
{"id":27660,"date":"2023-03-31T10:16:35","date_gmt":"2023-03-31T16:16:35","guid":{"rendered":"https:\/\/www.nfu.ca\/policy\/la-loi-sur-la-concurrence-comme-outil-de-democratie-et-dequite-pour-les-fermiers\/"},"modified":"2023-03-31T10:16:35","modified_gmt":"2023-03-31T16:16:35","slug":"la-loi-sur-la-concurrence-comme-outil-de-democratie-et-dequite-pour-les-fermiers","status":"publish","type":"policy","link":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/policy\/la-loi-sur-la-concurrence-comme-outil-de-democratie-et-dequite-pour-les-fermiers\/","title":{"rendered":"La loi sur la concurrence, un outil au service de la d\u00e9mocratie &#8211; L&rsquo;\u00e9quit\u00e9 pour les fermi\u00e8res"},"content":{"rendered":"<h3>La soumission de l&rsquo;UNF \u00e0 la consultation publique sur l&rsquo;avenir de la politique de concurrence au Canada<\/h3>\n<p>La Nationale des Fermiers (UNF) est heureuse d&rsquo;apporter sa contribution \u00e0 la consultation publique du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral sur l&rsquo;avenir de la politique de concurrence au Canada. La consultation porte sur la <em>loi sur la concurrence<\/em>, les r\u00f4les du Bureau de la concurrence et du Tribunal de la concurrence.<\/p>\n<p>L&rsquo;UNF, cr\u00e9\u00e9e en 1969, est la plus grande organisation agricole volontaire \u00e0 adh\u00e9sion directe du Canada. Elle repr\u00e9sente les agriculteurs familiaux et les travailleurs agricoles de tout le pays, dans tous les secteurs de l&rsquo;agriculture. Nous nous effor\u00e7ons de promouvoir un syst\u00e8me alimentaire fond\u00e9 sur des exploitations familiales financi\u00e8rement viables qui produisent des aliments de qualit\u00e9, sains et s\u00fbrs. Nous encourageons les pratiques respectueuses de l&rsquo;environnement qui prot\u00e8gent les sols, l&rsquo;eau, la biodiversit\u00e9 et les autres ressources naturelles, et qui favorisent la justice sociale et \u00e9conomique pour les producteurs de denr\u00e9es alimentaires et toutes les personnes vivant au Canada. Nous encourageons les fermi\u00e8res \u00e0 atteindre leurs objectifs \u00e9conomiques et sociaux et cherchons \u00e0 accro\u00eetre les avantages \u00e9conomiques de l&rsquo;agriculture. Nos positions en mati\u00e8re de politique publique sont \u00e9labor\u00e9es dans le cadre d&rsquo;un processus de d\u00e9bat d\u00e9mocratique, initi\u00e9 par les membres de la base et fond\u00e9 sur leur exp\u00e9rience en tant que producteurs.<\/p>\n<p>Tout au long de son histoire, l&rsquo;UNF s&rsquo;est pr\u00e9occup\u00e9e des d\u00e9s\u00e9quilibres de pouvoir entre les grandes entreprises avec lesquelles les fermiers traitent et les fermiers individuels. Une politique de la concurrence dot\u00e9e des outils n\u00e9cessaires pour pr\u00e9venir les concentrations excessives et promouvoir une concurrence efficace aurait un impact positif sur de nombreux d\u00e9fis politiques auxquels sont confront\u00e9s les fermi\u00e8res et notre syst\u00e8me alimentaire\/agricole.<\/p>\n<p>L&rsquo;UNF a demand\u00e9 l&rsquo;intervention du Bureau de la concurrence \u00e0 de nombreuses reprises au cours de son histoire, mais nos pr\u00e9occupations n&rsquo;ont toujours pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9solues. La concurrence s&rsquo;est affaiblie, la concentration s&rsquo;est accrue et des institutions importantes telles que la Commission canadienne du bl\u00e9, la Commission du bl\u00e9 de l&rsquo;Ontario et les agences provinciales de commercialisation des porcs, qui s&rsquo;opposaient au pouvoir de march\u00e9 des soci\u00e9t\u00e9s agro-industrielles mondiales, ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9mantel\u00e9es. Alors que les fermi\u00e8res produisent des quantit\u00e9s plus importantes et des produits de plus grande valeur que jamais, la grande majorit\u00e9 de la richesse cr\u00e9\u00e9e dans nos fermes est accapar\u00e9e par des entreprises tr\u00e8s concentr\u00e9es dans les domaines des intrants, du mat\u00e9riel agricole, de la finance, de la transformation des aliments et du commerce des produits de base, qui n&rsquo;ont jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent pas \u00e9t\u00e9 limit\u00e9es par la politique de concurrence du Canada. L&rsquo;\u00e9cart entre la valeur cr\u00e9\u00e9e par les fermi\u00e8res et la valeur que nous recevons du march\u00e9 se chiffre en milliards de dollars chaque ann\u00e9e, dont une partie est compens\u00e9e par la gestion des risques de l&rsquo;entreprise et d&rsquo;autres paiements de programmes de soutien gouvernementaux. La n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;un Bureau de la concurrence fort et efficace est \u00e9vidente, et des changements sont attendus depuis longtemps.<\/p>\n<p>La <em>loi sur la concurrence<\/em> peut \u00eatre un outil puissant pour \u00e9quilibrer l&rsquo;\u00e9conomie canadienne en temp\u00e9rant les boucles de r\u00e9troaction positives qui conduisent \u00e0 ce que des entreprises toujours plus grandes et plus puissantes concentrent les richesses et fa\u00e7onnent des pans toujours plus importants de l&rsquo;\u00e9conomie gr\u00e2ce \u00e0 leur capacit\u00e9 \u00e0 fixer les conditions du commerce en raison de leur position dominante sur le march\u00e9. La <em>loi sur la concurrence<\/em> doit \u00eatre con\u00e7ue comme un outil de d\u00e9mocratie, afin de garantir que les Canadiens disposent d&rsquo;une diversit\u00e9 de moyens significatifs et accessibles pour participer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 en tant que producteurs, travailleurs et propri\u00e9taires de petites entreprises.