Opinion : Soutien pour les nouveaux agriculteurs inclut l’accès au service de garderie

(le 8 novembre, 2016) - Depuis que l’agriculture existe il y a au moins 10 000 ans, les femmes y ont joué un rôle vital. Que ce soit au niveau de la cuisine, de l’entretien des maisons ou de l’éducation des enfants, la grosse majorité des fermes familiales ne tiendrait pas le coup sans le travail des femmes. De plus en plus, par contre, ce n’est pas seulement au niveau du travail domestique que participe les femmes, mais à la tête d’entreprises agricoles. Un récent sondage sur les nouveaux fermiers au Canada démontre que la majorité des agriculteurs sont en fait des agricultrices. Peut importe le rôle que jouent les femmes sur les fermes du Nouveau-Brunswick ou d’ailleurs, par contre, l’important est qu’il y ait un choix au niveau des activités et que ces activités, qu’elles soient le labourage ou le lavage, soient valorisés. 
                                                                               
L’Union Nationale des Fermiers depuis sa création en 1969 a un poste de Présidente des femmes afin que les enjeux spécifiques aux agricultrices puissent constamment être amenés sur la place publique. C’est en 2013 que Eva Rehak, la Présidente des femmes de l’UNF au N.-B. a fait connaitre le défi qu’est l’accès aux garderies pour des fermières à faible revenu. Malgré le fait qu’un programme de subvention existe pour assurer l’accès aux services de garde pour les néo-brunswickois à faible revenu, les familles agricoles ne peuvent y accéder vu leurs statut d’entrepreneurs. À cette époque, l’UNF lutta pour un changement au règlement et obtenu une confirmation que le projet de loi serait modifié afin que les familles qui n’avaient pas d’employés pourraient participer au programme d’assistance. 
 
Quelques années plus tard alors que trois familles, dont la mienne, ont tenté de s’inscrire au programme d’assistance assumant que nous y serions éligibles, nous découvrons que les choses n’ont pas en fait changé. Les raisons pour ceci au niveau du gouvernement sont variés, mais tous aussi vide de logique - du moins dans les explications qui nous furent donnés. Une des familles ne peut y accéder parce que son entreprise agricole est incorporée. L’autre, parce qu’elle embauche un employé avec l’appui d’un programme du gouvernement fédérale pour quelques mois de l’année (pas la même période que celle pour laquelle le service de garde serait utilisé). Finalement, la troisième est inéligible parce que « personne dans ce type de travail a jamais été bénéficiaire du programme d’assistance ». 
 
Dans tous ces cas, nous avons tenté d’aller plus loin et de mieux comprendre la logique derrière les décisions, mais même après une consultation avec le sous-ministre de l’éducation et la petite enfance en été 2016, nous n’avons eu aucune réponse qui a pu élucider la question. Lorsqu’on nous a appelés pour nous partager une « bonne nouvelle » suite à notre conversation avec le sous-ministre, c’était pour nous dire que nous serions invités à faire partie d’une consultation pour restructurer le programme cet automne. Depuis, l’automne est arrivé et nous attendons avec impatience un appel pour nous donner plus de détails par rapport à cette consultation et les changements qui pourrait en venir.  Dans le discours du trône de la semaine passée, c’était annoncé que le gouvernement accroîtra la somme fournit pour aider à payer les frais de garderie, mais sans consultations on doute que ces changements seront utiles pour les familles agricoles.
 
Si on voulait réellement soutenir les fermières et fermiers de cette province et rendre l’entrée en agriculture un peu plus facile, comment mieux que d’assurer que les enfants puissent être en bonne main dans une garderie de la communauté alors que les parents mettent sur pieds leurs entreprises? Il n’y a pas de raison (du moins pas que nous puissions identifier) qu’on ne pourrait pas faire de même avec tous les petits entrepreneurs de la province puisqu’une fois que l’entreprise est solide et que les impôts démontrent que la famille a atteint le plus haut barème du programme d’assistance, la famille pourrait assumer le cout du service de garde et en tant que province, nous pourrons nous féliciter d’avoir outillé une petite entreprise qui contribuera à notre développement économique. Vivement, un gouvernement qui voudra se joindre à nous pour cette conversation et démontrer par des actions qu’on veut soutenir les productrices de nourriture de notre province!
 
Rébeka Frazer-Chiasson
Co-propriétaire, Ferme Terre Partagée,
Membre du Conseil administratif, I’Union nationale des fermiers au N.-B.
(506) 626-0057