 &#8211; <span class=\"nfu-acronym-en\"><\/span> Brief to HOC Ag Committee.pdf<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Version PDF <\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_tec_requires_first_save":true,"_EventAllDay":false,"_EventTimezone":"","_EventStartDate":"","_EventEndDate":"","_EventStartDateUTC":"","_EventEndDateUTC":"","_EventShowMap":false,"_EventShowMapLink":false,"_EventURL":"","_EventCost":"","_EventCostDescription":"","_EventCurrencySymbol":"","_EventCurrencyCode":"","_EventCurrencyPosition":"","_EventDateTimeSeparator":"","_EventTimeRangeSeparator":"","_EventOrganizerID":[],"_EventVenueID":[],"_OrganizerEmail":"","_OrganizerPhone":"","_OrganizerWebsite":"","_VenueAddress":"","_VenueCity":"","_VenueCountry":"","_VenueProvince":"","_VenueState":"","_VenueZip":"","_VenuePhone":"","_VenueURL":"","_VenueStateProvince":"","_VenueLat":"","_VenueLng":"","_VenueShowMap":false,"_VenueShowMapLink":false,"_tribe_blocks_recurrence_rules":"","_tribe_blocks_recurrence_description":"","_tribe_blocks_recurrence_exclusions":"","_ecp_custom_4":"","_ecp_custom_7":"","_ecp_custom_9":"","_ecp_custom_10":"","_ecp_custom_12":"","_ecp_custom_13":""},"tags":[373,357,394,376,393,395,379],"policy_types":[308],"post_region":[],"post_campaign":[347],"archive-year":[495],"class_list":["post-27674","policy","type-policy","status-publish","hentry","tag-agroalimentaire","tag-biotechnologie","tag-consultation-publique","tag-les-enterprises","tag-parlementaire","tag-reglements","tag-revenu-agricole","policy_types-bref-unf","post_campaign-semences","archive-year-2014-fr"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/policy\/27674","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/policy"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/policy"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=27674"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=27674"},{"taxonomy":"policy_types","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/policy_types?post=27674"},{"taxonomy":"post_region","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_region?post=27674"},{"taxonomy":"post_campaign","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_campaign?post=27674"},{"taxonomy":"archive-year","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/archive-year?post=27674"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}