<\/p>\n<h5><strong>La <em>loi sur la concurrence<\/em> doit \u00eatre modifi\u00e9e afin de garantir qu&rsquo;elle<\/strong><\/h5>\n<ul>\n<li>Il d\u00e9fend les valeurs d&rsquo;int\u00e9r\u00eat public qui favorisent une concurrence loyale afin de soutenir les objectifs soci\u00e9taux d&rsquo;\u00e9quit\u00e9 \u00e9conomique, d&rsquo;inclusion et de prosp\u00e9rit\u00e9.<\/li>\n<li>Emp\u00eache les fusions pr\u00e9judiciables, notamment en interdisant les fusions qui permettent \u00e0 une entreprise de d\u00e9tenir plus de 20 % de parts de march\u00e9 dans un secteur donn\u00e9 et en supprimant la \u00ab\u00a0d\u00e9fense fond\u00e9e sur les gains d&rsquo;efficacit\u00e9\u00a0\u00bb.<\/li>\n<li>Emp\u00eache les entreprises de profiter de leur position dominante pour exploiter les acteurs plus petits.<\/li>\n<li>Emp\u00eacher les entreprises d&rsquo;utiliser les droits de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle et l&rsquo;exploration de donn\u00e9es pour soutenir des comportements non comp\u00e9titifs et\/ou d&rsquo;exploitation.<\/li>\n<li>dote le Bureau de la concurrence de pouvoirs d&rsquo;enqu\u00eate et d&rsquo;ex\u00e9cution solides et efficaces, y compris la possibilit\u00e9 d&rsquo;exiger des informations de la part des entreprises.<\/li>\n<li>Oblige le Bureau de la concurrence \u00e0 \u00e9valuer et \u00e0 publier les r\u00e9sultats de ses d\u00e9cisions ant\u00e9rieures.<\/li>\n<li>Ajoute l&rsquo;obligation et la capacit\u00e9 d&rsquo;entreprendre et de publier des recherches sur l&rsquo;impact de la concentration des entreprises et de la concurrence.<\/li>\n<li>Restructurer le Tribunal de la concurrence afin qu&rsquo;il puisse statuer correctement sur un plus grand nombre d&rsquo;affaires r\u00e9sultant de la mise en \u0153uvre de ces recommandations.<\/li>\n<li>Inclut une structure de frais qui exige que les soci\u00e9t\u00e9s qui demandent l&rsquo;autorisation de fusionner paient leur juste part des co\u00fbts.<\/li>\n<li>Il assure la transparence et l&rsquo;obligation de rendre compte aux Canadiens des travaux du Bureau de la concurrence.<\/li>\n<\/ul>\n<p>En outre, la politique de concurrence du Canada doit pr\u00e9voir un financement ad\u00e9quat du Bureau de la concurrence afin qu&rsquo;il ait la capacit\u00e9 de servir correctement l&rsquo;int\u00e9r\u00eat public.<\/p>\n<h5><strong>Le r\u00f4le et la fonction de la <em>loi sur la concurrence<\/em> <\/strong><\/h5>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>La pr\u00e9sente loi a pour objet de maintenir et d&rsquo;encourager la concurrence au Canada afin de promouvoir l&rsquo;efficacit\u00e9 et l&rsquo;adaptabilit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9conomie canadienne, d&rsquo;\u00e9largir les possibilit\u00e9s de participation du Canada aux march\u00e9s mondiaux tout en reconnaissant le r\u00f4le de la concurrence \u00e9trang\u00e8re au Canada, de veiller \u00e0 ce que les petites et moyennes entreprises aient des possibilit\u00e9s \u00e9quitables de participer \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie canadienne et d&rsquo;offrir aux consommateurs des prix comp\u00e9titifs et un choix de produits. (<\/em><a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/laws.justice.gc.ca\/eng\/acts\/C-34\/page-1.html#h-87829\"><br \/>\n  <em>https:\/\/laws.justice.gc.ca\/eng\/acts\/C-34\/page-1.html#h-87829<\/em><br \/>\n<\/a><em> )<\/em><\/p>\n<p>Une concurrence loyale apporte un large \u00e9ventail d&rsquo;avantages \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9. Si l&rsquo;efficacit\u00e9 est une valeur, elle ne peut \u00eatre la seule ou la principale mesure de la politique de concurrence. Bien que le terme \u00ab\u00a0efficacit\u00e9\u00a0\u00bb ne soit pas d\u00e9fini dans la loi, il semble \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 comme signifiant la r\u00e9duction des co\u00fbts de production et\/ou la possibilit\u00e9 de fournir des produits de consommation \u00e0 des prix inf\u00e9rieurs. Cependant, une vision \u00e9troite de l&rsquo;efficacit\u00e9 peut diminuer l&rsquo;efficacit\u00e9 d&rsquo;autres fa\u00e7ons si elle transf\u00e8re les co\u00fbts \u00e0 d&rsquo;autres, si elle fait tourner les travailleurs et les usines au ralenti, si elle exclut les petites entreprises, si elle accro\u00eet les in\u00e9galit\u00e9s socio-\u00e9conomiques et si elle cr\u00e9e une \u00e9conomie de plus en plus fragile qui n&rsquo;a pas la redondance n\u00e9cessaire pour se remettre d&rsquo;un choc.<\/p>\n<p>La clause d&rsquo;objet de <em>la loi sur la concurrence<\/em> devrait \u00eatre ax\u00e9e sur les valeurs d&rsquo;int\u00e9r\u00eat public qui favorisent une concurrence loyale afin de soutenir les objectifs soci\u00e9taux d&rsquo;\u00e9quit\u00e9 \u00e9conomique, d&rsquo;opportunit\u00e9s, d&rsquo;inclusion et de prosp\u00e9rit\u00e9. L&rsquo;objectif devrait \u00eatre de soutenir des prix \u00e9quitables et un choix de produits pour les petites et moyennes entreprises tout au long de la cha\u00eene de valeur, et pas seulement pour les consommateurs. En tant que fermi\u00e8res, nous sommes tout \u00e0 fait conscientes que nos choix sont limit\u00e9s et que nos co\u00fbts augmentent en raison d&rsquo;un pouvoir de march\u00e9 d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9. En tant qu&rsquo;acheteurs d&rsquo;intrants, les fournisseurs des fermi\u00e8res sont domin\u00e9s par quelques grandes entreprises ; en tant que vendeurs, nous sommes \u00e9galement contraints de traiter avec une poign\u00e9e de grandes soci\u00e9t\u00e9s, souvent mondiales, sauf lorsqu&rsquo;il est possible d&rsquo;approvisionner des petites et moyennes entreprises locales ou de vendre directement au consommateur &#8211; et m\u00eame dans ce cas, les prix sont fortement influenc\u00e9s par les conditions du march\u00e9 fa\u00e7onn\u00e9es par les grands acteurs.<\/p>\n<p>L&rsquo;objectif de la <em>loi sur la concurrence<\/em>doit reconna\u00eetre la multifonctionnalit\u00e9 des activit\u00e9s \u00e9conomiques : il est possible que le cadre de production et de consommation de la soci\u00e9t\u00e9 soit plus ou moins align\u00e9 sur les valeurs sociales et environnementales qui contribuent \u00e0 la stabilit\u00e9 politique et \u00e0 la justice interg\u00e9n\u00e9rationnelle. La diversit\u00e9 des types et des tailles d&rsquo;entreprises contribuera \u00e0 la r\u00e9silience, voire \u00e0 la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration, face aux crises multiples et \u00e9mergentes auxquelles nous pouvons nous attendre \u00e0 mesure que les effets du changement climatique s&rsquo;intensifient.<\/p>\n<p>Une <em>loi sur la concurrence<\/em> bien con\u00e7ue aidera le Canada \u00e0 \u00e9viter les in\u00e9galit\u00e9s insoutenables qui menacent la stabilit\u00e9 sociale et le bien-\u00eatre de tous, qu&rsquo;ils soient riches ou pauvres. Les recherches men\u00e9es par l&rsquo;<em>Equality Trust<\/em> montrent que les soci\u00e9t\u00e9s moins \u00e9galitaires ont des \u00e9conomies moins stables et que les niveaux \u00e9lev\u00e9s d&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 des revenus sont li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;instabilit\u00e9 \u00e9conomique, aux crises financi\u00e8res, \u00e0 l&rsquo;endettement et \u00e0 l&rsquo;inflation.<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/equalitytrust.org.uk\/about-inequality\/impacts\">(https:\/\/equalitytrust.org.uk\/about-inequality\/impacts<\/a> ). Une politique de concurrence qui s&rsquo;efforce d&#8217;emp\u00eacher une concentration excessive dans l&rsquo;\u00e9conomie favorisera la stabilit\u00e9, l&rsquo;\u00e9quit\u00e9 et la coh\u00e9sion sociale.<\/p>\n<h4><strong>G\u00e9rer la tension entre concurrence et comp\u00e9titivit\u00e9<\/strong><\/h4>\n<p>L&rsquo;un des principaux d\u00e9fis de la politique de la concurrence est de reconna\u00eetre la diff\u00e9rence entre <em>concurrence<\/em> et <em>comp\u00e9titivit\u00e9<\/em> et de g\u00e9rer leur dynamique dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat public.<\/p>\n<p>Le mot \u00ab\u00a0comp\u00e9titif\u00a0\u00bb est souvent utilis\u00e9 de mani\u00e8re contradictoire : il peut \u00eatre utilis\u00e9 pour d\u00e9crire une grange de vente aux ench\u00e8res avec 50 ench\u00e9risseurs agressifs, mais aussi pour d\u00e9crire une grande entreprise, telle que Microsoft, qui d\u00e9tient un quasi-monopole sur les ventes de son produit. Il est essentiel de reconna\u00eetre que la \u00ab\u00a0comp\u00e9titivit\u00e9\u00a0\u00bb d&rsquo;un march\u00e9 et la \u00ab\u00a0comp\u00e9titivit\u00e9\u00a0\u00bb d&rsquo;une entreprise individuelle sont des ph\u00e9nom\u00e8nes diff\u00e9rents et qu&rsquo;avec le temps, le succ\u00e8s de quelques concurrents peut \u00e9liminer toute concurrence effective sur leur march\u00e9.<\/p>\n<p>Par le biais de la concurrence, les entreprises cherchent \u00e0 accro\u00eetre leur propre part de march\u00e9, que ce soit en produisant et en vendant davantage ou en augmentant leur capacit\u00e9 par le biais de fusions et d&rsquo;acquisitions. Au fur et \u00e0 mesure que les entreprises se disputent les parts de march\u00e9, elles deviennent plus grandes et encore plus comp\u00e9titives, tandis que de nombreuses petites entreprises font faillite ou sont absorb\u00e9es par des entreprises plus grandes. Cette dynamique aboutit finalement \u00e0 la domination d&rsquo;un petit nombre d&rsquo;entreprises, ce qui entra\u00eene une perte de concurrence r\u00e9elle sur le march\u00e9 en raison de la concentration. Les entreprises dominantes peuvent recourir \u00e0 des pratiques anticoncurrentielles (monopolistiques) pour consolider leur position et accro\u00eetre leur rentabilit\u00e9. Les gains d&rsquo;efficacit\u00e9 dus aux \u00e9conomies d&rsquo;\u00e9chelle ne se produisent pas n\u00e9cessairement et, s&rsquo;ils existent, il est plus probable qu&rsquo;ils soient utilis\u00e9s pour faire avancer les objectifs d&rsquo;expansion et\/ou d&rsquo;augmentation des b\u00e9n\u00e9fices des entreprises que pour r\u00e9percuter les r\u00e9ductions de co\u00fbts sur les autres acteurs de la cha\u00eene de valeur ou sur les consommateurs.<\/p>\n<p>Le ratio CR-4 &#8211; ratio de concentration \u00e0 quatre entreprises &#8211; correspond \u00e0 la part de march\u00e9 des quatre plus grandes entreprises d&rsquo;un march\u00e9. Si le CR-4 est inf\u00e9rieur \u00e0 40 %, un secteur de march\u00e9 est consid\u00e9r\u00e9 comme concurrentiel ; si le CR-4 est sup\u00e9rieur, on peut s&rsquo;attendre \u00e0 un comportement anticoncurrentiel. Les gains d&rsquo;efficacit\u00e9 r\u00e9sultant des \u00e9conomies d&rsquo;\u00e9chelle ne sont pas partag\u00e9s avec les clients, mais captur\u00e9s sous forme de b\u00e9n\u00e9fices et utilis\u00e9s pour acc\u00e9l\u00e9rer encore la consolidation.<\/p>\n<p>La <em>loi<\/em> canadienne <em>sur la concurrence<\/em> n&rsquo;a pas emp\u00each\u00e9 le CR-4 de d\u00e9passer largement les 40 % dans les secteurs cl\u00e9s de l&rsquo;agriculture et de l&rsquo;alimentation. Dans le secteur des engrais ammoniacaux, le CR-4 est de 95 % &#8211; et dans le secteur des engrais ur\u00e9iques, il est de 100 % : l&rsquo;ensemble du march\u00e9 est d\u00e9tenu par Nutrien, CF Industries, Koch Fertilizer et Yara. (Nutrien Ltd., <em>Nutrien Fact Book 2022, <\/em>pp 17, 18.). Dans le secteur de la distribution, Loblaw, Sobeys, Metro, Walmart et Costco repr\u00e9sentent 80 % du march\u00e9. Dans le secteur de la transformation de la viande bovine, deux soci\u00e9t\u00e9s seulement, Cargill et JBS, d\u00e9tiennent 99 % de la capacit\u00e9 d&rsquo;abattage de la viande bovine inspect\u00e9e par le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral sur le march\u00e9 canadien, tandis que le ratio CR-4 du Canada pour la transformation de la viande porcine est de 71 % et est domin\u00e9 par deux soci\u00e9t\u00e9s, Maple Leaf (environ 40 %) et Olymel (environ 10 %) \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle nationale.<\/p>\n<h4><strong>La loi sur la concurrence devrait \u00e9largir le r\u00f4le du Bureau de la concurrence en tant qu&rsquo;organisme d&rsquo;ex\u00e9cution.<\/strong><\/h4>\n<p>La loi sur la concurrence a besoin de meilleurs outils pour emp\u00eacher les fusions pr\u00e9judiciables et devrait interdire les fusions qui aboutissent \u00e0 ce qu&rsquo;une entreprise d\u00e9tienne plus de 20 % de parts de march\u00e9 dans n&rsquo;importe quel secteur.<\/p>\n<h5><strong>Emballage de viande bovine<\/strong><\/h5>\n<p>En 2005, alors que Lakeside (Tyson) et Cargill contr\u00f4laient ensemble 90 % du march\u00e9 albertain de l&#8217;emballage de viande bovine, l&rsquo;UNF a demand\u00e9 au Bureau de la concurrence d&#8217;emp\u00eacher Cargill (alors deuxi\u00e8me emballeur de viande bovine au Canada) de racheter Better Beef Ltd, de l&rsquo;Ontario, quatri\u00e8me emballeur de viande bovine au Canada<a href=\"https:\/\/www.nfu.ca\/policy\/submission-to-the-federal-competition-bureau-regarding-the-proposed-takeover-of-better-beef-ltd-by-cargill\/\">(https:\/\/www.nfu.ca\/policy\/submission-to-the-federal-competition-bureau-regarding-the-proposed-takeover-of-better-beef-ltd-by-cargill\/ )<\/a>. L&rsquo;UNF s&rsquo;est oppos\u00e9e \u00e0 cette acquisition en raison du pr\u00e9judice \u00e9vident qu&rsquo;elle causerait aux fermi\u00e8res en \u00e9liminant Better Beef, qui soutenait la concurrence en offrant une autre option aux fermi\u00e8res qui vendent du b\u00e9tail. L&rsquo;UNF a document\u00e9 le pr\u00e9judice caus\u00e9 par les deux grands conditionneurs qui utilisent l&rsquo;offre captive (le b\u00e9tail qu&rsquo;ils poss\u00e8dent ou qu&rsquo;ils peuvent acheter dans les parcs d&rsquo;engraissement qu&rsquo;ils poss\u00e8dent) pour faire baisser les prix aux fermi\u00e8res. L&rsquo;UNF a \u00e9galement d\u00e9montr\u00e9 que Cargill, la plus grande entreprise, pouvait user de son influence sur les banques pour emp\u00eacher les petites usines d&rsquo;abattage ind\u00e9pendantes, appartenant \u00e0 des fermiers, d&rsquo;obtenir des financements. Le Bureau de la concurrence a tout de m\u00eame approuv\u00e9 cette acquisition, affirmant que la concurrence dans le secteur de la viande bovine \u00e9tait mondiale et que le prix de la viande bovine pay\u00e9 par les consommateurs ne serait pas affect\u00e9 par la concentration dans les secteurs de l&rsquo;abattage et de la transformation en Ontario. Le pr\u00e9judice subi par les fermi\u00e8res n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 jug\u00e9 pertinent. Les fermiers, et par extension leurs communaut\u00e9s, ont \u00e9t\u00e9 l\u00e9s\u00e9s par la perte de choix et la baisse des prix de la viande bovine qui en a r\u00e9sult\u00e9. Le CR-4 dans la transformation de la viande bovine au Canada approche d\u00e9sormais les 100 %. Parall\u00e8lement, l&rsquo;acc\u00e8s aux abattoirs locaux et r\u00e9gionaux est en crise. Il s&rsquo;agit de petites et moyennes entreprises qui constituent la seule alternative \u00e0 Cargill et JBS, mais qui se heurtent \u00e0 de nombreux obstacles, ce qui les emp\u00eache de servir les fermiers et les consommateurs qui souhaitent faire appel \u00e0 leurs services. Les prix de la viande bovine pay\u00e9s par les consommateurs ayant augment\u00e9 plus rapidement que le taux d&rsquo;inflation, les consommateurs, ainsi que les fermi\u00e8res, les entreprises locales et les communaut\u00e9s continuent de subir un pr\u00e9judice du fait de l&rsquo;approbation par le Bureau de la concurrence de l&rsquo;acquisition de Better Beef par Cargill il y a pr\u00e8s de vingt ans.<\/p>\n<p>L&rsquo;UNF soutient la modification de la <em>loi sur la concurrence<\/em> afin de donner au Bureau de la concurrence le pouvoir de restreindre le pouvoir des conditionneurs de viande en inversant la concentration et en d\u00e9couplant les conditionneurs int\u00e9gr\u00e9s verticalement, en inversant le pr\u00e9judice caus\u00e9 par une concentration excessive en cr\u00e9ant les conditions pour que les abattoirs locaux qui desservent les march\u00e9s puissent r\u00e9ussir dans chaque r\u00e9gion, et en permettant aux agences collectives de commercialisation du b\u00e9tail de garantir un march\u00e9 efficace, \u00e9quitable et transparent pour les acheteurs comme pour les vendeurs.<\/p>\n<p><strong data-wp-editing=\"1\"> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-17232 alignnone\" src=\"https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/Beef-retail-prices-graph-1995-2021-300x135.png\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/Beef-retail-prices-graph-1995-2021-300x135.png 300w, https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/Beef-retail-prices-graph-1995-2021-768x346.png 768w, https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/Beef-retail-prices-graph-1995-2021.png 939w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/strong><\/p>\n<h5><strong>Semences et produits agrochimiques<\/strong><\/h5>\n<p>En mars 2018, l&rsquo;UNF a donn\u00e9 son avis au Bureau de la concurrence en soutenant notre opposition \u00e0 l&rsquo;acquisition de Monsanto par Bayer.<a href=\"https:\/\/www.nfu.ca\/farmers-lose-with-usas-canadas-approval-of-bayer-acquisition-of-monsanto-says-nfu\/\">(https:\/\/www.nfu.ca\/farmers-lose-with-usas-canadas-approval-of-bayer-acquisition-of-monsanto-says-nfu\/ )<\/a> Nous avons fourni des informations sur la concentration du march\u00e9 du canola au Canada pour illustrer comment Bayer et Monsanto ont \u00e9largi leur part de march\u00e9 et augment\u00e9 les prix des semences pour les fermi\u00e8res d&rsquo;une mani\u00e8re qui semble plus collaborative que concurrentielle. Nous avons constat\u00e9 que les entreprises ne sont pas incit\u00e9es \u00e0 utiliser l&rsquo;innovation pour am\u00e9liorer leurs produits lorsqu&rsquo;elles contr\u00f4lent d\u00e9j\u00e0 enti\u00e8rement le march\u00e9. Au contraire, ils utilisent des outils tels que les brevets sur les OGM pour obtenir des rentes plus \u00e9lev\u00e9es sous la forme de prix des semences, de frais d&rsquo;utilisation de la technologie et d&rsquo;exploitation des donn\u00e9es.<\/p>\n<p>Nous avons recommand\u00e9 que Bayer et Monsanto ne soient pas autoris\u00e9s \u00e0 fusionner, m\u00eame \u00e0 la condition que Bayer vende ses activit\u00e9s dans le domaine des semences et des produits chimiques \u00e0 BASF, car cela ne modifiait pas de mani\u00e8re significative la dynamique de ce march\u00e9 tr\u00e8s concentr\u00e9. Nous avons demand\u00e9 au Bureau de la concurrence d&rsquo;utiliser son pouvoir de d\u00e9cision pour r\u00e9duire la domination de ces quelques entreprises en exigeant que les divisions semenci\u00e8res et agrochimiques de Bayer et Monsanto soient scind\u00e9es en entit\u00e9s plus petites. Cependant, Bayer a \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9 \u00e0 acqu\u00e9rir Monsanto et, aujourd&rsquo;hui, les fermi\u00e8res n&rsquo;ont toujours pas le choix et paient des prix excessivement \u00e9lev\u00e9s pour les semences et autres intrants vendus par ces entreprises dominantes \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-17233 alignnone\" src=\"https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/Per-acre-cost-of-seed-wheat-barley-canola-1994-2022-300x215.png\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"358\" srcset=\"https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/Per-acre-cost-of-seed-wheat-barley-canola-1994-2022-300x215.png 300w, https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/Per-acre-cost-of-seed-wheat-barley-canola-1994-2022-768x550.png 768w, https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/Per-acre-cost-of-seed-wheat-barley-canola-1994-2022.png 891w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/p>\n<p>Le graphique ci-dessus montre les prix des semences \u00e0 l&rsquo;hectare en Alberta de 1994 \u00e0 2022. Les prix du canola ont commenc\u00e9 \u00e0 d\u00e9passer ceux du bl\u00e9 et de l&rsquo;orge peu apr\u00e8s l&rsquo;introduction de vari\u00e9t\u00e9s brevet\u00e9es de canola g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9 (GM). \u00c0 la suite de l&rsquo;acquisition de Monsanto par Bayer, le prix des semences de canola g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9 Roundup Ready a augment\u00e9 rapidement, et les prix de ces semences et des semences de canola g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9 Liberty Link continuent d&rsquo;augmenter plus rapidement que les co\u00fbts des autres semences. Cela indique un abus de position dominante, que l&rsquo;UNF avait pr\u00e9dit, mais que le Bureau de la concurrence n&rsquo;a pas pu emp\u00eacher, et auquel il est impossible de rem\u00e9dier apr\u00e8s coup.<\/p>\n<p>La <em>loi sur la concurrence<\/em> devrait \u00e9galement emp\u00eacher les entreprises d&rsquo;utiliser les droits de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle pour soutenir un comportement non concurrentiel. La combinaison de la domination du march\u00e9 et de l&rsquo;utilisation des droits de brevet pour emp\u00eacher les fermi\u00e8res de conserver et de planter les semences des cultures qu&rsquo;elles produisent sur leurs propres exploitations les a contraintes \u00e0 acheter des semences et \u00e0 payer des redevances \u00e0 Bayer et BASF si elles veulent cultiver du canola.<\/p>\n<h5><strong>Engrais<\/strong><\/h5>\n<p>Le Bureau de la concurrence n&rsquo;a pas non plus r\u00e9ussi \u00e0 emp\u00eacher les comportements anticoncurrentiels r\u00e9sultant de la consolidation de l&rsquo;industrie des engrais. Potash Corporation of Saskatchewan et Agrium ont fusionn\u00e9 en 2018 pour former Nutrien, qui d\u00e9tient d\u00e9sormais 44 % du march\u00e9 canadien de l&rsquo;ammoniac et 46 % du march\u00e9 de l&rsquo;ur\u00e9e. En 2022, les co\u00fbts des engrais pour les fermi\u00e8res ont augment\u00e9 de 80 % (<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.statcan.gc.ca\/o1\/en\/plus\/2413-growing-and-raising-costs-farmers\">https:\/\/www.statcan.gc.ca\/o1\/en\/plus\/2413-growing-and-raising-costs-farmers<\/a>  ) et, alors que les entreprises accusent les probl\u00e8mes de cha\u00eene d&rsquo;approvisionnement dus \u00e0 la guerre en Ukraine et \u00e0 Covid 19, ces m\u00eames entreprises r\u00e9alisent d&rsquo;\u00e9normes b\u00e9n\u00e9fices exceptionnels. Dans son rapport annuel 2021, Nutrien fait \u00e9tat de \u00ab\u00a0r\u00e9sultats financiers records\u00a0\u00bb et annonce un b\u00e9n\u00e9fice net pour le quatri\u00e8me trimestre pr\u00e8s de quatre fois sup\u00e9rieur \u00e0 celui de l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente (<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/nutrien-prod-asset.s3.us-east-2.amazonaws.com\/s3fs-public\/2022-02\/Nutrien%20Q4%202021%20Presentation%202022-02-16%20FINAL_2.pdf\">https:\/\/nutrien-prod-asset.s3.us-east-2.amazonaws.com\/s3fs-public\/2022-02\/Nutrien%20Q4%202021%20Presentation%202022-02-16%20FINAL_2.pdf<\/a>) CF Industries, deuxi\u00e8me producteur canadien, annonce un b\u00e9n\u00e9fice net pour le quatri\u00e8me trimestre pr\u00e8s de huit fois sup\u00e9rieur \u00e0 celui d&rsquo;il y a un an. (<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/cfindustries.q4ir.com\/news-market-information\/press-releases\/news-details\/2022\/CF-Industries-Holdings-Inc.-Reports-Full-Year-2021-Net-Earnings-of-917-Million-Adjusted-EBITDA-of-2.74-Billion\/default.aspx\">https:\/\/cfindustries.q4ir.com\/news-market-information\/press-releases\/news-details\/2022\/CF-Industries-Holdings-Inc.-Reports-Full-Year-2021-Net-Earnings-of-917-Million-Adjusted-EBITDA-of-2.74-Billion\/default.aspx<\/a>) Yara International, qui dispose \u00e9galement d&rsquo;une importante capacit\u00e9 de production au Canada, indique que pour ses activit\u00e9s dans les Am\u00e9riques, \u00ab\u00a0l&rsquo;EBITDA [b\u00e9n\u00e9fice avant int\u00e9r\u00eats, imp\u00f4ts, d\u00e9pr\u00e9ciation et amortissement] hors \u00e9l\u00e9ments sp\u00e9ciaux a augment\u00e9 de 160 % par rapport \u00e0 l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, l&rsquo;augmentation des prix de l&rsquo;azote ayant plus que compens\u00e9 la hausse des co\u00fbts de l&rsquo;\u00e9nergie&#8230;\u00a0\u00bb (<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/ml-eu.globenewswire.com\/Resource\/Download\/9d271a64-fb0a-46c1-8729-7ec5f3bc88f0\">https:\/\/ml-eu.globenewswire.com\/Resource\/Download\/9d271a64-fb0a-46c1-8729-7ec5f3bc88f0<\/a>  ) Dans de nombreux cas, les entreprises ont affich\u00e9 ces rendements nets plus \u00e9lev\u00e9s sur des volumes de production et de vente plus faibles. Ces faits t\u00e9moignent d&rsquo;un comportement anticoncurrentiel et d&rsquo;un abus de position dominante. Le Bureau de la concurrence n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 en mesure de rem\u00e9dier aux cons\u00e9quences n\u00e9gatives de la concentration dans le secteur des engrais qui s&rsquo;est produite sous sa surveillance.<\/p>\n<p>Nous souhaiterions que la <em>loi sur la concurrence<\/em> soit modifi\u00e9e afin d&rsquo;exiger l&rsquo;\u00e9valuation des r\u00e9sultats de d\u00e9cisions ant\u00e9rieures telles que les d\u00e9cisions de fusion dans les secteurs de l&#8217;emballage de viande bovine, des semences, des produits agrochimiques et des engrais. Lorsque des d\u00e9cisions se sont av\u00e9r\u00e9es pr\u00e9judiciables, le Bureau de la concurrence doit avoir le pouvoir d&rsquo;ordonner des mesures correctives efficaces.<\/p>\n<h4><strong>N\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une plus grande capacit\u00e9 de recherche et d&rsquo;un renforcement des autorit\u00e9s charg\u00e9es des enqu\u00eates et de l&rsquo;application de la l\u00e9gislation<\/strong><\/h4>\n<p>Le Bureau de la concurrence a besoin de pouvoirs d&rsquo;investigation et d&rsquo;application solides et efficaces, y compris la capacit\u00e9 d&rsquo;obliger les entreprises \u00e0 fournir des informations, ainsi que l&rsquo;obligation et la capacit\u00e9 d&rsquo;entreprendre et de publier des recherches sur les effets de la concentration d&rsquo;entreprises et de la concurrence.<\/p>\n<p>La consolidation des entreprises s&rsquo;effectue par des moyens \u00e9mergents qui sont plus difficiles \u00e0 d\u00e9tecter que la mesure du ratio CR-4 dans les secteurs. De plus en plus, les entreprises mettent en place des architectures complexes d&rsquo;interconnexion par le biais de licences technologiques et d&rsquo;accords de partage de donn\u00e9es. Leur capacit\u00e9 \u00e0 exercer un contr\u00f4le sur le march\u00e9 peut r\u00e9sulter de ces arrangements, plut\u00f4t que de la propri\u00e9t\u00e9 pure et simple des entreprises. Cela pourrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une forme d&rsquo;int\u00e9gration \u00ab\u00a0tridimensionnelle\u00a0\u00bb moins visible, mais plus puissante, que l&rsquo;int\u00e9gration verticale et horizontale qui nous est plus famili\u00e8re. Le pouvoir d&rsquo;exiger des informations \u00e0 des fins d&rsquo;enqu\u00eate et de recherche est n\u00e9cessaire pour comprendre leurs implications pour la concurrence. Les entreprises qui recourent \u00e0 de tels arrangements ne chercheront peut-\u00eatre jamais \u00e0 fusionner officiellement, mais leur capacit\u00e9 \u00e0 \u00e9viter la concurrence et \u00e0 s&rsquo;entendre avec d&rsquo;autres entreprises dans le m\u00eame espace \u00e9conomique sera ressentie par l&rsquo;\u00e9conomie.<\/p>\n<p>L&rsquo;examen actuel de la politique de concurrence met en \u00e9vidence l&rsquo;impact consid\u00e9rable que les petites entreprises num\u00e9riques peuvent avoir sur la concurrence, ce qui est \u00e9galement pertinent ici. L&rsquo;achat d&rsquo;une application populaire aupr\u00e8s d&rsquo;une jeune entreprise d&rsquo;agriculture num\u00e9rique n&rsquo;augmentera peut-\u00eatre pas l&#8217;empreinte de propri\u00e9t\u00e9 d&rsquo;une grande entreprise, mais pourrait consid\u00e9rablement accro\u00eetre sa capacit\u00e9 \u00e0 abuser de sa position dominante. L&rsquo;UNF se r\u00e9jouit que les impacts de l&rsquo;espace technologique num\u00e9rique soient examin\u00e9s dans le cadre de cette r\u00e9vision.<\/p>\n<p>Le Bureau de la concurrence doit disposer des outils, de l&rsquo;autorit\u00e9 et de la capacit\u00e9 n\u00e9cessaires pour enqu\u00eater sur l&rsquo;impact de ces accords.<\/p>\n<h5><strong>Perte de concurrence due \u00e0 l&rsquo;influence d&rsquo;investisseurs tiers<\/strong><\/h5>\n<p>Le Bureau de la concurrence doit \u00e9galement avoir le pouvoir de rechercher, d&rsquo;enqu\u00eater et de traiter le r\u00f4le des soci\u00e9t\u00e9s de gestion d&rsquo;actifs qui investissent dans plusieurs acteurs cl\u00e9s d&rsquo;un secteur. Le tableau ci-dessous, tir\u00e9 de <strong><br \/>\n  <em>Food Barons 2022, Crisis Profiteering, Digitalization and Shifting Power (Barons de l&rsquo;alimentation 2022, profit de crise, num\u00e9risation et \u00e9volution du pouvoir)<\/em><br \/>\n<\/strong>d&rsquo;ETC Group<a rel=\"noopener\" target=\"_blank\" href=\"https:\/\/www.etcgroup.org\/files\/files\/food-barons-2022-full_sectors-final_16_sept.pdf\">(https:\/\/www.etcgroup.org\/files\/files\/food-barons-2022-full_sectors-final_16_sept.pdf<\/a> ) indique que ces investisseurs peuvent simultan\u00e9ment influencer, voire diriger, les d\u00e9cisions strat\u00e9giques des grandes entreprises dans le domaine de l&rsquo;alimentation et de l&rsquo;agriculture. Le Bureau de la concurrence doit tenir compte de cette dynamique dans ses \u00e9valuations des comportements anticoncurrentiels et des abus de position dominante.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-17231 alignnone\" src=\"https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/Selected-holdings-of-Big-Three-asset-management-firms-300x172.png\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"286\" srcset=\"https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/Selected-holdings-of-Big-Three-asset-management-firms-300x172.png 300w, https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/Selected-holdings-of-Big-Three-asset-management-firms-1024x586.png 1024w, https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/Selected-holdings-of-Big-Three-asset-management-firms-768x439.png 768w, https:\/\/www.nfu.ca\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/Selected-holdings-of-Big-Three-asset-management-firms.png 1301w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/p>\n<h5><strong>Relever les d\u00e9fis des march\u00e9s des donn\u00e9es et du num\u00e9rique  <\/strong><\/h5>\n<p>Le Bureau de la concurrence doit \u00eatre \u00e9quip\u00e9 pour faire face aux impacts du big data sur la concurrence. Le big data est une pr\u00e9occupation \u00e9mergente pour les fermi\u00e8res. Avec le d\u00e9veloppement de nouvelles technologies, telles que les \u00e9quipements agricoles de pr\u00e9cision et les applications marketing sur smartphone, les fermi\u00e8res fournissent d&rsquo;\u00e9normes quantit\u00e9s de donn\u00e9es sans savoir qui y a acc\u00e8s ni comment elles sont utilis\u00e9es. La capacit\u00e9 d&rsquo;une fermiere individuelle \u00e0 refuser l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 ses donn\u00e9es n&rsquo;a que peu d&rsquo;impact sur le pouvoir de march\u00e9 que les grandes entreprises peuvent tirer de ces outils. Les entreprises qui ont acc\u00e8s aux donn\u00e9es agr\u00e9g\u00e9es peuvent utiliser ces informations de mani\u00e8re \u00e0 accro\u00eetre le d\u00e9s\u00e9quilibre de pouvoir entre elles et la fermiere individuelle. Il existe peu ou pas d&rsquo;informations sur l&rsquo;impact ou les implications du data mining sur la concurrence. Le Bureau de la concurrence doit \u00eatre habilit\u00e9 \u00e0 exiger des informations qui lui permettront d&rsquo;enqu\u00eater sur la mani\u00e8re dont ces applications de donn\u00e9es sont utilis\u00e9es. La loi doit \u00e9galement pr\u00e9voir le pouvoir d&rsquo;ordonner des mesures qui fixent des limites claires \u00e0 la collecte et \u00e0 l&rsquo;utilisation des donn\u00e9es, ainsi que les outils n\u00e9cessaires \u00e0 l&rsquo;application de ces mesures.<\/p>\n<h4><strong>Le Tribunal de la concurrence<\/strong><\/h4>\n<p>La politique de concurrence du Canada doit restructurer le Tribunal de la concurrence afin qu&rsquo;il puisse juger correctement un plus grand nombre d&rsquo;affaires r\u00e9sultant de la mise en \u0153uvre de ces recommandations. Le tribunal est un organe quasi-judiciaire sp\u00e9cialis\u00e9 dans les affaires de concurrence. Cet organisme doit \u00eatre \u00e9quip\u00e9 pour fonctionner dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat public, afin de garantir que l&rsquo;\u00e9ventail des perspectives prises en compte dans les d\u00e9cisions refl\u00e8te les int\u00e9r\u00eats des personnes affect\u00e9es par les dommages potentiels.<\/p>\n<h4><strong>Droits et financement<\/strong><\/h4>\n<p>En tant qu&rsquo;organisme d&rsquo;int\u00e9r\u00eat public au service des Canadiens, le Bureau de la concurrence doit disposer des ressources n\u00e9cessaires pour faire son travail correctement. Les fonds publics doivent \u00eatre suffisants pour permettre au Bureau de la concurrence d&rsquo;entreprendre des recherches et des enqu\u00eates, en particulier dans le cadre de l&rsquo;analyse prospective des questions \u00e9mergentes et de l&rsquo;\u00e9laboration de strat\u00e9gies visant \u00e0 pr\u00e9venir et \u00e0 r\u00e9parer les pr\u00e9judices caus\u00e9s par une concentration excessive.<\/p>\n<p>Les entreprises impliqu\u00e9es dans les fusions \u00e0 grande \u00e9chelle les plus pr\u00e9occupantes sont tr\u00e8s riches et sont fortement incit\u00e9es \u00e0 d\u00e9penser de l&rsquo;argent pour promouvoir leurs int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s. Le contribuable canadien ne devrait pas avoir \u00e0 supporter une charge d\u00e9mesur\u00e9e pour payer les co\u00fbts d&rsquo;examen et de traitement des implications des d\u00e9cisions de fusions et d&rsquo;acquisitions prises par et pour des entreprises priv\u00e9es. Les redevances pay\u00e9es par les entreprises qui demandent une autorisation doivent refl\u00e9ter leur juste part des co\u00fbts.<\/p>\n<h4><strong>Transparence et responsabilit\u00e9<\/strong><\/h4>\n<p>Peu de Canadiens connaissent le travail du Bureau de la concurrence, m\u00eame si ses d\u00e9cisions ont un effet profond sur leur vie individuelle et collective. La <em>loi sur la concurrence<\/em> devrait \u00eatre modifi\u00e9e pour exiger un rapport annuel au Parlement sur ses travaux, pr\u00e9sent\u00e9 avec suffisamment de d\u00e9tails et de clart\u00e9 pour garantir qu&rsquo;il rende des comptes aux Canadiens. Un registre public des d\u00e9cisions, facilement consultable, ainsi qu&rsquo;un m\u00e9canisme permettant aux Canadiens de fournir des informations et de faire part de leurs pr\u00e9occupations afin d&rsquo;aider le Bureau de la concurrence dans son travail, devraient \u00eatre mis en place.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">Tout ceci est respectueusement soumis par<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\"><em>L&rsquo;Union Nationale des Fermiers<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px;\">31 mars 2023<\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La loi sur la concurrence peut \u00eatre un outil puissant pour \u00e9quilibrer l&rsquo;\u00e9conomie canadienne en temp\u00e9rant les boucles de r\u00e9troaction positives qui conduisent \u00e0 ce que des entreprises toujours plus grandes et plus puissantes concentrent les richesses et fa\u00e7onnent des pans toujours plus importants de l&rsquo;\u00e9conomie gr\u00e2ce \u00e0 leur capacit\u00e9 \u00e0 fixer les conditions du commerce en raison de leur position dominante sur le march\u00e9. La loi sur la concurrence doit \u00eatre con\u00e7ue comme un outil de d\u00e9mocratie, afin de garantir que les Canadiens disposent d&rsquo;une diversit\u00e9 de moyens significatifs et accessibles pour participer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 en tant que producteurs, travailleurs et propri\u00e9taires de petites entreprises.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_tec_requires_first_save":true,"_EventAllDay":false,"_EventTimezone":"","_EventStartDate":"","_EventEndDate":"","_EventStartDateUTC":"","_EventEndDateUTC":"","_EventShowMap":false,"_EventShowMapLink":false,"_EventURL":"","_EventCost":"","_EventCostDescription":"","_EventCurrencySymbol":"","_EventCurrencyCode":"","_EventCurrencyPosition":"","_EventDateTimeSeparator":"","_EventTimeRangeSeparator":"","_EventOrganizerID":[],"_EventVenueID":[],"_OrganizerEmail":"","_OrganizerPhone":"","_OrganizerWebsite":"","_VenueAddress":"","_VenueCity":"","_VenueCountry":"","_VenueProvince":"","_VenueState":"","_VenueZip":"","_VenuePhone":"","_VenueURL":"","_VenueStateProvince":"","_VenueLat":"","_VenueLng":"","_VenueShowMap":false,"_VenueShowMapLink":false,"_tribe_blocks_recurrence_rules":"","_tribe_blocks_recurrence_description":"","_tribe_blocks_recurrence_exclusions":"","_ecp_custom_4":"","_ecp_custom_7":"","_ecp_custom_9":"","_ecp_custom_10":"","_ecp_custom_12":"","_ecp_custom_13":""},"tags":[373,394,376,379],"policy_types":[308],"post_region":[],"post_campaign":[342],"archive-year":[499],"class_list":["post-27660","policy","type-policy","status-publish","hentry","tag-agroalimentaire","tag-consultation-publique","tag-les-enterprises","tag-revenu-agricole","policy_types-bref-unf","post_campaign-betail","archive-year-2023-fr"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/policy\/27660","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/policy"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/policy"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=27660"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=27660"},{"taxonomy":"policy_types","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/policy_types?post=27660"},{"taxonomy":"post_region","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_region?post=27660"},{"taxonomy":"post_campaign","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/post_campaign?post=27660"},{"taxonomy":"archive-year","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.nfu.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/archive-year?post=27660"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}